CHAPITRE XI
commencée? Qui ne sait que le ministère Laflîtte est tombé en menaçant l'Autriche: et que vous, au contraire, vous n'êtes montés au pouvoir que dédaignés et menacés par elle? L'évacuation des États-Romains, vous l'avez demandée au mois de mars, et obtenue au mois de juillet, c'està-dire après le supplice de Menotti et de ses compagnons, après le rétablissement de Marie-Louise à Parme, après l'occupation brutale de Ferrare, après la convention d'Ancône, après les confiscations, les proscriptions, les emprisonnements, lorsqire l'Autriche en un mot n'avait plus rien à faire en Italie ! Vous avez ainsi, et sans parler du côté odieux de cette tolérance, consacré vous-mêmes la domination de l'Autriche sur la péninsule italique, domination jugée de tout temps si contraire aux intérêts français, domination que durant trois cents ans nos pères ont combattue, et qui, en 1629, faisait courir aux armes jusqu'au faible Louis XIII. Faut-il vous suivre en Belgique? Une s'agissait pas de la conquérir, il s'agissait de l'accepter. Et certes, notre folie a été grande de faire violence auxBelges pour les empêcher de disposer d'eux-mêmes en notre faveur. Mais, dites-vous, l'Angleterre nous aurait retiré son amitié. Si elle met un tel prix à son amitié, sa haine nous serait moins funeste. Vous, cependant, vous avez abandonné la Belgique, et vous l'avez abandonnée en l'irritant. Que le prince Léopold soit sujet de l'Angleterre, ce n'est pas ce qui nous afflige. Mais son élection a eu cela d'incontestablement funeste qu'elle a démontré la supériorité de la diplomatie britannique, et forcé les Belges à ne plus croire ni à notre habileté ni à notre prépondérance. Voilà le mal. Les suites, on les peut déjà prédire. Les Anglais viennent d'acquérir au nord de nos frontières une tête de
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pont pour la guerre : cl puis. Birmingham, Manchester sont à nos portes. On nous promet, il est vrai, que les forteresses jadis ('levées contre nous seront démolies. Démolies? quand il nous était si avantageux de les laisser debout en les faisant nôtres! Au surplus, le comte (lie) ;i réfuté, sur ce point, le discours de la couronne : réfutez donc les explications offensantes du comte Grey. Pour ce qui est de la Pologne, était-il possible, oui ou non, de la secourir autrement que les armes à la main? Vous avez offert votre médiation : a-t-elle été acceptée? Voilà ce qu'il fallait nous apprendre. Chose étrange! vous avez consenti à faire partie d'un congrès pour terminer un conflit resserré entre la Belgique et la Hollande, et vous n'avez pas su provoquer un congrès pour substituer les négociations à une guerre affreuse . Pourquoi une Conférence après l'insurrection de Bruxelles? Pourquoi pas une Conférence après l'insurrection de Varsovie? Serait-ce que. dans le premier cas, la ligue se formait contre nous, tandis que. dans le second, elle se serait formée contre la Russie? Encore si vous aviez reconnu la nationalité polonaise! Car, à moins que la France, gouvernée par vous, ne soit tout-à-coup devenue la risée des nations, nous devons admettre qu'il y a quelque autorité dans son vouloir, énergiquement manifesté. Quel effet n'auraient pas produit dans la Lithuanie. dans la Volhynie. dans la Podolie, dans la Gallicie, dans la Hongrie, ces mots solennellement prononcés par la France : nous reconnaissons la nationalité polonaise! Il n'était donc pas nécessaire, pour sauver un peuple ami, de donner quatre cents lieues à parcourir à nos armées. Et quant à la crainte de pousser dans la mêlée l'Autriche et la Prusse, cette crainte eût été sans