‹ Histoire de diocèse de BayeuxChapitre 5 sur 112 · INTRODUCTION. X^XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. X^XIII

2. L*église ou cbapette du château, appelée aussi dans les aadenoes chartes la chapelle royale : Ecclesiam de oattro V%ri(B qum e$t capella regù. Elle était dédiée à saint Biaise, et située à Toccident , entre deux tours du ch&teau , avec lequel elle fut détruite vers Taa 4630. Le domaine royal devait au curé de Vire quarante sons de rente pour le luminaire de cette chapelle , et avait continué de les payer même après sa destruction.

3. Une autre chapelle, hâtie hon^ du château^ du temps du roi Henri P' et de l'évéque Henri U : c'est ainsi qu'elle est désignée dans leurs chiartes : Capella noitri» tempor^us extra castrum facta. Elle remonte, par conséquent, au xii* siècle; elle devint, dans le siède suivant, l'église Notre-Dame et le siège de la cure (1).

La cure de Vire , dont la dédicace eut lieu en 1273, était à la nomination de l'abbé de Troam. Cependant, ce n^était pas à l'abbaye elle-même, mais au prieuré du Désert , relevant de cette abbaye, que l'on payait la dlme. C'est que, en effet, la donation était affectée à une église sous le vocable de Notre-Dame, desservie par des religieux de l'abbaye de Troarn : S. Martino de Troamo , et tanetœ Mariœ eeclesÛB , et manackis iptis servientibm , — et ailleurs : — Monachis prœddcHi sanctœ Mariœ, ce qui convient parfaitement au prieuré de Notre^Dame-du4)ésert.

4. La chapelle de Saint-Manr, qu'il ne faut pas confondre, comme Ta fait Hermant, avec la chapelle

(1) V. les Pièces justificAtivcs.

XïîlV INTRODUCTION.

Saint-Biaise. Celle-ci était située dans le château , et Tautre, sur le flanc du rocher, dans un lieu appelé « le Château-de-Bas. » La chapelle Saint-Biaise avait été donnée aux religieux de Troam par le roi Henri P% avec l'autre chapelle bâtie au xii"* siècle dans le voisinage du château. La chapelle de Saint- Maur, fondée en 4346 ou 1348, par Nicolas Payen, seigneur de Chaulieu, avait été donnée aux religieux de Belle-Étoile, à condition qu'ils la feraient desservir par l'un d'entre eux, et que les pèlerins y recevraient l'hospitalité pendant trois jours. Elle constituait donc un prieuré simple, appelé « la Chapelle aux Payens. » On y a fait le service divin jusqu'à la révolution, et c'est à regret qu'on l'a* vu démolir, en 4820, par l'administration municipale; car elle présentait, sous de petites dimensions, une œuvre remarquable du xiv siècle.

5. La chapelle Sainte-Anne, qui a maintenant le titre de paroisse, était dans l'origine un simple prieuré dépendant de Tévèché de Coutances , et k la nomination du roi. La fondation de cette cha* pelle remonte, suivant les uns, au xiii^ siècle, et elle aurait eu saint Louis pour premier bienfaiteur. Suivant d'autres, elle fut fondée par Richard Goulon, seigneur de Clinchamps, au commencement du XIV* siècle.

Enfin , quelques écrivains pensent qu'elle a été établie par les mêmes fondateurs que l'Hôtel-Dieu, vers le milieu du xii* siècle. Il est possible , en effet, que cet établissement , destiné dans le principe aux soldais malades de la garnison du château, remonte k Henri P', roi d'Angleterre et duc de

INTRODUCTION. XXXV

Normandie « qui, en 1123, fit du château de Vire une] des places les plus fortes de la province.

La chapelle Sainte-Anne, située, ainsi que l*Hôtel- Dieu, sur la rive gauche de la rivière, fut bâtie dans le cimetière de l'établissement, pour servir de chapelle aux pauvres malades. Le prieur de THôlel-Dieu fit rebâtir la salle des malades en 4749.

La Ferrandière; le Mesnil- Salles; Lesnault; la ckapeiies Malherbière, au Tourneur. '"'""••

Les Cordeliers. — Ils s'établirent à Vire en 1491 , cummonauiés et bâtirent leur monastère sur un terrain que leur ^ ^* J'"* donna Thomas de Bordeaux, seigneur de Coulonces, du doyenné. et Jeanne Le Bègue (ou La Bëge), son épouse. L'église ne fut consacrée que sous Tépiscopat de M*' René de Prie, au commencement du xvi"" siècle.

Les Capucins. — Leur couvent liit fondé en 4623 par le sieur Halbout, conseiller au bailliage de Vire, qui prit Thabit religieux, et mourut trois ans après, en odeur de sainteté, sous le nom de frère Elzéar. Le baron de Renli, seigneur du Bény, avait aussi contribué à cette fondation.

Les Ursulines. — Elles avaient eu pour fonda* teurs, en 1634, Claude du Rozel, abbé de Saint- Sever, conseiller au parlement de Normandie, et sa sœur, Avoye du Rozel. Les premières religieuses furent tirées de la communauté de Falaise.

Les Bénédictines. — Claude Mangot, conseiller d'État, et Hélène de la Flèche, son épouse, appelèrent à Vire les Bénédictines, en 1646. L'abbaye de Sainte-Trinité de Caen fournit les premières religieuses, (|ui eurent pour prieure perpétuelle Marie

XXXVI INTRODUCTION

de la Flèche, fiUe de la fondatrice, suivant les uns; sa sœur, d'après les autres.

Ces quatre communautés ont disparu . La maison des Capucins et celte des Cordeliers ont été vendues comme propriétés nationales ; le collège a été in^ stalle dans le couvent des Bénédictines; celui des Ursulines est devenu l'hospice Saint-Louis.

Il parait certain qu'il y a eu autrefois deux HAtels- Dieu à Vire, l'un , situé sur l'emplacement actuel, l'autre, dans l'enceinte murée de la ville. La fondation de celui-ci est due à Roger Payen , seignrar de la Lande-Yaumont, comme l'atteste une charte inédile de la bibliothèque impériale. Nicolas Payen , fils du fondateur, fit à cet étaMissement des donations, confirmées par Philippe YI en 1328, dans des termes qui peuvent s'appliquer a l'Hôtel-Dieu actuellement existant : Hotpitali êeu damuiDei per predictum Rogerum fundate in no$tra villa $eu burgeêia Béate Marie de castra Virie (4). Ainsi s'expliquerait la méprise de plusieurs écrivains qui ont confondu les dates, et attribué k l'une des deux maisons ce qui convenait peut-être à l'autre. Cet hospice, fondé par Roger Payen , fut supprimé on ne sait à quelle époque, et n'eut jamais beaucoup d'importance.

prieoi^. Le véritable Hôtel-Dieu de Yire est antérieur av ^ xiii'' siècle, mais on ignore l'époque précise de sa

f I fondation. Henri P% roi d'Angleterre, fut un de ses

premiers bienfaiteurs. En 1200, il était desservi

(1) Nous devons ici nos remercîments les plus sincères à M. Tabbé DoIé et à M Le Marchand, avocat à Vire, qui nous ont communiqué ces précieux renseignements.

INTBODUCTION. XIXVII

par des religieux d'une conduite peu régulière. L'évèque de Coutances, Hugues de Morville, les en chassa , et y établit un prieur séculier.

Quoique THôtel-Dieu, bâti sur la paroisse de Tallevende, n'appartint ni au diocèse, ni même à la ville, à laquelle ce quartier n'a été réuni qu'en 4649, les habitants de Vire avaient le droit d'f envoyer leurs malades, parce qu'ils y avaient fondé des lits, avec des pensions de cent cinquante à deux cents livres de rentes. On y recevait les voyageurs et les pèlerins qui se rendaient par troupes à Rome, à SaintnJacques en Galice, et surtout au Mont-Saintr Michel. Le prieur était obligé de leur fournir des vêtements. Exempt de la juridiction de Tévèque, ne dépendant que du roi et du grand aumônier, il avait seul juridiction sur la chapelle Sainte-Anne, tant pour le temporel que pour le spirituel. Il la faisait desservir par un vicaire, et nommait les chapelains des confréries dont elle était le siège.

Guillaume Viel, né à Vire, prêtre, bachelier en théologie et prieur de l'Hôtel-Dieu , y établit des religieuses hospitalières. La fondatrice fut Anne Davy, veuve du sieur de la Bigne, écuyer, sieur de Montfroux. Deux religieuses tirées de la communauté des dames hospitalières de Coutances accompagnaient Anne Davy; c'étaient ses propres sœurs. Jeanne Davy, professe, qui fut la première supérieure de la communauté de Vire, et Bonne Davy, encore novice; elles furent installées dans leur maison après cinq ans de difficultés et de luttes, le U juin 1664.

L'hôpital-général fut fondé en 4683 par le Père Hôpitai-géném.

XXXVin INTBODUCTION.

Honoré Ghaurand (1), auquel on doil plus de cent vingt établissements du même genre. Celui de Vire fut d*abord administré par des séculières, auxqnel- * les on substitua, vers 4740, une congrégation de religieuses, qui dirigeait l'bospice de Caen. Elle a continué d'envoyer des sujets à Vire jusqu'à la révolution. Aujourd'hui les deux maisons sont indépendantes. Nous reviendrons avec plus de détails sur rhistoire de ces utiles fondations.

L'hôpital'général , qui occupe aujourd'hui le bel établissement d'où les Ursulines furent chassées à> la révolution, fut d'abord installé dans les bâtiments de la cour d'Orange, appartenant à ces mêmes religieuses; elles les avaient habités à l'époque de leur fondation, et vendus a la ville en 4685. L'administration actuelle en a fait un hôtel de ville ; la chapelle a été convertie en salle de spectacle. Sœurs L'école de la Providence, pour les filles, et celle <<• de la Doctrine chrétienne, pour les garçons, furent fondées par les demoiselles Goidier, sœurs : l'école deiâDocirino des fillos, OU 4699; l'autre, en 4736. Nous les vercbrécienno. ^^^^ y^^^ ^^ Tautro supprimées à la révolution;

elles sont aujourd'hui rétablies, priforé La trahison et la défaite de Grimoult-du-Plessis, vaincu à la bataille du Val-des-Dunes , ayant saisi le duc Guillaume de la totalité de ses biens, le duc donna, en 4074, la baronnie du Plessis à Odon,

(1) Ce Père jésuite est appelé Chawra par M. Seguin, et Chawran dans le manuscrit de M. Lecoq ; mais son véritable nom est Chaurand; c'est ainsi du moins qu'on le trouve écrit dans le ménologe de la compagnie de Jésus.

la ProTiiJpiioc.

Frères

COOTPBlliel

du PleMtfl.

INTRODUCTION. XXXIX

son frère, évèque de Bayeux. Une partie fut employée à fonder sept prébendes canoniales; le reste fut attribué à Tévèque. Richard de Douvres, un des successeurs d'Odon, y établit, en 4134, une communauté de chanoines réguliers de Saint-Augustin, qui a compté Bossuet au nombre de ses prieurs.

La léproserie de Saint-Micolas , fondée avant le Léprowne XII* siècle , était située sur le territoire de Neuville- *** «^"'■'*^^«' On y recevait les lépreux de Vire et des environs. Elle fut donnée aux chevaliers du Mont-Carmel et de Saint-Lazare, par une déclaration royale de 4676.

Le prieuré de Notre-Dame-du-Désert, situé sur la Pneahis sinpicf. paroisse du même nom , fut d'abord un prieuré conventuel; il relevait de Tabbaye de Troarn.

Sur la paroisse de Culey-le-Patry, il existait un prieuré du même nom , dédié à Saint- Georges. .Guillaume Patry le fonda en 4247, et le donna à Fabbaye de Fontenay. Quant au prieuré des Payam, que l'abbé Beziers rattache à la paroisse de Neuville, il n'a jamais existé ; mais il est facile d y reconnaître le prieuré des Payem , situé au pied du xhâteau de Vire.

Page 1