‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 120 sur 220 · CHAPITRE SI · texte numérisé non relu

CHAPITRE SI

la diminution de leur revenu, l'espoir de gagner un jour sur le capital, tandis que la conversion au pair leur imposait une perte sans compensation *.

Les deux camps une fois dessinés, chacun courut à celui où l'appelaient ses instincts, ses intérêts, ses prédilections personnelles: mais bientôt la mêlée parlementaire devint si confuse, et de si épaisses ténèbres descendirent sur le champ de bataille, qu'il n'y eut plus moyen de s '\ reconnaître.

Convertissons au pair, disaient les uns avec M. Garnierl'agès: maison leur répondait : Prenez garde ! tous les

' Dans le système soutenu par M. I.aflïttc, le rentier aurait pu dire : « Si j'exige de l'État qu'il me rembourse, je me verrai en possession d'un « capital que j'aurai peut-être de la peine a placer ou que je placerai « mal. Eh bien, l'État m'offre pour un capital de83Cr. 33, une rente d c ;i fr. 1/2, c'est comme s'il m'offrait, pour un capital île ion fr., une « rente de i fr. 2» c. Au lieu de !i fr. que je touche aujourd'hui, je ne « toucherai donc plus que i fr. 20. Mais, en revanche, les rentes 3 1/2 € que je vais posséder, et qui ne valent en ce moment que 83 fr. 33 c. « vaudront davantage dans quelque temps, pni.-que dans les époques île « paix >l île Calme, les rentes tendent toujours à la hausse, surtout t quand elles ne sont pas au-dessus du pair, comme les rentes 5 pour 0/0. « Donc, en me résignant à perdre momentanément quelque chose soi • les intérêts, je me prépare la chance heureuse et presque certaine

« degagnei beaui p sut le capital, quand il me plaira de vendre mes

« rentes. »

Dans le système soutenu par M. Garnier-Pagès, lerentiei se trouvait dans une position bien différente. Car, a la place de sa rente de 5 fr., on

lui en offrail une i ndre el qui avait déjà atteint le pair, or, Il j a deux

raisons [mur que <l- rentes au pan ne BOienl pas susceptibles .lune grande La première, c'est que, pnurdes motifs qu'on verra plus has, il a été interdit à l'amorti menl de les racheter, aussitôt qu'elles ont dépassé le pair ; et l'on sait que le prix d'une marchandise B'élève d intanl moins qu'elles moins d'aehel , I nde, c'est que les rentes qui ont dépasse le niveau du pair se trouvent pat cela seul menacées d'une conversion prochaine, ce qui tend a les disi rédltei

?''• HISTOIRE DE Dl\ O-,

mil uts vont allliHT au tréoar : PopAralioil M'ia impoSsilllc.

ConverUssons au-dessous «lu pair, disaient les autres avec M. Jacques LalDtte; maison leur répondait : Vous augneatea ainsi le capital que l'amortissement esi deeiinr ;i racheter ; et ae royea-vous pas combien il asl ab- Burde de faire perdre à l'Étal par l'amortissement plus qa il ne lugnerail par la oonwerswB? l'opération serait ruineuse

De pai i ci d'autre ou avaH tort . et le tort venait de ce que nul n avait compris qu'avanl d'aborder le probtènM de la conversion, il aur.ni fallu abolir l'amortissement.

i 'amortissement aboli, l'argument tiré de l'augmente.lion du capital tombait de lui-même • ar il importait peu. au point de rue financier, que le capital de la dette publique lut indéfiniment accru, si on le considérait comme nr devant jamais être rai beté < ette augmentation, dèslors, devenait un hrdean purement nommai, et le meilleur systè -"us le rapport exclusif de l'économie à

réaliseï . se pouvait résumer de la soi Le augmentions m ilriiiiuiK'iii te capital de la dette, charge fictive, et réduisons indéfiniment l'intérêt de la dette, charge réelle

Rien, d'ailleurs, n'eûl été plus facile que de prouve) combien l'institution de l'amortissement était onéreuse et insensée ' « est ce que sentait parfaitement M i .illiiic

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Lui aussi, il avait cru autrefois aux merveilles tant vantées de l'amortissement ; mais depuis, il était bien revenu

20 million:- de revenu par an ; elle fut portée à 40 millions par la loi du ïimars 1817.

La caisse devait, au moyen de cette somme, racheter successivement les rentes, au cours de la liourse ; mais les rentes rachetées ne devaient pas être annulées.. Jusqu'à ce. qu'il en Eut autrement décidé par la législature , elles devaient être payées par l'État à l'amortissement et s'ajouter à sa dotation.

L'idée de l'amortissement reposait sur la théorie des intérêts composés, i i -l-a-dire des intérêts qui, s 'accumulant iliaque année pour être ajoutés .m principal, portent eux-mêmes intérêt pour les années suivantes : théorie merveilleuse au premier abord, puisque avec une dotation de un pour (i/o par an, successivement accrue des intérêts du capital cacheté, une dette en à peur 0/0 se trouve éteinte, pai des rachats au pair, dans l'espace de trente-six ans! Aussi le docteur Priée n'avait- I pas eu beaucoup de peine à séduire les espnts par la magie d'une semblable arithmétique. Mais, poiu que ces beaux calculs n'eussent pas été une source de déceptions, il aurait fallu que, tandis qu'on amortissait d'une main, on h • ut pas été obligé d'emprunter de l'autre. Or, c'était justement là ce qui devait arriver en France.

Voici a quoi se réduit ce mécanisme tant vanté :

I ne crise éclate. L'État est place sous le coup de circonstances critiques. il emprunte en rentes & pour 0/0. Poui chaquerentede 5 fr. qu'il émettra,

i! Bera censé avoir reçu 100 fr. et se icionnaitra détnleui 'de cette miuiiiic.

En réalité, cependant, combien aura-t-il touche? Pas plus de 52 fr., peutétre. U resti Bera tombé dans la bourse des banquiers entremetteurs de l'emprunt Mais la crise se dissipe, la confiance renaît, le cours des rentes l m 01 lissement, qui racle-le au priv de s;1 ou s ! h. les rentes i"iur lesquelles l'Étal n'en avait reçu que 52. Qu'imaginer de plua ruineux, de plus absurde qu'oie pareille combinaison? Or, il n'j a dans ce que nous venons dédire: nous n'avons faii que cacontei l'histoire de 1847..

Depuis 1810 Jusqu'à lu un de 1822, le Irésoi a emprunté i,''i.',is.t, t:ion., pendant qu'il employait à l'amortissement des rentes, i,."ii,io.',.,:tt ir. Qn on calcule loul |u'un b i mécanisme a du • oûtei a I État '.

En J 82a, pourtant, on avaM commencé à comprendre que suivre cette vole, c'eut! marchei vers un i ilplce, <el que l'Étal pourrait bien &

ruiner a I .1 rire dégrevé de la Mite, I ne loi (ut portée qui interdisait

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de son illusion ; et il avait, en matière de finances, tn>i> de sagacité pour ne pas voir que i<' système «les conver-

» r.'imortistemrnt la faculté de racheter an-dessus da pair, c'est-à-dire su-deasus de n«> lr. I et mit. i '• poai 0/0 étalent ;it<»r> au-deasns du pair, ou, en d'antres termes, ellet coûtaient a la Bonne pins de 100 fr. : elles lurent donc soustraites I l'aeUon de l'amortissement. I e bnl du légnueteui était manlfesti poni 0/0 coûtaient trop cher, et II déclarait

qu'il > mirait ruine à les racheu r. Rien de mleui . Mais les n ntes 3 poni

liaient alors 1 si ir., pai conséqui ni au-dessous <\» pair ; et oelles-U,

H était permis ;i l'amortissement de les racheter. Or, là était la folle. Cai

nne rente de :i fr. qu'on ne se i «re qu'au prix de si fr., coûte plus cbei

en réalité qu'une rente de S (r. qu'on obUenl au pi i\ de 1 10, ainsi, pat une Inconséquence ridicule, la lui de is;, défendait à ramortlsscnienl de

les l'i.i - qi talent le humus, en lui laissant Is faculté de

rai hetei celles qui coûtaient le pins! Et cela parce que les premières étalent su-dessus de cette limite de convention qu'on appelle /< pohr, et les - m- dessous ' \u--i. qu'arrlva-l-ll f Que tout l'cflbrt de l'amorUssemenl B'étant porté -m les rentes 3 poni 0/0, elles montèrent .i un prix excessif, en vertu de i.i loi qui (ail qu'une marchandise se Tend d'autant plus cher qu'elle est plus demandée, Cette hausse extraordinaire, qui l'avait produite l 'amot

■ Q ouflralt P L'amortissement.

il i.iiiui mettre un terme à ce mouvement désastreux. En isu.il fui de l'amortissement serait répartie entre In diverses de rente, 1 1 que la portion de u tte dotation s(fa tée an rat haï des rentes ■ poui o o * i ill mise i m ré« rve.

M faire de cette rvef On Imagina de la convertir en bons du

i iK ni roté pout Is rédui Uon de la dette publique recul une loul sntre destination, M' ■ i déblti nr de ■

I, pool le lit" " i. qw tii-i'ii En ISS! et 1834, dh

i n ntes qui vtnali ni de loi être alloui ;j Inserlre au nom de la caisse, en échange des

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