‹ Histoire de DieppeChapitre 79 sur 99 · QUATRIÈME PARTIS · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIS

Pour l'antiquaire qui connaît le donjon et les remparts de Goacy-Ie-Chât^au, les tours de Gisorset desAndeiys, le château d'Ârques a*6<Tre pas un extrême intérêt. Ces maçonaçries dépouillées de leur revêtement n'ont plus aucune forme précise; ce sont des masses de cailloux et déciment sans caractère, sans profil Or, les profils seuls donnent à ^ un monument son style , son individualité , sa date. Il est donc difficiiededistinguercequi appartient à tel ou tel âge: ' les constructions primitives des onzième et douzième siècles, les constructions ajoutées aux quinzième et seizième, 1 tout cela se confond , car tout cela n'est plus que squef lettes ; les vêtements sont tombés en poussière. Il faut étudier de très-près les divers systèmes de construction de ces masses informes pour découvrir leur ancienneté re- I lative. AinsA^ertaines par||es sont revêtues ou méille mêlées ' de briques, tandis qu'il en est d'autres, notamment tout t* le côté du sud , où l'on ne trouve que de la pierre et du ^ caillou. Dans quelques endroits , vous remarquez l'ancien travail d^ maçonnerie connu sobs le non) d'arête de poisson; ailleurs, au contraire, le caillou est confondu pèle mêle avec le ciment sans symétrie et sans dessin. I Enfin , il y a des portés et des voûtes h plein cintre , il y

en a d'autres à ogives ; et par exemple , dans Fintérieur d'une des- deux grosses tours d'entrée, servant jadis de chapelle, les voûtes d'arêtes et les retombées existent en- I core ; ce sont des ogives du quinzième siècle environ. ' [ Mais si l'antiquaire ne trouve dans ces décombres qu'une

CDÎne épuisée et presque stérile S en revanche que de ta-

. venu la propriété de M. Reizet , fil» de l'ancien recevepr-géoéral,

. homme de goftt el plein de respect pour ces belles ruines. Il eu laisse le libre accès aux visiteurs et les conserve avec un soin religieux.

* II y a cent ans, ce beau château était encore en assez bon état . de conservation pour qu'on pût l'étudier avec un grand intérêt. Quelque informes que soient ses ruines aujourd'hui, on peut néanmoins les restaurer à l'aide d'un Mémoire fort curieux Kur la ville

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bkau^ pour le peintre S il u*^s( pas une de de ces tours en ruine qui ne nourrisse dans ses crev<|$ses des toulfes d*arbris^aux«verdoyants, pas un de ces paus de muraille qui ne soit tapissé de lierres : ici de noirs sureaux avec leurs fleurs d*argent , \k de jeunes frênes à la tige élancée dont les feuilles s*agitent conpiine des bouquets déplumes, et brillent au soleil comme des paillettes d'or; çt quand, du milieu de cetlei T^éution vigovireuse , {ibandomnée , saunage, vous vayez s'^Jever çe« wsses de briques et de pierres si chaudement cploréei^, déchira , d4caupôes en

et le cliàtean d'Arqués, écrit en 1708, et dont on double était déposa avic archWeç rpiMtaires du cb^teau de Pie^pe. C'est à M. SolliCQfTce , dopt nous «Tons dé]^ parié à propos des i'oaiUes faites à Sainte-Ma^uerite, qu'on doit la découverte de cette^ièce intéressante. Voici ie passage où ii est question du ctiâteau et de l'état où il était en t708 ;

A Son enceinte est de maçonnerie fort épaisse, flanquée de qua* torze tours, tant grosses que petites, rondes et cariées, qui sont toutes Y9(^tées à deux et trois étages , mais dont la plu|)art sont cq^blées (tar les ruines des parapets du dessus , à l'exceptiDU des quatre plus grosses , de la première et seconde*^ entrée du cùté de Dieiipe, dans lesquelles il y a à cliacuue un magasin sous terre , et un corps-de garde au-dessus , qui sont très-beaux , et dont la maçonnerie , qui est de briques , se trouve en quelques endroits aussi belle que si elle venoit d'être faite.

» L'on a pratiqué dans le passage de l'entrée de ce château , ^H côté àf Dieppe, des galeries dans les épaisseurs des murs, qui sont percées de créneaux, en sorte qu'il faut, pour y eutrer, passer eo- . tredeux teux.

» Il y a dans ce cliftteau un fort beau donion, d'une figure carrée; qui est séparé en deux par dedans d*une muraille de cinq pieds d'épaisseur, ayant dans un des côtés un, grand magasin , une cbapelle, une petite chambre , et un escalier pour monter sur la plate; forme; de l'autre côté, un aul>e magasin dç prié^ie grandeur que Iç premier, un puits qui est comblé à quarante toisos de profondeijir« de petites gaWries , avec d'^qires petites chaïubres ou priions, pratiquées dans l'épaisseui' des murs, et un endroit où étoit autrefois un moulin.

» (içs voûtes ô» ce dpojon , qui sont fort élevéïeft , sont faites ea

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festons i^i bizarres; quand poqr food d*ai^ tçj tablçim Toa^ avez ceUe gracieuse 'va^Uée , cet(e forê( jetçe ccir^mç; uq magiiiâque maoleau sur cea belles cçlUipieç , ces rairi^s , ces ruissestux, ces pi aivie^ et la, mçr à riiorJzqA ; quç vo^m êtes heureux si vous ave;( d^$ f^m d*artiste,, et $i ^Q^re pale^e. peut traduire ce qi^e voient \t^ yç^\x l

Aprèç aypir parQO.ur^ rimérieuc <lu ctat(>a\^ 4'Arqite^, escaladé les ruines de son donjon, passé de ^ p^açç (('arabes dans le* ava^it-çp^-s e^ ^^té çfca^çui^çi^^ çes gro^J^pS [ont»

og^es; elhea portçu^ v^nç pjïate:Ç(^inç, aç^e% \>c^^ , <)ii;j\ çomiçj|Dç|ç, | Routes tes ^iitcur^qu^ e.nviioonent celte iorteres^e.

u L'on trouve au ^ed de ce idonjon un escalier de cinquante* deux marches , qui descend à des souterrains pratiquiîs dans la mariie ], sous Pesèarpe du Ib^sé, qui ont six pieds de hauteur et quatre pieds de largeur, dont partie soot revètijis ^ l^ji^^Hes ; Qe^l^i qui est à [i\ diojte, au pied dç^,^ efC^Uejç» p'^ ^^ P9,V.^^ ^\1Ç, sur

la loi^gn^i^r (\e «l'^r^V.lÇ ^o^Ç^î 9^\S(^ 4^ ïa SIM.Ç.^? *>^ *59}?»\* ^*^MÇ^ par des (léconilM-es à soixante-(^iiiii,ze toises : il paro(t aller plus loin; Ton assure même, qu'il descend jusqu^à là Viviére^ qui est dans une vallée fort enfoncée, au pied dudit ch&teau. LV)n Va de ce souti'rraiu dans un autre, que Ton dit qui conduit iusiqu'4 ^iQl>pç* et dont rentrée , qui coinmeuçe au bout de ce, ^eji;%ief^, e^ auss^ b^ucLée pac ^^^ déco,i^n|pres.

» Le ^gen()ei;i| de M. te S^KY^If.^V'^* ^^ ^^^. ^»V*''Ç$ > ^,?' %^^ considérables pour la petïtessi^ du lieu ; s'ils étoient *en nàeilleur état qu'ils ne sont, fon poiirroit, dans un besoiii , loger une assez bonne gnritison dans -ce'chûteau, où l'on trou veroit' aisément de quoi mettre à couvert les munitions de guerre et de bo^ctte o.é' cessaires à sa défeose. /

» ïl y a un puits a«, Çn»M,eu ^udU château , doçt l'eau çst excellente, et une machine propre à en retirei; uq muid à là fois, si elt,e étoil rétablie.

» Les deux ponts de ce château sont de maçonnerie : celui qui est du côté de Dieppe est en assez bon état, mais celui qui est du côlé de Longueville, les piles en sont tombées. »

N. B' Up antiquaire connu par de savants travaux sur plusieurs pponuments de i^onna^die < \\' Pevilie, a fait (paraître en 1839 uu ouvrage s)>écial apquei nous de vous renvoyer le lecteur. Il est intitulé HlUoire (tu châtea;u d*A,rques, (Rntffn ^ NiwHas-Périaux.)

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qui en défendaient l'entrée, franchissons le fossé profond et escarpé qni lui sert d*encetote/c( descendons dans Tancienne ville, dont les murailles se laissent Tmr çà et là pac fragments. Il y a quelques années , une des portes existait encore et produisait l'effet le plus heureux. Je ne sais si elle menaçait ruine , mais je ]*ai trouvée démolie ; il ne reste que les deux massifs de maçonnerie qni supportaient la voûte.

Les maisons du bourg sont groupées avec tant de bonheur qu'il semble qu'un peintre ait présidé à leur arrangement ; la disposition et la pente du terrain , le méiaige des fabriques et de la verdure , la variété et l'harmonie des tons, tout esta souhait pour le pittoresque. Parmi ces maisons, il en est dont les pignons pointus , les briques variées de couleur et disposées eif compartiments rouges et noirs , les fenêtres à meneaux de pierre finement cannelés, vous révèlent au premier coup d'œil que notre siècle ne les a pas vues naître.

Les unes datent du dix-septième siècle, les autres remontent jusqu'au seizième, elles ont vu Henri lY, ellesont retenti an bruit du canon de la bataille. Je citerai surtout raubei;ge qui est en face de la halle : sa porte est décorée dans le goût de la renaissance , par deux jolies petites colonnes artTstement travaillées et supportant un fronton. Dans la maison oh voit encore quelques cheminées contemporaines de son petit portail. Non loin de cette auberge, dans la cour d'un maréchal. ferrant, on trouve une tourelle , un vieux puits et quelques autres fragments du seizième siècle. Enfin, dans d'autres parties du bourg, plusieurs habitations offrent des détails qui ne sont pas sans prl)[ ^

* A aoe petite distance d'Arqaes, en remontant la vallée, on

trouve dang le village de Yarenne une charmante maison en bois

sculpté, qui date du seizième siècle. Elle appartient à une personne

qui en connaît le mérite , et qui se propose de faire quelques tra-

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