QUATRIÈME PARTIE
 demi-lîeue de Martin-Église, en remontant la vallée, on trouve un autre village plus vaste , plus ouvert , et dont Téglise s*élève avec grâce au milieu d*une pelouse de gazon bordée de beaux et antiques pommiers. Cette pelouse, c*est le cimetière. Dans beaucoup de villages de Normandie les églises , st4on l'antique usage , sont entourées du champ de repos ; il faut fouler la cendre des morts pour passer des maisons des hommes à celle du Seigneur. Le spectacle de ces tombes, dont quelques-unes sont tou- • jours fraîchement remuées, prédispose à la prière, et au sortir du temple entretient les esprits dans un pieux re-^ cueillement
Ce cimetière d*Ancourt est entouré , comme presque tous ceux de Normandie , d*un mur d*appui très-bas couronné d'un chaperon de grès taillé à trois pans. L'église , construite presque entièrement de pierre de grès, a été bâtie au seizième siècle : il y a seulement quelques parties postérieures. £n général le grès ne se rencontre , aux environs de Dieppe, que dans les constructions qui ne remontent pas au delà de 1500. On employait, dans les siècles précédents, la pierre de Caen , quelquefois la craie, plus souvent un calcaire d'eau douce, espèce de tuf d'une teinte blonde et d'un grain très-poreux, mais néanmoins assez dur. Les cons'.ructions des douzième et onzième siècles sont particulièrement composées de cette dernière espèce de matériaux : les Romains en avaient fait grand usage dans toute la contrée. 11 en existe des bancs considérables dans la vallée de Longueville et probablement dans toutes les vallées, voisines. L'emploi de cette pierre paraît avoir cessé vers le treizième siècle ; elle ne se prétait pas aux tailles si Anes et si découpées de l'architecture à ogive.
Pour en revenir à l'église d'Ancourt , elle n'offre ex té-
d*aiitant plus déplorable que les traces de l'ancienne coloration seraient alors complètement détruites.
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ricureraent que des lignes assez lourdes et uti style à ogive ttiÈsqUiD et abâtardi. Le goût de la renaissance proprement dit lie pénétra en Normandie que dans les villes et dans lèà châteaux : les églises de viliîîge ont exlériourement un côfâClère slrnple et robuste; ce n'est qu'à Tinlérieur qu'on recohuûît, par quelques échantillons de sculpture , que le seizième siècle a dû les voir construire. Telle est celte église d*An<50U« 'J elle est soutenue intérieurement par deux rangs de piliers ronds, ce qui est propre à celte époque : te pilier prismatique, à arêtes anguleuses, ti'est plus guère cdàptoyé à partir de 1500. Les chapiteaux des piliers d'Àncourt sont sculptés, mais un peu lourdement : ce sont déà fleurs, des feuillages et des coquilles *. Ce qu'il y a de mlëtit traité et dé plus finement fouillé dans l'église, c*est un cordon qui règne tout le long de la nef, comme une espèce de frise , à peu près vers la naissance de la voûte.
Jfe fte m'afr6tet*ais pas ^i long-temps dans ce petit monument si l'on n'y voyait, ce qui est bien rare dans les etiVirôbs de Dieppe, des vitraux peints d'une btlle conser* vatiof}. Je n'en ai trouvé un second exemple qu'à Offranville , et encore s'en faut-il beaucoup que les verrières qu'on y remarque Soient aussi importantes que celles d'Ancourt. Je ne s&is par quel miracle ces vitraux se sont conservés. Il faut que les bandes protestantes n'aient pas pénétré dans cette vallée solitaire , ou que quelques prêtres intelligents aient dérobé à leurs yeux ces images , qu'ils n*eussent pas manqué de briser en mille morceaux.
On compte sept verrières dans l'église d'Ancourt : il y en a trois dans la contre-allée collatérale du côté sud; une Au fond de cette contre^allée , et enfin trois autres encadrées dans les trois grondes ogives qui éclairent l'abside. Les trois premières n'offrent pas beaucoup d'intérêt : c'est
' C'est dans cette église d*Ancourt, contre un des piliers sud de la nef, qu'on trouve ce bénitier analogue par son style à celui de l'église de Salat'>ili!tny qv» tes atiti<|aafres ont honoré de tant de conjectures et de dissertations.