II. OFFICI ALITÉ DE CAEX
Les paroisses de Caen ont été au nombre dp Dojeimé
de lachrélienté treize. deCâen.
De ce nombre total , quatre passent pour avoir été fondées par saint Regnobert, et, par conséquent, sont antérieures à Tan 666:
4 "" Saint-Pierre, appelée anciennement Darnetal. paroiHes.
XL INTRODUCTION
Elle était regardée comme la première de la ville ; on y c^ébrait les solennités , auxquelles tout le clergé de la ville était appelé à prendre part ; — V Notre-Dame-de-Froide-Rue, dont le patronage formait une prébende canoniale ; — 3** Saint^Sauveur* du-Marché, sur la grande place où se tient de temps immémorial le grand marché de la ville ; — 4^ Saint- Jean, dont la cure avait été érigée en prébende.
Cinq autres existaient au xi^ siècle, avant Guillaume-le-Conquérant :
1* Saint-Georges-du-Château. L'emplacement du château de Caen, était habité avant l'époque où l'on en fit une forteresse, et avait son église pa* roissiale; — 2* Sain t-Etienne-le- Vieux. Le nom de cette paroisse ne prouve pas, comme on Ta cru, qu'elle fût une des pins anciennes de la ville : elle n'est ainsi appelée dans les fondations du duc Guillaume que pour la distinguer de l'église Saint- Etienne, qui s'élevait alors a ses côtés. Huet s'est trompé en attribuant son origine k saint Regnobert; — 3** Saint-Michel-de-Vaucelles , située dans un faubourg de Caen, était le chef-lieu d'un doyenné rural, dépendant de l'archidiaconé d'Hyesmes. Néanmoins son clergé faisait corps avec celui des paroisses de la ville; — 4® Saint-Julien. Quoique située dans le faubourg, cette paroisse avait conservé quelques extensions sur la ville, ce qui la suppose existante avant le tracé des plus anciennes fortifications; — 5® Saint-Martin. On croit qu'elle remontait à la seconde moitié du ix* siècle, époque à laquelle le culte du saint évoque de Tours se répandit dans les Gaules.
INTRODUCTION. ÏLl
Ooâtre furent fondées du temps de &uillauine-le- Conquérant, après 1066:
A^ Saint^jilles, qui ne fut dans le principe qu'une chapelle dépendant de l'abbaye de Sainte-Trinité < et élevée dans ce quartier par la duchesse Hathilde pour la sépulture des pauvres; — 2** Saint-Nicolas^ des-Champs. Cette paroisse, qui occupait la majeure partie du Bourg-l'Abbé, fut formée aux dépens de Sàint-Étienne-le -Vieux et de Saint -Martin, pour être donnée à l'abbaye de Saint-Étienne ; — 3"* Saint- Ouen a la même origine. Avant de faire partie du Bourg-l'Abbé , ce petit quartier formait un hameau particulier connu sous le nom de Villers ; — 4® Sainte- Paix-de-Toussaint. Cette paroisse n'était dans Torigine qu'une simple chapelle fondée par le duc Guillaume, et nommée Sainte-Paix, parce qu'on l'érigea en 1061, après le concile de Caen, où fut proclamée la trêve de Dieu. On l'appelait aussi l'église de Toussaint , en mémoire des reliques que l'on avait apportées à Caen de toute la province, et sur lesquelles on fit jurer aux barons normands l'observation du concile.
À côté de cette chapelle, il a existé, sur le territoire de Sainte-Paix, une autre église appelée Notre- Dame-de-la-Fontaine. Celle-ci a été curiale; mais elle faisait partie du doyenné de Troarn, étant considérée comme une seconde portion de Mondeville. Ce ne fut qu'en 1729 que la paroisse de Sainte- Paix fut réunie à la bourgeoisie de Caen.
De ces treize paroisses, Saint-Pierre, Notre-Dame, Saint-Sauveur et Saint-Jean appartenaient à l'évèque et au chapitre de Baveux. L'abbave de Sainfe-
I^LII INTRODUCTION
Trinité possédait Saint^Georges , Saial-Étieiin^le* Vieux, Saint-Gilles et Saint*Martin. L'abbaye de. Saiût-Étienne avait juridiction sur Yaucelles, SaîQt- Nicolas et Saint-Ouen. De l*abbaye de Fécamp dépendait la cure de Sainte-Paix, et de Tordre de Malte , celle de Saint-Julien.
Aujourd'hui les paroisses curiales de Caen sont au nombre de sept : Saint-Étienne , Saint-Sauveur • Notre-Dame, SainWean, Saint-Pierre, Saint^Gilles , Vaucelles ; auxquelles il faut ajouter les deux succursales de Saint-Julien et de Saint-Ouen.
Ont été supprimées : Saint-Georges , Saint-Hartia et Saint-Nicolas.
Les paroisses de Saint-Pierre , Saint-Jean , Saint- Gilles , Vaucelles et les succursales de SaintnJulien et Saint-Ouen sont rétablies aux lieux qu'elles occupaient.
Les paroisses de Saint-Etienne et de Notre-Dame ont été transférées , l'une , dans l'ancienne abbaye de Saint-Etienne, l'autre, dans l'ancienne église des Jésuites. L'église Notre-Dame-de-Froide-Rue est occupée par la paroisse de Saint-Sauveur. L'église de Saint-Martin et l'ancienne église de Sainte-Paix ont été démolies. Il reste, sous le nom de Sainte- Paix, une petite église bâtie à la lin du xviir siècle,, et conservée en qualité de chapelle. Saint-Georges, Saint-Nicolas, Saint-Étienne-le-Vieux et Saint-Sauveur subsistent encore aujourd'hui , mais sans destination religieuse, cbapeiiet Huet, qul a consacré un chapitre de ses Origines aux chapelles de Caen , dit que le nombre en a été considérable, mais qu'il serait impossible d'en faire
de Caen.
INTRODUCTION. XLIII
une histoire exacte. Contentons-nous de citer celles qui se trouvent dans les pouillés du mu'' siècle, au rang des anciennes fondations :
l"* La chapelle Saint-Gabriel et la chapelle Saint- Apan, dans Téglise Saint-6eorge8*du*Château ; — S* la chap^le de firucourt ou SainWacques-lé^Hajetir, dans le couvent des Capucins ; — 3"* la chapelle de Hallebout , fondée en 4 31 5 , dans f église même de Saint-Étienne, par Philippe de Hallebout. Elle avait quatre portions et quatre titulaires; — i"* dans l'abbaye de Sainte-Trinité, les chapelles des Saints- Innocents , de Saint-Laurent , de Notre-Dame-du- Pardon, de Saint-Hartin^sous-la-Tour, de Sainte- Trinité;— 5<> la chapelle Saint-Louis^e-rofficialité, dans le palais épiscopal ; — ô"" la chapelle de Notre- Dame-des-Champs, située sur le territoire de la paroisse Saint-Julien ; — 7^ dans le faubourg Saint- Gilles, la chapelle Sainte-Agathe et celle de SaintlhomBs4' Abattu. Celle-ci, qui fut d'abord un hospice , ayant été réédifiée au xv* siècle , on y fonda deux autels , Tun , en Thonneur de saint Quentin , Tantre , sous l'invocation de saint Sébastien ; — S'' la chapelle du Nombril-Dieu , à la Maladrerie. Elle avait commencé par être une léproserie , avant de devenir un bénéfice simple.
L'abbaye de Saint-Étienne est Tœuvre de Guillaume-le-Conquérant. Les premiers travaux ont dû ***^*"commencer avant la conquête de l'Angleterre, atten- j^^^ du que , dans un des actes qui s'y rapportent , le de si-Ètienne. titre de comte pour duc est le seul qui soit attribué au fondateur. Saint Lanfranc , qui fut le premier abbé du monastère, fut aussi chargé de le cont^tmi-
CoaumiMiiilés
Ctmei.
\LIV INTHODICTION,
re. Il y travailla depuis 4066 jusqu'en 1070. Guillauine-Boane*Aine , sou successeur, termina ces travaux, et 6t célébrer la dédicace de Téglise, en 4077, par Jean d'Avranches, archevêque de Rouen. Aux donations de Guillaume et de ses fils en faveur de la nouvelle abbaye, il faut ajouter celles d'un grand nombre de seigneurs normands. Il en résulta ^ tant en Normandie qu'en Angleterre, plusieurs riclies prieurés dépendants de l'abbaye. Le monastère fut donné aux religieux de Saint-Benoit. En 4663, Anne de Bourbon, duchesse de LonguevUle, y introduisit la réforme de Saint-Maur. Odon Rigaud, archevêque de Rouen , y trouva , dans ses visites , depuis cinquante-quatre jusqu'à soixante*dix religieux, sans compter ceux qui habitaient leurs prieurés. A cette époque (xin* siècle], le revenu était de 4,000 livres tournois en France , et de 4 1 0 livres sterling en Angleterre. Au xviir siècle, le revenu était évalué à 70,000 livres (1). La taxe en cour de Rome était de 4 ,060 florins.
On ignore la date précise de l'établissement des Carmes à Caen. On trouve seulement un legs stipulé en leur faveur à la date de 4275. Il est connu que leur fondateur , Jean Pillet , vivait à cette épo-
(l)Jê n*ignorepa8 que l'abbé Delarue Tévalue, pour cette époque , à 192,000 livres, de même qu'il évaluait à 250,000 livres le revenu de Tévèché, estimé 100,000 livres dans les documents officiels. Je déclare ici une fois pour toutes que* sans prétendre expliquer ces différences, je continuerai d'indiquer le revenu des abbayes et des prieurés tel que je le trouve officiellement constaté dans la France ecdénastique de 1764 et 1787.
LNTRuDlCtlON. XLV
que. Ils s'établirent dans la paroisse Saint-Pierre , près de la rivière d'Orne, sar un terrain qui fait maintenant partie du quartier Saint-Jean.
Les Dominicains étaient plus connus sous le nom de Jacobins , qui leur fut donné à Paris , parce qu*ils habitaient la rue Saint-Jacques; ils l'ont donné eux-mêmes à Tune des rues de Caen. Leur établissement, dans cette ville , est dû au roi saint Louis. On trouve qu'ils recevaient des donations à la date de 4247. Ils appartenaient, comme les Carmes, aux ordres mendiants.
Les Frères-Mineurs-Franciscains étaient établis à Caen en 4236. On trouve des legs à leur profit stipulés en 1247. Le peuple les appelait Cordeliers, à cause de la corde qu'ils portaient en ceinture. C'est sur leur modèle que les ordres mendiants ont été institués ou réformés.
Les Capucins étaient franciscains, comme les Cordeliers, mais formaient un ordre distinct, le plus rigide de tous les ordres mendiants. Leur couvent de Caen, le troisième de l'ordre, fut fondé en 4575, k la demande des échevins de la ville. Les religieux de Saint-Étienne fournirent l'emplacement, situé sur la paroisse Saint-Ouen, et qui s'appelait anciennement le fief de Brucourt.
Les Croisiers , ou chanoines de Sainte-Croix , étaient étabUs à Caen en 4275; car, à cette époque, on y trouve un legs en leur faveur. Il paraît qu'ils ne s'y fixèrent définitivement qu'en 4306. Ils appartenaient à l'ordre de Saint- Augustin. Leur règle les autorisait à posséder des biens fonds et des retenus. Leur établissement, situé dans la Franche-Rue,
Domintcaios.
Cordelîi*».
Capucins.
Croitien.
XLVI IMRODtCTlON.
lui a donné le nom de rue des CroisierS) qu'elle porte encore aujourd'hui.
Msnitet. L'établissement des Jésuites à Caen ne date que de Tan <608, et fut Tœuvre du roi Henri IV, qui parait y avoir pris le plus vif intérêt. Les premiers fonds furent fournis par résignation volontaire du prieur de Sainte^Barbe-en-Auge , Robert de La M enardière , lequel, du consentement des religieux, institua les Jésuites, en son lieu et place, titulaires perpétuels de son prieuré. Le roi les mit alors en possession du collège du Mont, situé près de Téglise Saint-Étienne-le-Vieux. Nous les trouverons souvent mêlés aux événements de notre histoire religieuse.
oraiorieDi. La malsou des Pères de l'Oratoire fut fondée à Caen, en 4622, par MM. de Repichon, dans le voisinage de l'église Saint-Jean. Ils se livraient à l'étude et aux fonctions ecclésiastiques, sous la direction de l'évêque diocésain. Leur établissement n'a jamais eu beaucoup d'importance.
Ettdisiet. La congrégation des Eudistes, comme celle do l'Oratoire, était purement séculière. Elle fut fondée k Caen par le P. Eudes, membre de l'Oratoire, et frère de l'historien Mézerai, en 4643. Elle avait pour but de préparer au sacerdoce les jeunes ecclésiastiques, et de répandre la parole divine par le moyen des missions. On l'appelait la congrégation de Jésus et de Marie. Elle s'établit dans la rue Saint- Laurent et sur la place des Petit$-Pré8, aujourd'hui la place Royale.
sacheu. L'établissement des Frères du Sac, qui fut de courte durée (1268-1275), était situé dans la rue
INTRODUCTION . XLVII
NeuYe-Saint->Jean, près du palais épiscopal, auquel il fut réuni.
L*hôtel des Templiers, dont Huet a vu les débris, Tempiien. ne fut jamais une maison conventuelle, mais un simple manoir, appartenant à Tune des cinq commanderies que ces chevaliers possédaient dans le ressort du bailliage.
L*abbaye de Sainte-Trinité fut fondée en 4060, Abbaye au nom de la duchesse Mathilde de Flandre, épouse ^* s-inniié. du duc Guillaume. Son origine se rattache, comme celle de Tabbaye de Saint-Ëtienne , aux démarches de soumission que le duc et la duchesse firent en cour de Rome, pour obtenir la ratification de leur mariage, irrégulièrement contracté. L'église du monastère fut dédiée le 48 juin. Tannée même de la fondation, par Maurille, archevêque de Rouen. Le monastère, destiné a recevoir des religieuses de Tordre de Saint-Benoit, se recruta bientôt dans les familles les plus illustres du pays. C'est de là que lui est venu le surnom « d'Abbaye-aux-Dames. » Au service de Tabbaye étaient attachés quatre chanoines, appelés, on ne sait pourquoi, cornetiers. Us furent remplacés, en 4541, par des chapelains amovibles. Dans le cours du xiii* siècle , le nombre des religieuses s'éleva de soixante-cinq à soixante-quinze. Leur revenu était alors de 2,500 livres tournois en France, et de 160 livres sterling en Angleterre. Au xviir siècle, le revenu avoué était de 30,000 livres; la taxe en cour de Rome, de 25 florins.
Les Béguines, d'origine flamande, furent introdui- Béguine*. tes en France par le roi saint Louis. Elles s'étabhrentàCaen dans la rue Franche, paroisse Saint-
Caméliles.
UreoUne*.
Visilation.
Béncdictinefl.
XLVIII IiNTRODtCTIOiN .
Sauveur ; leur maison fut donnée aux Groisiers en 4356. On ne sait ce qu'elles devinrent jusqu'à l'époque de leur suppression.
Les religieuses carmélites de Caen appartenaient à la réforme de Sainte-Thérèse. Leur maison date de 4 61 6 ; elle dut son origine à une personne pieuse qui entra dans l'ordre , et voulut rester inconnue. On fit venir de Rouen les huit premières religieuses. La rue dite des Carmélites traverse le jardin et l'enclos de l'ancien couvent, et en rappelle la situation.
Les Ursulines furent fondées à Caen en 4 624 par Jourdaine de Bernières , qui 6t elle-même profession dans la communauté , et en devint plus tard supérieure. On lui devait la maison conventuelle dont ces religieuses prirent possession en 4 636 ; elle était située sur la paroisse Saint-Jean , près de l'ancien Hôtel-Dieu. Ce fut le couvent de Paris qui donna naissance à celui de Caen. Le travail de l'enseignement remplaçait, chez les Ursulines, les austérités des Carmélites.
La maison de la Visitation, fondée k Caen en 4 634 , ne fut en quelque sorte que la translation d'un établissement qu'on avait essayé de former à Dol en Bretagne , et que des raisons de salubrité avaient fait abandonner presque aussitôt. La pieuse colonie s*établit d'abord dans la rue Saint-Jean , d'où elle passa . Tannée suivante, au Bourg-l'Abbé, rue des Capucins.
Les Bénédictines s'appelaient vulgairement Petites-Bénédictines, par opposition aux religieuses de la grande abbaye. Elles appartenaient à la branche de leur ordre qui avait adopté l'Adoration perpé-*
IXTRODlli€TiOi\.
tuelle du SaintrSaeremenl]. iMalQine de Hoges , marquise de MouyvtesétâMît d'abord à Pout-rÉvêque, d'où elles forent transférées à Caen en 4643. Leur maison était située rue de Geôle, près le Tourde-Terre.
La Chartté-du-Refuge est une création du P. Eudes, dans laquelle il fut secondé par le président Le Roux de Langrie. Le bx$ de Tinstitution fut d'ouvrir un asile aux filles repenties. La direction en fut d'abord confiée à des dames séculières, puis aux religieuses de la Visitation , et enfin à une congre* gatton spéciale instituée en 4666.
L'établissement des NouTelles - Catholiques fut fondé par M«' Servien, évêque de Bayeux, en 4658, et destiné aux jeunes protestantes qui voudraient abjurer contre le vœu de leurs parents. Le prélat donna une maison rue Guilbert , et fit les frais de la dotation.
Le Bon-Sauveur remonte à l'année 4734. Il eut pour fondatrice Anne Le Roi, originaire de Caen. Nous ferons assister nos lecteurs aux merveilleux accroissements de cette institution. Les premières religieuses débutèrent dans la pratique des œuvres charitables par l'instruction des petites filles et la visite des pauvres; mais elles ne tardèrent pas à y comprendre le soin des aliénés et la conversion des filles de mauvaise vie. Il y eut toutefois entre leur institut et celui de la Charité cette différence caractéristique, que le Bon-Sauveur fut une maison de force pour la correction des femmes dissolues , tandis que les pénitentes de la Charité y étaient admises librement, a moins quelles uc fussent
Charité.
NooTellei- Calboliquot.
Bon-SaoTeor.
Frères
de la Doctrine
chrétienne.
'Scenrs
de Saint-Vincent
de Paul.
Conmunaatéfl bospiialièrci.
Chanoines
réguliers de Saint
Augustin.
Religieuses
de l'Hôtel-Dieu.
Religieuses
de l'hôpilal
Saint-Louis.
Hôpitaux.
L INTRODUCTfON'.
mineures et enfermées par ordre de leurs parents* Les Frères de la Doctrine cftr^enne firent leur première apparition à Caen Ters le milieu du dernier siècle. Ils y occupaient, en •< 790^ une petite maison située rue Basse-Saint-Gilles.
L'établissement des Sœurs de ^ Saint-Vincent de Paul , institutrices et servantes des pauvre, est à peu près du même temps^ <ipié ealui des frères. On le doit à Tabbé Boùhonimei fmé de Saint-Nicolas ; il était situé . comme aiqaurd'hui , dans la rue de Bayeux.
Au milieu de ces couvents et de ces congrégations, ou distingusôt trois communautés hospitalières :
1. Les chanoines réguliers de Saint-Augustin, administrateurs de THôtel-Dieu. Us avaient succédé» on ne sait ni quand ni comment, à des frères chargés du même office. Toutefois, il est certain que leur établissement existait au commencement du xin' siècle ;
2. Les religieuses de THô tel-Dieu, auxquelles était confié le soin des malades. Il y en avait dès l'an 4266; il n'y en avait plus en 1540. On en fit venir de la maladrerie de Rouen en 4 629 ; elles y sont restées jusqu'à la révolution ;
3. Les religieuses de l'hôpital Saint-Louis , formant une congrégation particulière non cloîtrée, et vivant sous une règle spécialç qui leur fut donnée par le P. Le Vallois, de la copipagnie de Jésus. — M"® de Saint-Simon , première supérieure , fut inr stalléele7 avril 1679.
La ville de Caep a compté jusqu'à onze hôpi-
Hôtel-Diea.
Léproterie de Peiuliett.
INTRODUCTION, LI
taux ; mats ils n*0Dt pas tous existé simultanément. Plusieurs ont eu une destination spéciale, quant à leur objet ; d'autres étaient exclusiyement affectés au service de certains quartiers de la ville.
Le plus ancien est celui « de Guillaume-le-Con- ^^^^ quérant », fende (iOB4-4055) dans l'île des Caser- ***c?nql"rn7.'*' nés, à gauche de la chaussée qui conduisait de la ville au pont de Vaucelles. L'Hôtel-Dieu et l'hospice de la grande maladrerie lui succèdent par dédoublement: celui-ci, en 1160, sous le roi Henri H, qui en fut le fondateur ; l'autre, à une époque inconnue, probablement à la même époque. L'Hôtel- Dieu, que l'on appelait anciennement l'hôpital de Saint*Thomas et Saint-Antoine, reste ouvert à toutes les infirmités , à tous les genres de maladies , la lèpre exceptée : les lépreux sont envoyés à la maladrerie^de BeauUeu. Au xxiv siècle, l'Hôtel-Dieu se dédouble lui-même pour former l'Hôpital-général , Hôpiui générai. plus spécialement destiné aux vieillards , aux indigents et aux enfants abandonnés. Ces quatre établissements eurent seuls une destination génmle ; ils n'ont existé simultanément que deux à deux, car la maladrerie de Beaulieu était déserte quand l'Hôpital-général fat fondé.
Quatre autres se présentent comme une œuvre de bienfaisance restreinte à un seul quartier. Ce furent : au Bourg- i'Abbesse, l'hôpital de Sainte GilleSt contemporain de l'abbaye; — celui de Saint- saint-Tbomat. Thomas-l'Abattu , qui ne put être fondé qu'après 1173, époque de la canonisation de saint Thomas de Cantorbéry, auquel il était dédié. Il existait encore en 1488; ses^ biens étaient régis par Un cha-
H^iUiui.
Saint-Gilles.
LU INTRODUCTION
Nombrii-Diea. pelaio ; — au Bourg-l'Abbé , Thôpital du Nombril- Dieu fde Umbilico Deij ou petite maladrerie ; il avait été fondé par Lanfraûc (1066-1070) ;~ celui Roger-uir. de Rogef-Lair, qui remonte à Tannée 1453. Il était situé dans la me Bicoquet, et portait le nom de son fondateur. L'hôpital^ de Saint-Thomas et cdiui du Ifombril-Dieu étaient , Tun , au Bourg-l'Abbé , Taurtre, au Bourg-l'Abbesse, une succursale de la grande léproserie.
saiot-Gratien. L'hôpital dc Saint-Gratiou, situé dans la rue Saint- Jean, était destiné au soulagement des aveugles (1324). Il eut peu d'importance et dura fort peu de temps.
peuu.Renrermôs. Les Petits-Ronfermés et la Gobelinière ne furent, Gobeiinière. j^ propremcut parler, que des annexes ou dépendances de THôtel-Dieu, On recevait aux Petits-Renfermés les enfants pauvres des deux sexes, pour les y élever et les mettre en état de gagner leur vie. Les deux maisons qui leur servaient d*asile, étaient contiguës, distinctes et attenantes à THôtel-Dieu.
La Gobelinière, située sur le territoire de Sainte- Paix, recevait les pestiférés que Ton voulait éloigner de rétablissement principal.
Quatre des couvents ci-dessus énumérés avaient été supprimés avant 4790, savoir: les Sachets, en 1270-1375; les Béguines, dans la seconde moitié du xn® siècle; les Jésuites, en 1762; les Croisiers, en 1772. Tous les autres furent supprimés par la révolution.
A cette époque, il ne restait plus de nos anciens hôpitaux que KHôtel-Dieu , avec son annexe des Petits -lien fermés, et Thôpital général de Saint-
INTRODUCTION. LUI
Louis. Us furent désorganisés pendant quelque temps , sous le régime de la terreur ; mais ils revinrent bientôt a leur première forme.
Quant aux communautés , tous «les couvents d'hommes ont disparu. La seule congrégation des Frères de la Doctrine chrétienne a été rétablie en 184i. Ils occupent Tancien emplacement des Petites- Bénédictines.
Les communautés de femmes ont eu un meilleur sort : huit sur dix se sont rétablies. Les religieuses de la Qiarité , celles de l'hôpital Saint-Louis et les Soeurs de Sain^Vincent de Paul sont rentrées dans leurs anciennes maisons ; les Ursulines ont acquis une habitation rue de la Chaîne; la Visitation occupe l'ancienne abbatiale de Saint-Étienne ; le Bon-Sauveur, le couvent des Capucins ; les Petites-Bénédictines ont été transportées dans celui des Cordeliers; les religieuses de THÔtel-Dieu , dans les bâtiments conventuels de Tabbaye de Sainte-Trinité.
Pour compléter le tableau de l'organisation actuelle, il faudrait ajouter à ce recensement deux institutions dont la ville de Caen recueille aujourd'hui les bienfaits : celle de la Providence et celle de la Miséricorde.
Les suppressions qui viennent d'être mentionnées, ont donné lieu à des résultats qu'il est bon de faire connaître.
La propriété des bâtiments et des jardins de l'abbaye de Saint-Étienne a été attribuée au lycée impérial. Le collège des Jésuites, après avoir servi de bureaux à l'administration départementale , attend une nouvelle destination.
LYI
IXTKODUCTIOX.
gneur de Cesny, la léproserie fut érigée en hôpital par Henri II , évëque de Bayeux , et placée sous rinvocation de saint Jacques et de saint Christophe . Douze lépreux y vivaient en commun , soumis à une discipline régulière, et nourris des biens que le fon* dateur avait aumônes. Le prieuré dépendait de Tab* baye du Val, qui le faisait administrer par deux religieux obligés à la résidence. Quand k.lèpre eut cessé ses ravages, on snbstitua aux lépreux «douze vieillards sans biens et sans femme, pour les disposer k bien mourir » (1668). L'ordre de SaintrLazare s'empara pendant quinze ans de cet hôpital ; maii» en 470< , les douze pauvres y étaient rétablis. Trkntéê ûmfitM. Lo priouré de Saint-Nicolas - de-Buron , situé, comme le précédent, sur la paroisse de Cesny, était sous le patronage de l'abbé de Hambie [diocèse de Coutances).
Le prieuré des Moutiers, à simple tonsure, était situé sur la paroisse du même <nôitt ; il dépendait de Tabbaye de Lonlay (diocèse du Mans].
Le prieuré de Sainte -Anastasie , a Fresnay-le- Puceux, avait été donné à l'abbaye de Troarn (xiii* siècle) par les familles de Marmion et de Touchet.
Amfernet , Athis , Aubusson , la Bazoque , Beauchêne, Berjou, Cahan, CaHgny, Cerisy-Belle-Étoile, Chanu (prieuré-cure), la Chapelle-aux-Moines, la Chapelle - Biche , Chaulieu, Saint-Clair-d'Alouze, Clairefougère , Condé-sur-Noiréau , Saint- Cornier ( prieuré- cure ) , Saint-Pierre-d'Entremont , Fiers , Fresnes, Saint-Georges-des-Groiseliers , Sainte-Honorine-la-Chardonnc (deux portions), Fomaheust
Dojrané de Condé.
Cttrcf.
INTRODUCTION. LYII
OU Saint-Jean-des-Bois , la Lande-Patry , la Lande- Saint-Siméon, Landigou, Landizac, Larchamps, Meray, Mesnil-Ciboult, Mesnil-Hubert, Montilly, Montsegray (prieuré-cure), Saint-Marc-d*Ouilly, Saint- Pierrendu-Regard, Proussy, Saint-Quentin-des-Chardonnettes, Ronfugeray, Rouverou, Segrie-Fontaine (prieuré-cure), la Selle, Notre-Dame-de-Tinchebray, Saint-Pierre-de-Tinchebray, Yvrande (prieuré-cure).
Château de Fiers ; Notre - Dame et Sainte - Anne cuv^iu». de Genestay ou des Genetés ; Saint - Aubin de Hontbray.
L'église de Saint-Martin , située dans la campa- Êgiiie» gne, était la principale église de Condé, et le siège ,^p.^, J^condéde la cure. L'église de Saint-Sauveur, au centre du «orNoircau. bourg , avait été primitivement la chapelle du château , avec lequel on dit qu'elle communiquait par un souterrain. Elle servait de succursale à la paroisse ; le curé de Saint-Martin nommait un prêtre pour la desservir ; il était lui-même à la présentation du seigneur châtelain .
Il y avait , à Condé , un hôpital fondé et doté , vers le milieu du xii* siècle, par N. Turgot et Laurence de La Pierre, sa femme. Le chapelain était à la présentation du trésorier et des paroissiens de Condé.
L'abbaye de Notre-Dame-de-Belle-Étoile, de l'or- commnnauié^ dre de Prémontré, était située entre Tinchebray et — Condé-sur-Noireau. Elle fut fondée en 1245 par^ /*:^'^„
^ de Censy-Bello-
Henri de Beaufou et Edice, son épouse. Les pre- Èioiir. miers religieux furent tirés de l'abbaye de la Luzerne, au diocèse d'Avranches. — Revenu, 1,i00 livres ; taxe en cour de Rome, 66 florins.
INTRODUCTION
Prieuré d*YTnuide.
Le prieuré d'Yvrande était , dans rorigine , un prieuré conventuel dépendant du Plessis-Grimoult ; il reconnaissait pour fondateur Richard, roi d'Angleterre et duc de Normandie. Après avoir été réuni à la paroisse de Fresnes , il en fut séparé par arrêt du parlement de 1669. Le prieuré du Plessis-Grimoult fut chargé d*y entretenir six chanoines réguliers de Tordre de Saint -Augustin. Cependant Hermant , qui nous donne ces détails , ajoute qu'à l'époque où il écrivait , il n'y avait plus de conventualité, et que le prieuré avait été réuni à la cure d'Yvrande.
pneuràs simplet. Lo priouré de Rouverou , appelé aussi le prieuré des Roches , était situé sur la paroisse de Rouverou. Il était dédié à Notre-Dame, et dépendait de l'abbaye de Fonlenay (ordre de Saint-Benoît). Après avoir été conventuel , il était tombé en commende.
Le prieuré de la Lande-Patry, dédié à saint Vincent et à saint Laurent , appartenait k l'abbaye de Saint- Vincent du Mans (ordre de Saint-Benoît). Il fut fondé en 1211 par Guillaume Patry.
Anguerny, Anisy, Arquenay, Basly, Benouville, Bény (deux portions), Bernières-sur-Mer, Beuville, Biéville , Blainville , Cambes , CoUeville ( deux portions), Colomby-sur-Thaon , Courseulles (prieurécure), Douvres, Épron, Fontaine-Henry, Hermanville, Saint-Clair-d'Hérouville, Saint-Pierre-d'Hérouville (prieuré-cure), Langrune, Lion et Cresserons, Luc , Mathieu , Moulineaux , Ouistreham , Périers , Plumetot, Reviers (deux portions).
Beuville ; Mathieu ; Sainte-Marguerite , à Courseulles; Val-Bunel, à Fontaine-Henry.
Do) enné de DottTret.
Caret.
Chtpellet.
INTRODUCTION. LIX
La chapelle de Notre-Dame-d' Yvrande , plus con- communaoïé». nue sous le nom de Délivrande , est un lieu de ""
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pèlerinage, fondé sur le territoire de Douvres par chipeiie saint Regnobert, évêque de Bayeux. Elle était an- ^^ ciennement soumise à la juridiction du chapitre , qui ^ '^**'^"^*'la faisait administrer par des chapelains. Détruite par les Normands au ix'' siècle, elle fut restaurée, vers Tan 1050, par Beaudoin, comte de Reviers. Au xvii* siècle, Gilles Buhot, chanoine de Cartigny, établit auprès de la chapelle un séminaire , où il réunit un grand nombre d'ecclésiastiques. On trouvera plus loin les détails de cette fondation. Le séminaire, annexé à celui de Bayeux, fut dirigé, jusqu'à la révolution, par la congrégation de Saint- Lazare.
Tailleville était un hameau de Langrune. Le Prieui^i simples, prieuré, dédié à Saint-Martin, possédait un revenu de cinq à six mille livres. L'abbé Delarue lui donne pour fondateur Tursting de Creully , Guillaume de Coulombières, Guillaume de CourseuUes et Richard, vicomte d'Avranches. Us en firent présent à l'abbaye de Troam. L'ancienne chapelle où ils l'établirent, fut reconstruite par les soins de Durand , premier abbé de ce monastère. L'évèque de Bayeux, Odon, l'exempta de tous les droits épiscopaux.
Le prieuré de Lébisey , dédié à saint Vincent , avait été fondé pour l'abbaye d'Ardennes, en 1294 , par Roger Le Mazuier, chevaUer, et son frère Christophe , à condition que la chapelle serait desservie par un religieux profès. Il était situé sur le terri-toire d'Hérouville.
L'abbaye d'Ardennes possédait encore, dans le
INTRODUCTION
Hoyenné d'ÉTrecy.
Garet.
ChaitcUfs.
doyenné de Douvres, le prieuré de Lion , fondé en 4327 par Guy de MeuUent, seigneur de Courseulles et de Lion. Ce prieuré, doté de 20 livres de rentes, était dédié à saint Thomas.
Saint-Agnan-le-Malherbe , Amayé-sur-Orne , Avenay, Saint-Samson-d'Aunay , Banneville-sur-Ajon , Baron (deux portions), Bauquay, Saint-Bénigne, Bonnemaison, Bougy, la Caisne,,Courvaudon (prieuré-cure), Curcy, Esquay, Évrecy, Fierville, Gavrus, Goupillières, Hamars , Sainte-Honorine-du-Fay, les Landes, Maisonceltes-sur-Ajon, Mesnil- au -Grain, Maizet, Montigny, Neuiliy-le-Malherbe , OufBères, Préaux, Saint- Martin- de- Sallen (deux portions), Troismonts, Valcongrain, Vacognes.
Sainte-Anne de Brucourt , à Maizet ; Baron ; Sainte- Catherine de Rougemont , à Évrecy ; Saint-Michel de la Suhardière, a Bonnemaison ; Vacognes. commoDauiés. Ou trouvo , dit Tabbé Delarue , dans le vir et le viii^ siècle, un des premiers monastères du diocèse établi k Évrecy. Cedulfus en fut le premier abbé et peut-être le fondateur. Sous Tépiscopat de saint Gerbold, les moines se révoltèrent contre leur abbé, qui voulait les obliger à une stricte observance de la règle ; ce qui fut cause que saint Gerbold réunit Tabbaye d*£vrecy à celle de Deux-Jumeaux, et mit saint Annobert , abbé d*Évrecy , à la tète des deux communautés réunies.
L*abbaye d'Aunay ne fut, dans Torigine, qu'un simple monastère, fondé, sous la dépendance de Savigny, par Jourdain de Say et Luce, son épouse, qui en confièrent la direction au bienheureux saint Vital, abbé de Savigny, La fondation d'Aunay ne
ALbjye «l'ÊTrecy.
ibbtre d'Aanay.
INTRODUCTION
l.XI
peut Sire postérieure k Tannée 41 26 , époque à la* quelle Robert de Malhan donna au monastère la dime de ses deux moulins situés sur la rivière d'Odofii et d^x acres de terre de son domaine de Saini-Georges-d'Àunay. Il parait que rétablissement ne fut érigé «n abbaye qu'en 4152. Cest à Richard du Hommet, qui aTait épousé Agnès de Say « fille du premier fondateur , que Ton doit cette transformation; d'où il suit que les Bénédtclins se sont trompés en citant une charte de Henri P' en fayeur de rabbaye : c'est le doc Henri II qu'ils auraient dû citer* — Ordre de Cite^ux; taxe en cour de Rome, 476 florins; revenu « 7,000 livres.
Le prieuré de Notre-Dame-de-la-Caisne « situé sur priMc^ «mpics. ia paroisse du même nom , fut fondé dans la première moitié du xir siècle, par Roger Malfillaslre , qui le donna à l'abbaye de Beaumont, près Tours. L'abbesse nommait la prieure , et envoyait des reli* gieuses à la Caisae ; il y en avait encore en liSO. Dans la suite , la communauté se dispersa , et le prieuré de la Caisne ne fut plus qu'un domaine de l'abbaye de Beaumont. Cependant nous trouvons que, en 1672, une religieuse de Villers^anivet, désigne par l'abbesse de Tours, fut mise en possession du prieuré par l'évèque de Bayeux ; on l'appelait tous les ans au synode avec les abbiBSses. — Ordre de Saint-Benoit.
Athis (prieuré-cure), Aulhie, Saint-Germain-la- Blancbe-Herbe (prieuré-cure), Bretleville^'Orgueilleuse et Putot, Bretteville-sur-Odon, les Buissons et Villons, Bnlly, Cairon, Carpiquet, Cheux, Saint- Contest (prieuré-cure), Coulombs (prieuré-cure),
Doyenné de iialloU
Cursa.
INTR0DUCTf(>5.
ChapeUes.
ComoiniMutés.
Abbajn d'Anienaes.
Sainte-Croix-Grand'Tonne (deux portions féanies], CuIIy, Élerville, Feuguerolles (prieuré-cure), Fonlaine-Étoupefour, le Frèsne-CamiHy, Lasso», Saint- Louet, Louvigny, Maltot, Saint-Manfieux, Martragny (deux portions), Quesnet, Rots et Norrey, Rosel (prieuré-cure), Rucquenrille , Secquerille, Thaon, Vaussieux, Venoix (prieuré-cure), Vieux.
Saint-Anne de Grouchy, hameau de Rosel; Gheux (quatre portions); Cnlly; Saint-^Jacques et Saint- Christophe; Lasson; Notre-Dame-de-rOrlial, à un kilomètre de l'église de Rots ; Thaon.
L'abbaye d'Ardennes, située sur la paroisse de Saint-Germain- la-Blanche -Herbe (la Maladrerie), doit sa fondation à un riche habitant de Caen , nommé Aiulphe du Marché ; elle remonte à l'année 1124. Le monastère, qui ne fut d'abord qu'un prieuré, avait été donné à un religieux norbertin nommé Gislebert, avec sept acres de terre. Plus tard, le fondateur, sa femme et leurs enfants ajoutèrent de nouvelles donations. Après la mort du prieur, Vauitier du Marché, quatrième fils d'Aiulphe, obtint du chapitre général de Tordre que le prieuré serait érigé en abbaye, sous l'invocation de Notre- Dame, et que Garin, son frère, qui s'y était fait reti~ gieux, en serait le premier abbé. Celte érection est postérieure à l'année 1144. On voit figurer, parmi les bienfaiteurs de l'abbaye d'Ardennes , Henri II , duc de Normandie, Richard-Cœur-de-Lion, Jeansans- Terre et plusieurs autres personnages éminents de la même époque. — Ordre de Prémontré; taxe en cour de Rome, 100 florins; revenu, 4,500 livres,
INTRODUCTlOiN. LXIII
Dans la première moitié du xti' 8iècle« Raoul de pneai^ limpiet. Marlragny donna, dans cette commune, une acre de terre à l'abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte ; c'est sur ce fonds que fut bâti le prieuré de Saint-Léger et de Sainte-Madeletûe de, Martragtiy. Philippe de Harcourt, é?èque de Bayeox , approuva cette fon-
Doyenné do TnMrn.
Carei.
Amfréville, Saint-Jean-d'Argences , Saint-^Patriced*Ai|[eDces, Bannerille, Bavent, Bréville, le Buisson, Bures, Caboul^, Cagny, Canfeloup, Cléville, Colombelles (prieuré-cure), Cnverville, DemouviUe, Écoville, Émiéville, Emetot, Giberville (deux portions), Guillerville, Héritot, Hérouvillelte, JanWlle, le Jonquay , Liroze , M anneviUe , Merville et Gonneville, Méry^ Mesnil-Frémentel, Mesnil-Oger, Mondeville , Sainte-Paix près Caen , Saint-Pair près Troam, Petiville, Saint*Pierre^Ours)n , Banville, Robebomme, Rupierre, Sallenelles, Sannerville, Touffreville , Sainte-Croix-de-Troarn (prieuré-cure), Yaraville, Vimont.
SaintrGillesKlu-Yivier, à Argences; Bois-Roger, a Cléville; Bures; Sainte-Radegonde, à Cagny; Sainte- Catherine, à ManneviUe; Saint-Eustache, à Rupierre; Yaraville.
Roger de Hontgommery, premier du nom, vi- communaQtét. comte d'Exmes, fonda à Troam une collégiale en 1082. Roger, son fils, transfonna cette collégiale en abbaye en 4048, sous Fépiscopat de Hugues, évèque de Bayeux. L*évèque Odon fit la dédicace de l'église abbatiale en 4059. Le monastère eut pour premier abbé le célèbre Durand. Guitiaume-le- Conquérant fut un des bienfaiteurs de l'abbaye de
Chapelles.
Abbaye de Troarn.
LXIt INTRODUCTION.
Troarn. L*abbé était chaDoine né de ia cathédrale de Coutances. — Ordre de Saint-Benott; taie en cour de Rome, 2,000 florins; revenu, 38,000 livres. Léproiorio. Il j avalt à Troarn, dès le xv siècle, une maladrerie de Saint-Léonard , fondée par le comte de Belesme ; elle était sous la juridiction de Tabbé ; on y admettait les lépreux des paroisses dépendantes de Tabbaye.
H«4iioe. L'hospice moderne, dont je raconterai l'origine, fut établi au xviii* siècle, sous l'administration de Jean-Louis du Bouchot, abbé de Troarn et évèque de Dol. Le soin des malades fut confié aux Sœurs de Saint-^Vincent de Paul, quelque temps après la fondation.
priearés limpiM. Ou comptalt doux priourés dans la paroisse^ de Bavent, Le premier, sous le titre de Saint-Julien, fut fondé en 4063 par Guillaume de Saint-Brice, en faveur de l'abbaye de Saint-Julien de Tours ; le second, sons le titre de Saint-Étienne, fut fondé par les comtes d'Évreux et autres seigneurs normands, qui le donnèrent k l'abbaye de Saint-Étienne de Caen. L'abbé Delarue dit que ces deux prieurés portaient le nom de Roncheville ; c'est une erreur : nos pouillés distinguent le prieuré de Roncheville (Saint-Julien) du prieuré de Bavent (Saint-Étienne). Le prieuré de Notre-Dame de Cagny relevait de l'abbaye de Troarn. Il résulta d'une fondation faite au xiV siècle par les seigneurs de Cagny, à condition que la paroisse, qui possédait plusieurs églises, serait desservie par quatre religieux. En 4510, le prieuré tomba en commende, et devint un bénéfice simple.
INTRODUCTION
Doyenné de Viacëllos.
Caret.
U y avait très^nciennemeDt une chapelle de Saint- Rémi à FoUetot, liameaa de 8annerville. Sur la fio du xiv^ siècle, Girard, sire de Toumebu, donna à l'abbaye de Troarn la terre et la seigneurie de Folletot atec deux cents écus d'or, pour ériger en prieuré la dite chapelle de Saint -Rémi. Mais, en U44, Richard de Toumebu, d'accord avec l'abbé de Troarn, révoqua la fondation du prieuré de Folletôt, dont le revenu fut transféré à l'hôpital de Saint- Samson, qui appartenait au diocèse de Lisieux.
Airan, Saint-AgnaiHle-€ramesnil (deux portions], Allemagne, Beneauville, Bellengreville , Bichières, Billy, fiourguébus, Bray- la-Campagne (prieurécure), BretteviHe-le-Rabel (prieuré-cure), Cesnyaux-Vignes, Chicheboville, Cinq-Autels, Cinlheaux, Conteville , Cormelles , Croissanville , Étavaux , Fienille-la-Campagne (deux portions), Fontenayle-Marmion, Saint-André-de-Fontenay , Sainl-Martin-de-Fontenay, Frenouville (deux portions), Garcelles, Grainville-la-Campagne , Grentheville , Hubert-Folie, Ifs, Magny-l^Freule, Saint-Martin-des- Bois, May, Moult, le Poirier, Poussy, les Quatre- Puits , Quilly, Renémesnil , Secqueville-la-Campagne, Saint- Silvain , Soliers, Tilly- la- Campagne, Valmeray, Saint-Michel-de-Yaucelles.
La Bossaye , à Cramesnil ; Coupigny , à Airan ; Fontenay-le-Marmion ; Fours, à Soliers.
Il faut prendre garde de confondre, comme l'a commnnaDtéi. fait l'auteur du Netatria Pia, l'abbaye de Fonte- ~*
^ Abbaye
nay, près Caen, avec une autre abbaye située dans deFunt^n«r. le diocèse de Séez, et fondée par saint Évremond, au VI'' ou au vii'' siècle. Notre monastère devait son
Cbapellot.
LXVI INTRODUCTION
ekistenoe à Raoal Tesson et à Fitz-Erneû, son frère, flls de Raoul d'Anjoa et d'Alpaide. On lit dans un procès-Terbal rédigé en 4070, devant Goil* lamne-le-Conqutont, que Tabbaye de Fontenay fat fondée en présence de Hugues m , évéqne de Bayeux. Ce prélat ayant siégé depuis l'an 4015 jusqu'en 4049, c'est dans Tintervalle de ces deux époques qu'il faut placer la fondation. Il paraît que l'abbé Delarue avait trouvé la preuve que rautori-> sation de l'évèque de Bayeux fat donnée en 4047. L'abbaye de Fy>ntenay, située près de la rivière d'Orne, sur la paroisse Sainl-André-de-Fontenay, était dédiée à saint Etienne. — Ordre de Saint-Benott; taxe en cour de Rome, 750 florins; revenu, 6,500 livres < Les Bénédictins non réformés furent en possession de l'abbaye de Fontenay depuis sa fondation jusqu'en 4754, époque à laquelle les religieux de la congrégation de Saint-Maur furent introduits dans le monastère, prieiii^» timiiicf. Au XIV* sièclo, Ib villago de Criquetot, situé sur le territoire de Bourguébus, était une paroisse appartenant au prieuré des Deux-Amants, près Pontr de-l'Arcbe, dans le diocèse de Rouen. S'étant trouvé dépeuplé par la guerre, il perdit son titre de paroisse, et la cure devint un bénéfice simple. Ce prieuré, uni à la mense conventuelle des Deux- Amants, fut donné aux Jésuites de Rouen. Après la suppression de la compagnie, il passa aux mains de l'évèque de Bayeux; il était dédié à saint Germain. Eicmpuon Cambrcmcr, Crèvecœur, Grandouet, Saint-Lau- •m^remor. pgj^j^y.jjQjjj ^ Mancrbe , Montreuil, Saint-Ouen-lecuret. Pin, Saint-Pierre ou Saint-Paterne, le Pré-d'Auge.
INTRODUCTION. LXVIÎ
Saiot-JeaQMlu-Buisson , à Manerbe ; Crèvecœur ; chapeucs. Saial-Sauveur, à Hanerbe.
Une première tentative avait été faite en 1146, connoiuiités. pour fonder un monastère sur un terrain appelé les ^^^^ Vaux de Souleuvre, voisin de la ville de Vire, et da v«i.Ricber. appartenant à Tévèque de Bayeux. Il fut concédé à l'abbaye de Clairvaux, et saint Bernard y envoya douze religieux , sous la conduite de Mivard , son frère. L'établissement ayant été jugé trop étroit et incommode, Philippe de Harcourt, évèque de Bayeux, le transféra en 1160 dans le domaine du Val-Rîcber, à peu de distance de Lisieux. — Ordre de Citeaux ; taxe en cour de Rome, 24 florins ; revenu, 3,300 livres.
Il y avait encore, dans l'exemption de Cambre- Prieurés timpiet. mer, sur le territoire de cette commune, un prieuré simple en commende, appelé le prieuré de Montargis. Il avait été fondé en 1160, par un seigneur de Crèvecœur, pour quatre religieux de Tordre de Saint-Benoit. 11 parait qu'il était considéré comme personnat; mais Hermant fait observer que c'était à tort, attendu qu'il n'avait point charge d'âmes.
J*ai constaté, d'après l'abbé Beziers, que l'exemption de Nouant comprenait, outre cette paroisse, EUon, Juaye et Verson. Le P. Dumonstier y ajoute la cnre de Mouen ; mais il est certain qu'elle faisait
partie du doyenné de Fontenay, sous le patronage de l'abbaye de Saint-Etienne.
La cure de Verson se divisait en deux portions; les deux curés étaient à la nomination de deux chanoines de Lisieux, dont les prébendes s'appelaient première et deuxième prébende de Verson.
Esemplion do Ifonant.
Cures.
INTRODUCTION
Conmonaoti't.
Abbaye de Uondaye.
L'abbaye de Hondaye fut fondée dans la paroisse de Juaye, d'après le Nemtria Pia, en 42U, et d'après l'abbé Delanie, en 4 SI 6, par Jourdain du Hommet, évèque de Lisieux. Le P. Dumonstier s'est trompé, en assurant que cet érèque avait établi le monastère sur son propre patrimoine. Une charte de GuiUaum&-le-Gonqnérant confirme la baronnie de Nouant k l'évèque de Lisieux, qui la t^ nait de ses prédécesseurs. Ainsi, dès le xi* siècle, cette baronnie appartenait à l'éTÔque de Lisieux, et, oonséquemment , c'est sur le patrimoine de son siège, et non sur celui de sa famiUe, que Jourdain du Hommet fonda l'abbaye de Hondaye. Elle était sous l'invocation de saint Martin, et comptait saint Louis au nombre de ses bienfaiteurs. — Ordre de Prémontré; taxe en cour de Rome, 24 florins; revenu, U,000 livres.
Pcrionnats.
A mesure que j'avance dans cette statistique, je sens de plus en plus que, malgré tous mes efforts, il me sera difficile, impossible peut-être, d'arriver à une exactitude rigoureuse. J'ai eu quelquefois à débrouiller des documents très -confus; souvent aussi il m'a fallu choisir entre des renseignements contradictCHres, et un tel ctioix est toujours périlleux. Je ferai d'abord observer que la classification de certains établissements laisse beaucoup à l'arbitraire. Ainsi, ce que l'un appelle prieuré, l'autre l'appellera chapelle, et un troisième, personnat.
Les chapelles généralement désignées sous le nom de penonnaii étaient , dans notre diocèse :
INTRODUCTION. LXIX
Brunyille , sur la paroisse de Saint-Loup-Hors , faubourg de Bayeux ;
. Cully« sur la paroisse du même nom , qui faisait partie du doyenné de Haltot ;
Manerbe , autrement la Madeleine , situé, d'après Hermant, sur la paroisse de Saint-Ouen-le-Pin, voisine de Manerbe , exemption de Cambremer ;
Ryes , autrement Jehannet ou Joubannet , dans la paroisse de Ryes, au doyenné de CreuUy ;
Saint -Clair, dans la paroisse du même nom, au doyenné de Couvains ;
Fontenay, sur la paroisse de Saint-Aubin, à Fontenay-le-Pesnel. Je Tai mis, d'après Tabbé Delarue, au rang des prieurés.
Aux termes du droit, le caractère distinctif du personnat était de conférer a la personne qui possédait ce bénéfice, une prérogative , une prééminence, soit à l'église , soit dans un chapitre, mais sans aucune juridiction. D'après Hermant et la <;arte de l'abbé Petite, cette notion n'est point applicable aux personnats dont il est ici question; un ministère pastoral y était attaché : ces bénéfices étaient donc des espèces de cures.
Remarquons ensuite que la séquestration des LépraMnek lépreux donna naissance à une multitude d'établissements appelés ladreries ou maladreries , qui avaient tous un caractère religieux. Quand la lèpre eut disparu de nos contrées , plusieurs de ces hospices devinrent des bénéfices simples, et furent désignés tantôt sous le nom de prieurés , tantôt sous celui de chapelles. Le prieuré de Pierre-Solain , au Manoir, était primitivement une léproserie, comme
LXX lîîTBODUCTION*.
le prouve une charte de 1286. La chapelle de la Madeleine, à Cussy (Vaucelles) ; la chapelle Sainte- Anne , à Tour ; celles du Nombril-Dieu et de Saint- Tbomas-r Abattu , à Caen, avaient la même origine. Aux léproseries de Caen , de Bayeux , de Vire et de Troarn, il faut ajouter celles de Juaye, sous Tinvocation de saint Barthélémy, Port-en-Bessin , la Graverie, Mosles, Étrehara, Maisy, Thorigny, Planquery, Cahagnolles, Septvents, sous Tinvocation' de sainte Radegonde , Hottot-les-Bagues , Cagny et Pierrefitte. La chapelle au ladre de Pierrefitte-en- Cinglais était dédiée a sainte Marie-Madeleine. On a trouvé dernièrement deux squelettes dans le voisinage de ses débris. Les plans parcellaires du cadastre révèlent encore l'existence de plusieurs autres léproseries, notamment àLittry, à Bricqueville, à Cartigny, à Isigny, k Graye, à Castillon , etc.
Quoique les lépreux fussent considérés comme morts civilement, et qu'ils ne pussent ni tester, ni hériter, ni rien aliéner, on leur laissait l'usufruit de leurs biens, quand ils en possédaient; mais un grand nombre d'entre eux étaient indigents : il fallait donc que la charité pourvût à leur subsistance. Ils vivaient du produit des biens assignés à leurs établissements, ou des fonds que la commune faisait pour leur entretien, ou des aumônes que Ton recueillait pour eux. Les souverains et les particuliers rivalisèrent de générosité envers les léproseries. La maladie que Ton y soignait, avait, aux yeux des peuples, un caractère sacré, qui inspirait à la fois la terreur et la compassion. Nous verrons que Guillaume-le-Conquéranl avait fondé, à l'hospice
non laiéei.
IMRODUCTION. LXXI
de Saint-Nicolas-de-la-Chesnaye , vingt portions ou prébendes pour autant de malades. Eudes de Yassy autorisa, en 1213, le chapelain de la léproserie de Juaye à prélever tous les ans, au profit des lépreux, iiuit setiers d'orge, sur le moulin qu*il possédait dans cette commune. La léproserie de Neuville, qui était située près d'une route , à Feutrée de la ville de Vire, avait droit d'écuage sur toutes les voitures chargées de grains qui passaient près de l'hospice. Ce droit consistait à puiser dans chaque sac la quantité de grain que pouvait contenir une écuelle ; dans l'origine, c'était la capacité des deux mains réunies qui servait de mesure.
Les chapelles proprement dites dont j'ai repro- cbipeiici dnit ci-dessus la nomenclature , étaient comprises , au îviii' siècle, dans le dénombrement oi&ciel des bénéfices du diocèse , et couchées sur le rôle des déchnes, comme on disait alors. Après avoir inutilement interrogé la tradition locale , j'ai dû me borner quelquefois à transcrire leurs noms, en les rattachant aux doyennés dont elles dépendaient. La carte de l'abbé Petite et celle de l'abbé Outhier n'indiquent pas toujours d'une manière précise le lieu où elles étaient situées. Quant aux autres chapelles, qui n'étaient point soumises à la taxe , on essaierait en vain d'en dresser un catalogue exact. Ce que Huet déclarait impossible en 1702, pour les chapelles de Caen , l'est aujourd'hui à plus forte raison pour les chapelles rurales.
Il y aurait d'abord à rechercher celles que le temps a détruites, ou dont il ne reste que des débris; par exemple : la chapelle du Reclus, située à Caen,
LXXII INTRODUCTION
sur le territoire de Sainte -Paix. Huet la décrit comme ayant dû former une espèce de monastère ; la chapelle accolée au chevet de Téglise d'Évrecy, et dont les ruines, mêlées au paysage, sont d'un eflfet si pittoresque; — celles que le temps a épargnées, telles que : la chapelle de Saint-Clair, à Banneville-sur-Ajon (doyenné deVillers); la chapelle de Saint-Roch , à Saint-Marc-d'Ouilly ( ancien doye»né de Condé, aujourd'hui canton d'Harcourt). — Il faudrait mentionner ensuite celles qui furent dédiées avec le titre de chapelles, etplus tard transformées en paroisses : je puis citer Saint-Ursin-d'Épron et Saint- Clair-d'Hérouville (doyenné de Douvres), érigées en paroisses au xv® siècle. — Quelques-unes étaient considérées comme annexes de l'église principale : c'est ainsi que Saint -Jacques -de -Verrières et Trotteval (doyenné de Vaucelles) servaient l'une et l'autre de succursales à Saint-Martin-de-Fontenay. La chapelle Notre-Dame , au hameau de Colleville (doyenné de Fontenay), dépendait au même titre de la paroisse de Mondrain ville. — Une autre catégorie comprendrait les chapelles affectées au service religieux d'un château , depuis la chapelle Sainte-Catherine, fondée par saint Regnobert, dans le château de Noron ( doyenné de Campigny) , jusqu'à la chapelle Notre-Dame , fondée en ^ 735 , a Christot , par M. de Tontuit, dans son château du Hamel (doyenné de Fontenay).
Il en est auxquelles sont attachés des souvenirs historiques précieux à conserver.
Dans le vallon qui sépare la paroisse de la Ferrière-Hçirang de celle de Carville, k quatre kilomè-
INTRODUCTION. LXXIÏI
très nord-ouest de Bény-Bocage , on trouve Tancienne chapelle de Souleuvre, fondée, dit-on, ou SùÊkmwn, du moins visitée par saint Bernard. On n'a pas oublié que les vaux de Souleuvre avaient possédé quelque temps un monastère de Citeaux, qui ftit depuis transféré au Yal-Richer. Les terres qui dépendaient de la chapelle, ont été aliénées ; TédiGce lui-même, assez insignifiant , a été converti en pressoir ;
La chapelle de Saint-Louis-des-Essarts , à la Ba- samt-Loaii-de*zoque, fondée par Louis Thézard, un de nos ^""'" évèques, dans le château de sa famille, est un témoignage de sa piété, et rappelle le lieu de sa naissance.
Nommer le château de Briquessard (Livry), c'est Briq«emrd. évoquer un des souvenirs les plus retentissants de notre histoire féodale. C'était là que, derrière une double enceinte de fossés et de palissades, s'élevait la forteresse d'un de ces fameux barons qui se liguèrent, en 1047, contre le duc de Normandie. Dans la cour centrale du château , on voit une chapelle , aujourd'hui abandonnée , dont la construction pami remonter au xvi* siècle, peut-être au xv% mais qui vraisemblablement a succédé à une autre plus ancienne. Elle était dédiée à sainte Apolline.
Grimoult du Plessis mourut misérablement en prison après la bataille du Val-des-Dunes ; mais un genre de mort aussi vulgaire a été rejeté par le peuple, comme indigne d'une telle renommée. Les uns affirment que Guillaume fit pendre le vaincu à la porte de son château ; d'autres, qu'il le fit écorcher vif. Il existait autrefois, sur la bruyère de Montchauvet, une chapelle expiatoire que l'on supposait bâtie
LXX4V INTRODUCTION
à Tendroit même où cet acte de cruauté aurait été cornod. accompli. Elle s'appelait la chapelle au Cornud ou Corps-^u; elle était dédiée à saint Matthieu. Son nom doit-il s'expliquer par l'origine qu'on lui attribue? On serait tenté de le croire, mais on ne saurait le dire positivement. Ce qui est certain ^ c'est que ce lieu , sanctifié par la religion , a été le théâtre de quelque désastre ; car les fouilles qu'on y a récemment pratiquées, ont fait découyrir une grande quantité d'ossements humains. La chapelle est aujourd'hui remplacée par un élégant belvéder.
Dans la paroisse d'Esson (Cinglais), sur le plateau d'une éminence escarpée , est une chapelle dédiée Bonnc-NoBTanc. à Notre-Damo, sous le titre de Bonne-Nouvelle, et dont certaines traditions rattachent également l'origine à la défaite du baron de Grimoult. D'autres Tattribuent à Jean-sans-Terre, qui l'aurait fondée vers 1212, après avoir reçu l'absolution du pape. Il dut même y ajouter un hôpital de lépreux, dont on montre la place au hameau de la Maladrerie, à l'extrémité nord de la paroisse. Sans admettre ni rejeter ces traditions, nous dirons, avec M. F. Vaultier, que le titre de Bonne-Nouvelle , commun à plusieurs fondations religieuses, est peut-être une allusion à la bonne nouvelle par excellence, c'est-àdire, à l'Évangile ou à l'Annonciation. Cette dernière hypothèse est d'autant plus probable que la fête principale de la chapelle était fixée anciennement au 25 mars. Ce jour-là, des centaines de pèlerins gravissaient la montagne. Un représentant du peuple, en mission dans le Calvados, fit raser le pieux édifice à l'époque de la révolution. Il a été rebâti
INTRODUCTION. LXXV
en 4803 et en 1820 ; le pèlerinage n'a rien perdu de sa célébrité.
Les lieux de pèlerinage et de dévotion forment un groupe d'établissements religieux qui méritent une attention particulière. J'ai parlé ailleurs de la Délivrande , à côté de laquelle on voit que Bonne- Nouvelle occupait un rang distingué. Les autres pèlerinages les plus célèbres de notre ancien diocèse étaient :
L'église bâtie, à Bayeux, sur le tombeau de saint saint-Eiupèn. Exupère, et où furent inhumés après lui la plupart des saints pontifes qui occupèrent son siège jusqu'au IX* siècle. Leurs sépultures ont toujours été, dans la contrée, l'objet d'une grande vénération ;
L'oratoire bâti sur le lieu où l'on trouva les corps saintRaTen de saint Raven et de saint Rasiphe, dans la paroisse ^^^^^ ^ de Saint-Vaast ; on y allait, et l'on s'y rend encore, pour demander à Dieu l'abondance des fruits de la terre, par l'intercession des deux martyrs. Cette chapelle est classée parmi celles du doyenné de Fontenay-le-Pesnel ; en voici la raison : il y avait anciennement à Saint-Vaast une chapelle du titre de Saint-Marc , située dans le bois du château , et dont la place fut retrouvée en 1773. La chapelle de Saint-Raven et Saint-Rasiphe ayant été rebâtie en 1782, comme elle n'était pas érigée en titre de bénéfice, on y transporta celui de Saint-Marc , qui fut ainsi réuni à la cure ;
La chapelle de Saint-Gerbold, à Ver (doyenné de saîni ccrboid. Creully). Elle était située au lieu même où aborda le saint évèque , après avoir été miraculeusement sauvé des flots ; les Prolestants la ravagèrent en
LXXVI INTRODUCTION
4562 ; plus tard elle fut ruinée par un incendie. II existait aussi à Englesqueville un pèlerinage en rbonneur de saint Gerbold;
saiousoipice. La ctiapelle de Saint-Sulpice , à Livry ( doyenné de Villers). Elle fut bâtie dans un lieu appelé le Val-Sadnt, où Ton trouva le corps du pontife, massacré par les Danois en 844. Simon, abbé de Chelles , déroba les reliques au i"" siècle ; la chapelle continua néanmoins d'être visitée comme un lieu de dévotion ;
sainuThomaa. La chapello do Saint -Thomas- de -Cantorbéry, à Gommes (doyenné de Campigny). Le nom seul de Saint-Thomas est resté attaché à remplacement où elle existait jadis , et aux lieux circonvoisins. On ignore le but religieux de ce pèlerinage ; mais on sait que les moines de T abbaye de Longues se glorifiaient de posséder la ceinture du saint archevêque» et que les femmes dont les couches étaient laborieuses, se la faisaient apporter pour se procurer une heureuse délivrance. La chapelle de Saint-Thomas existait encore au xviii* siècle ;
saint-Maitr. La chapello de Saint-Marc et de Saint -Nicolas, à deux kilomètres de relise du Plessis-Grimoult (doyenné de Vire). Ce pèlerinage était autrefois très-fréquentè ; il y reste encore un autel et des statues mutilées. On y va prier le jour Saint-Marc, quoique le culte n'y soit plus célébré ;
saini-Roch. La chapclle de Saint-Roch, à Vire, dans les monts de Vaudry. Elle fut fondée en 1642 par Suzanne Deslandes, à l'occasion d'une peste qui ravageait le pays. La fondatrice y attacha un chapelain et cinquante livres de rente. La chapelle ,
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abandonnée et ruinée k la révolution, a été rétablie il y a peu d'années.
C'était aussi un lieu de pèlerinage que la chapelle de Saint-Marc d'Ouilly, dédiée à saint Roch. Le lundi de la Pentecôte, les paroisses voisines y venaient processionnellement implorer la protection du saint contre les maladies contagieuses ;
La chapelle de Saint-Hubert , sur la paroisse de saim-HAbert. Saint-Vigor-des-Mézerets (doyenné de Vire), On y invoquait saint Hubert pour la rage ; il y avait une octave de sermons , à l'occasion de la fête anniversaire, que l'on y célébrait le lundi de la Pentecôte. Saint Laurent était invoqué, dans la même paroisse, saintuarent. pour la maladie appelée vulgairement feu Saint- Laurent , et que la science désigne sous le nom de zona ;
La chapelle de Sainle-Radegonde, dans la paroisse s«^R«def«»iide. de Clairefougère (doyenné de Condé-sur-Noireau). On dit qu'elle avait été bâtie en mémoire de la bataille de Tinchebray, et sur le lieu même où elle fut livrée, en 1 106. Sainte Radegonde était invoquée pour la gale. Les pèlerins répandaient de l'avoine sur le sol de la chapelle en manière d'offrande. Cette chapelle ne fait plus partie de notre diocèse, et le culte n'y est plus célébré ; cependant on nous assure que Ton y voit encore des pèlerins. C'est un fait digne de remarque, que cette puissance des traditions religieuses qui conduit les hommes de nos jours au pied d'un autel en ruines, devant lequel leurs pères ont prié. On pourrait en citer d^autres exemples.
3lommons encore , parce qu'ils sont anciens, le