‹ Histoire de DieppeChapitre 88 sur 99 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

cettes entourées de tores vigoureux et accolées trois par trois, qui règtient le long de la nef, au-desspus de la corniche , sont d'un très-bel effet. Le toit est soutenu par un cordon de corbeaux ou modillons sculptés / séparés par des vides à angles droits dans certaines parties, à pans coupés dans quelques autres. A l'autre extrémité de Téglise on remarquera Tabside , qui se termine carrément , chose assez rare en Normandie. Une singularité plus re- ' marquable , c'est de voir parmi les longues ogives qui. éclairent cette abside une lancette tout aussi étroite que les autres, et qui se termine, non pas en pointe, mais en aifôe de panier], sans qu'on puisse apercevoir la moindre soudure » la moindre reprise dans cette partie deffa mu- ^le.

Avant de pénétrer dans l'intérieur de la nef, il faut jeter les yeux sur le clocher, qui s'élève du centre de l'église , du milieu de la croix. Si cette lourde couverture moderne ne la coiffait pas si tristement, on sentirait mieux encore l'élégance de ces deux grandes ogives soutenues par toutes ces cdionnettes en retraite et flanquées de deux lancettes si syeltes et si pointues. Ce clocher , jusqu'à la balustrade exclusivement , doit avoir été construit peu de temps après la nef et le chœur, t'eist-à-dire vers les premières années qui ont suivi 1200. Quant au côté sud de l'église, le' côté rebâti à la fin du quinzième ou au seizième siècle , il est d'une platitude qui ne mérite ni un regard ni une parole.

Il n'en est pas de même à l'inlérieur. Cette partie ma* derne est d'un effet agréable. La chapelle contignë au chœur, chapelle très-spacieuse, très-ouverte, offre d'asse;5 jolis festons; mais la partie ancienne n'en est pas moins ce qu'il y a de plus remarquable , même à l'intérieur. C'est là surtout que le style de transition est fortement prononcé : les arcades à ogives reposent sur des chapiteaux historiés, dans lesquels on voit des oiseaux enlacés au milieu d'enroulements , des figures de monstres mordant

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des tresses dans leurs gueules » et autres sujets fantastiques^ Ces chapiteaux sont supportés par de grosses colonnes ea-gagées dans les piliers» et auxquelles sont accolés des faisceaux de colonnettes. C'est encore là un des caractères ordinaires au style de transition.

£n somme » cette église est un de ces monuments qui font le bonheur de Tantiquaire , parce qu'il y trouve è adr .mirer, à critiquer et à étudier; monument instructif par excellence , car il est comme un répertoire du style de toutes les époques; et* parmi les échantillons qu*il donne» il en est qu'on peut hardiment signaler comme des modèles,.

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