‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 11 sur 220 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

D'un autre côté, le roi s'était laissé insensiblement détacher de l'alliance anglaise par les adroites flatteries de M. de Metternich . Le vieux courtisan autrichien ne cessait de dire que Louis-Philippe était le plus grand homme qui eût. depuis bien long-temps, occupé le trône; que sa gloire était dans sa sagesse; que sa force lui venait de son amour invariable pour la paix et de cet illustre entêtement auquel l'Europe monarchique devait son repos. Quelque manifeste que fût le piège. Louis-Philippe ne sut pas s'en garantir. Il ouvrit une oreille complaisante à des flatteries d'autant plus douces pour lui qu'elles venaient de loin et semblaient lui être apportées par le souille de la lienommée. Il s'enivra de l'espoir de prendre rang parmi tant de rois qui jusqu'alors avaient afl'ecté de ne voir dans les princes de la maison d'Orléans que des artisans de troubles, des ambitieux descendus jusqu'au carrefour, des protèges de la populace. Il se nul du génie, enfin, sur la loi de ceux qui avaient besoin de l'attirer à leur politique : résultai digne de remarque, le roi se piquant de posséder au plus haut degré la connaissance des hommes, et supposant volontiers dans les actions humaines l'artifice ei le calcul.

M. Thiers. lui aussi, fut pris au piège des cajoleries. A peine ministre des affaires étrangères, il s'était vu recherché par les grands personnages, donl les familières caresses gonflaient sa fierté plébéienne. L'aristocratie européenne se plaçait presque sous sa protection,* le voulant pour jouet . Ainsi avait-elle agi à l'égard de M. de Talley-

rand. réputation factice qui fui un de nos malheurs. On

entourait doue M. i hiers, on l'encourageai! : quelle gloire si. par bu. ministre encore si jeune, le repos de l'Europe v. 3

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