CHAPITRE
liant à une des personnes qui l'entouraient des indications secrètes et redoutables.
Vint l'heure suprême. La gangrène montait des entrailles vers la tète : les secours de l'Église furent apportés, et l'on récita les prières des agonisants. Le nombre des visiteurs de marque était considérable, et nul obstacle n'était mis à leur admission, la ducbesse de Dino ayant intérêt à ce que les derniers moments du prince fussent entourés d'une publicité solennelle et incontestable <>r. parmi les personnages présents, quelle diversité de sentiments, de préoccupations, de discours! Quelques-uns s'affligeaient de l'appareil catholique de cette mort •. la plupart y puisaient au contraire des motifs de consolation, et, cuire autres, le duc de Noaillcs. M"" de Castellone. Beaucoup songeaient aux révélations curieuses qu'allait sans doute laisser après lui un homme qui avait
passé un demi-siècle dans les coulisses de l'histoire : ils
ignoraient que ses Mémoires^ déposés en Angleterre, ne devaient être ouverts, conformément à sa volonté, qu'au boul de trente ans.
Vers quatre heures du soir, on s'aperçut qu'il ne lui restait plus que quelques minutes à vivre. Il avait néanmoins toute sa connaissance et paraissait attentif aux prières. En entendant prononcer les noms de ses patrons, Charles, archevêque de Milan, et Maurice, martyr, il ajouta d'une voix faible: Ayez pitié de moi! Enfin, comme l'abbé Dupanloup lui rapportai! ces mots de l'archevêque de Paris : « Pour M. de Talleyrand je donnerais » ma vie. — Il aurait un meilleur usage à en faire, répon » dit-il. » El il expira.
Rien ne devait manquer à la pompe officielle d 9