‹ Histoire de DieppeChapitre 86 sur 99 · QUATRIEME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIEME PARTIE

fois moins ancien , mais qui n*en' est pas moins menacé d'une destruction prochaine et presque inévitable : c'est le phare d'Âilly, bâti il y a un peu plus de soixante ans, en 1775. Avant qu'on eût élevé ce fanal les navires se brisaient sans cesse pendant la nuit contre un banc de rochers qui s'avance à fleiJï' d'eau, entre Pourville et Sainte-Marguerite, jusqu'à plus d'une lieue en mer. D'énormes réverbères à éclipse % qui jettent à plus de dix lieues autant de clarté que la plus brillante étoile , ont été pAcés au sommet d'une haute et grosse tour quadrangûlafire , construite à grands frais en belles assises de pierres taillées à facettes «t décorées de petits modiilons^et de frojitons arrondis , dont le style , tant soit peu pompadour , contraste étrangement

ces squelettes étaient. accompagnés de lances, de sabres, et un d'eux, d'une hache. Ces armes, ainsi que ces plaques de ceinturons, ont beaucoup dé ressemblance avec des armes et ornements du môme genrequi ont appartenu aux Francs. On suppose que ce sont des Saxons qui ont été inhumés dans ce lieu.

» Au pied de la colline que couronnait la villOf tout au bord de la mer, dans un terrain sur lequel est placé un corps-de-garde, il existe aussi des sépultures antiques qui paraissent avoir appartenu à une population sédentaire. On y a déjà découvert plusieurs tombeaux de pierre.

» Quelques, explorations dirigées sur difTérents points du terrifoire de la petite commune de Sainte-Marguerite ont constaté qu'il ^xiste çà et là» et même assez loin di^s lieux déjà fouillés , d'autres restes de rantiqufté gallo*romaine.

( No4e communiquée pat M, Féreù.)

< On appelle pA^re^ à éclipse ceux dont les réverbères sont mis en mouvement par un mécanisme , de telle sorte qu'ils cessent d'éclairer pendant (^itains intervalles. La durée de ces intervalles d'obscurité est différente pour chaque phare sur toute l'étendue de la côte, dk manière que les navigateurs qui connaissent la marche de ces divers signaux savent avec certitude devant quet phare ils se trouvent.

Le premier essai de phare à éclipse a été fait à Dieppe à l'entrée du port. L'idée de ces appareils appartient, pour la France du moins, à M. Descroizilles , natif de Dieppe , célèbre chimiste qui a rendu de grands services à l'industrie ronennaise.

avec cette nier imposante et J*aridité sauvage de ces bruyères qui s'étendent à perte de vue. Toutefois ce contre-sens est de peu d'importance; mais ce qui est plus grave, c*«st que fes ingénieurs qui ont élevé cette tour ont eu l'imprudence de la placer à quatre-vingts toises seulement du bord de la falaise. Or, depuis soixaute ans, trente ou quarante toises se sont déjà écroulées dans la mer. Il y a donc presque certitude qu'à une époque qu'on peut à peu près fixer le phiVe , gar quelque nuit d'hiver , sera précipité dan^ les flots. On a eu beau lui donner une solidité tout égyptienne, pour ainsi dir^e, choisir les plus beaux matériaux , les entasser comme dans un bastion de citadelle ; il résisterait sans doute à dix siècles de tempêteç ; naais à quoi bon ? ses jours sont comptés comme à uu çQp^amné , et sans espoir de grâce ; car cett^ mer est sea^bL^^ X 1^ Fatalité des anciens , elle ne peut pardonner.

Redescendons maintenant à Sainte-Marguerite : noas avonsoublié un monument qui, sous son humble apparence, est peut-être un des plus anciens , un des plus précieux de toute lacoQtrée ; je yeux parler de l'église, dont le modeste clocher domine un chemin creux qui conduit à la vaHée, espèce de ravin ombragé par de beaux g^^opes d'arbres et des touffes de buissons.

Cette petite église , du côté de sa façade , s'annonce assez mal : il est impossible de voir un portail plus nu et plus li^signiGant. Mais à peine avez-vous mis le pied sous le. porche , à peine vos yeqx ont-ils pénétré dans la nef , vous vous sentez saisi de respect : à votre |pauche , quatre belles arcades à plein cintre reposent sur d'antiques piliers carrés dont chaque face est ornée d'un pilastre sur lequel se détache une colonne engagée. Le profil des arcades laisse voir cinq gros tores ou boudins se dégradant en étages, et couronnés par une auréole de bâtons crénelés ou festons grecs. Les chapiteaux^ sans être d'une sculpture remarquable, offrent quelques beaux enlacements de ga-

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