CHAPITRE XII
.< jowski, chargeons du commandement celui qui aura le « plus de foi dans notre cause, et ne donnons pas par un « trait de plume un démenti solennel à nos protesta- « tions. » Le palatin Ostrowski appuie cette motion, et il ajoute : « Il faut armer les habitants de Varsovie, et « nous présenter avec eux sur les remparts. Nous tien- « drons l'ennemi en respect jusqu'à ce que nous ayons « entouré la ville de retranchements, ce qui pourra se « faire cette nuit même. » Le général Prondzynski demande alors la parole; mais on refuse de l'entendre, et le maréchal de la Diète, Ostrowski, déclare qu'il lèvera plutôt la séance et quittera le fauteuil. Szaniecki s'écrie aussitôt : « Sortons de Varsovie, quand les Russes y entre- « ront. Allons chercher dans notre pays une autre capi- « taie, et si toutes nos villes sont occupées par l'ennemi, « dispersons-nous dans le monde plutôt que de nous « déshonorer. » Un vieillard se présente à la tribune : « C'est la dernière fois, dit-il, que je prends la parole, et « je finirai sans doute en Sibérie; mais j'ai l'espoir que « toutes les provinces de l'empire russe se soulèveront. « Moi , vieillard, je ne verrai pasce temps ; vous, messieurs, « qui êtes encore jeunes, gravez bien dans votre cœur que « la Pologne ne doit avoir d'autres limites que le Dnié- « per et la Dwina. » Godebski, Zienkowicz et Lelewel combattent avec énergie toute transaction. Un aide-decamp de Krukowiecki entre dans la salle et vient rappeler à l'assemblée qu'il est une heure. La Diète continue sa délibération. Wolowski presse, conjure ses collègues de quitter la capitale pour le salut de la Pologne, et d'accorder aux présidents des deux Chambres le droit de convoquer la Diète dans tel lieu de l'Europe qu'ils jugeront
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convenable. Pendant ce temps, C.odebski a rédige des proclamations bridantes qu'il lit à rassemblée, la priant d'ajourner les délibérations et de marcher à l'ennemi. Tout-à-coup le bruit du canon d'alarme fait trembler les vitres du palais. C'est le signal de l'assaut. Tous les nonces se lèvent et poussent ensemble ce cri terrible : Aux remparts! aux remparts!
Le combat venait de s'engager par une canonnade où les Russes apportaient la supériorité numérique de leurs canons, et les Polonais la supériorité de leurs pointeurs. 350 pièces tonnaient à la fois. Pour faciliter la principale attaque dirigée par les corps de Kreutz et de Pahlen contre le faubourg de Czyste, Muravieff reçut ordre de marcher sur Uminski qui tenait la gauche des Polonais, du côté des barrières de Jérusalem. La batterie 73 du colonel Przedpelski. placée sur une lunette saillante, prenait d'écharpe l'artillerie russe qui battait Czyste, démontait les pièces ennemies et emportait tout dans ses volées. Muravieff veut forcer cette artillerie d'abandonner sa position. Deux colonnes d'infanterie, que le général Wit commande en personne, s'avancent sur les deux flancs delà chaussée de Raszyn qui mène à la porte de Jérusalem. Les grenadiers polonais, sans attendre l'ennemi, se précipitent sur les colonnes déjà rompues par la mitraille et en font un grand carnage. Comme elles se rallient, Uminski les fait charger de flanc par les lanciers bleus et les escadrons de Sandomir, qui les rejettent sur leurs batteries. Mais une brigade de cavalerie de la garde russe accourt les dégager et repousse les Polonais jusqu'à leurs lignes, où elle se laisse emporter imprudemment. Les feux polonais l'écrasent, et il ne reste de deux régiments russes que