CHAPITRE XI
pour les racheter, 100 francs, c'est-à-dire un capital supérieur à celui qui est entré dans ses caisses. D'où résulte dans la dette publique une augmentation de capital.
Ainsi, la dette se compose de deux choses qu'il importe de ne pas confondre : le capital et l'intérêt. 11 peut arriver que parallèlement au premier, qui s'accroît, le second diminue. Et c'est même là le résultat nécessaire de toute conversion au-dessous du pair '.
Tels étaient les deux modes mis en présence. Ce fut sur leur valeur comparative que porta la discussion presque lout entière: et parmi ceux qui combattirent le second, nul ne le fit avec plus de puissance que M. (iarnier-Pagès. Jusqu'alors on l'avait cru étranger à l'aride science des chiffres, et la surprise vint s'ajouter à l'impression profonde que produisit son éloquence, aussi vive que substantielle, et entraînante quoique austère il rappela d'abord que l'amortissement était une caisse alimentée par l'impôt et créée pour éteindre par des rachats successifs de rentes.
1 Pom llxer les Idées de ceux qui ne ^nnt pas habitués au langage financier, supposons que l'État émette cinq rentes de ."! fr. C'est ri. mine s'il l'obligeait à payer aux préteurs nouveau! nne somme annuelle d'intérêts
nattant a 15 fr. Or, m tesrcntes -\ [mur n;u -r \ciulcni ;i la t: >c 80 fr.,
l'État, poui les cinq rentes émises, aura reçu cinq fois 80 fr. ou iOO fr., qui lui serviront à éteindre au pair quatre rentes de 5 fr., ou, en d'autres termes, a u décharger de l'obligation de payer annuellement aux prêteurs i - une somme d'intérêts montant a 20 fr.
Bénéfice ou I nlérël annuel : .'> fr.
Hais si, plus lard, I but qu il i mbourse tecapltal des cinq rentes de
lf>.,r.e] \.-in! ii rembourser qu'au pair, i ■'■■ en offrant 100 fr.
par tente, il di vra donnei i00 fr., au lieu de 100 fr. qu'il aura reçus:
Parte bui h capital : 100 fr.
De sorte qui l'opérai aura eu ce double effet de diminuer la dette
quant atn Intérêts a servir, et di l'augmenter quant au capital à rembour-
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le capital <1«- la dette publique. <>r. augmenter par une conversion au-dessous du pair un capital que l'amortissement avait précisément pour nul »1<' diminuer, c'était —i 1 1 % ;i ut l'orateur républicain, raire une opération insensée, puisque c était enlever aux contribuables d'une main beaucoup plus qu'on ne leui rendait de l'autre. \u lieu de cela, M. Garnier-Pagès proposait de convertir au pair, par l'émission d'une rente qui pût être vendue 100 francs, c'està-dire par l émission du i pour 0 0
Hais si ce système i tait le plus simple, s'il avait l'avanie réduire l'intérêt <!<• la dette sans en augmenter le capital : -il allégeait les charges du présent et n'empiétait point sur l'avenir, n'oflrait-il pas en revanche un grave dangei I est ce que fil ressortir avec beaucoup de force et il autorité un financier célèbre, M Jacques i affltte. Que 1 1 t. ii. disait-il, propose aux rentiers de les rembourser, il en a le droit assurément, mai- il a le plus pressant inté i . i .i ce que ses créanciers actuels demeurent dans la rente en subissant la conversion Quel embarras en effet pour le trésor, si, chassés tumultueusement de la Bourse, les rentiers se déi nia uni tous pour le remboursement ! Pressé, .n . ablé. 1 1 lai serait il en mesure de raire race i toutes les demandes? Mon, bien évidemment m alors quelles cli -m- ' quelle panique ! Une pareille crise pouvait devenir terrible, et i était le comble de l'imprudence que de l 'affrontai H Jacques Laffllte concluait de là que, tout en réduisant les rentes, il rallail ménager à leurs Murs un attrait qui les portai a préférei la convw lion au remboursement 1 1 cet attrait, il le trouvait dans
l'cmisai lu t l/S poui 100 à 83 francs 33, parce que,
dans ce système, les rentiers avaient poui se consoler de