‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 128 sur 220 · JU · texte numérisé non relu

JU

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Mais un bien autre scandale allait être donné, et 1rs meneurs de la bourgeoisie étaient à la veille de Fournir une preuve plus Frappante encore de leur impuissance à régler avec équité, avec sagesse, les intérêts matériels de la France

Ici, nous demandons la permission de nous arrêter un instant. <»u apprécierait mal !<■ caractère des travaux législatifs que nous passons en revue, si l'on ne savait pas quel était alors l'étal moral de la société.

on se rappelle 4 quel degré de Frénésie s'était emporté i agiotage sous la régen< e de Philippe, duc d'Orléans I n jour, tout l'.n i- s était un- a jouer, <'i ce qu'on raconte de l'extravagance publique à cette époqueestà peine croyable. Dans la rue Quincampoix, If dos d'un bossu servait de pupitre aux agioteurs, el pour !<••• disperser, la nuit venue, on était obligé de sonner la cloche. Des Fortunes subites, prodigieuses, s'élevèrent sur la Fraude. Les Mirâtotrea du temps citent tel laquais auquel il arriva <l«- monter, par habitude, derrière son propre carrosse Des princes, des gentilshommes, des ministres, des amis du Régent, Furent vus faisant assaut de cupidité avec des valets, avec des tilles de joie; el < hemillë put dire au duc de Bourbon

pelit-filsdu i-i 1 1 onde, qui lui montrait son portefeuille

pli 'm </ action» ■ routes i es a< Lions n en valent pas deux .li- votre aïeul.

Eh bien, trois ou quatre ans ne s'étaient pas écoulés

depuis la révolu! le 1830, qu'un mouvement aeoi

i il. il île à celui qui déshonora la régence de Philippe, écla

i.ni au sein de la s :té française Celle nation qui avait

presque inventé la chevalerie, qui s'était illustrée à jamais l'.u i ■ os mu'urs, celle nation qu'on avait <

CHANIRE M.

tume de citer pour son esprit, pour sa grâce, pour son désintéressement, pour sa courtoisie si délicate et si Gère, elle se montra tout-à-coup dominée par une classe que tourmentai! une honteuse fièvre d'industrialisme. Pour cette classe tout était devenu objet de trafic. On se pressait, on se heurtait dans les avenuesdes banques. Prendre des actions sans les payer, les vendre, toucher des primes, faire fortune avec la hausse, telle était la folie universelle. tel était le rêve de plusieurs milliers d'hommes éveillés. \n-si. dans l'arène industrielle, une émulation sordide entassait-elle chaque jour débris et victimes. Là, plus de croyances profondes ou exaltées . plus d'élans chevaleresques, plus de poésie dans 1rs actes ou dans les pensées, plus de liassions viriles. Chez les prolétaires, privés de repos, prives d'espérance, une résignation morne et l'envie tempérées toutefois par dès aspirations nobles el une impérissable aptitude aux grandes choses ; mais, audessus, la convoitise, l'impatience du succès, une soif du gain inextinguible el cruelle, l'alliance de la richesse el de l'intrigue dans un bul de spoliation, et, sous le nom d'habileté, la bassesse se glorifiant de ses triomphes. Rien de semblable ne s'était jamais vu dans notre pays. Ce ne furent bientôt plus partout qu'entreprises fondées sur le mensonge. Les faiseurs d'affaires pullulaient. Combiner des infamies lucratives, cela s'appelait avoir des idées. <>n mil en actions des mines imaginaires; on proposa d'exploiter des inventions qui n'en étaient p;is. Nombre d'aventuriers sans pudeur se Grenl paver par la crédulité des

actionnaires, des apports chimériques OU honteusement

exagérés. La fiance fui inondée d'impostures. Mors tes

tribunaux retentirent de plaintes: mais ou eut dit que le

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châtiment même ne servait qu'à répandre la contagion du mal. i»«'jà l«- théâtre s'était emparé il<' ces mœurs, et dans une facétie célèbre intitulée Robert Macaxre, la main (l'un inconnu avait sculpté le type des charlatans en vogue : mais cette pièce, qui tournait, d'ailleurs, ou semblait tourner en ridicule les plus nobles sentiments : la tendresse paternelle, la piété filiale, l'amitié, l'amour .... on dut l'interdire a cause de l'immensité de son succès. Dans le miroir qu'on leur présentait, les coupables s'étaient reconnus sans se faire horreur, et la flétrissure même leur avait été un encouragement.

Voila ce qu'était en France la classe des gros capitalistes, quand la question des < heminsde Fer vint promettre .1 l industrialisme un aliment nouveau

Dans la séance du 15 février i>">s le gouvernement avait soumis aui délibérations de la Chambre un projet

relatif è l'établisse nt d'un vaste réseau de chemins ds

fei i e réseau se serai) composé de neuf li^m-s principales, dont sept auraient lié Paris & la frontière de Belgique, au Havre, a Nantes, a la frontière d'Espagne par Bayonne, ■ roulouse par la région centrale «lu psys, à Marseille pai Lyon, a Strasbourg pai Nancj les deui autres grandes lignes auraient joint Marseille . •■ Bordeaux pai roulouse, .i Bêle par Lyon et Besançon Le développement total eûl été il i/i' cents lieues, el la dépense

présumée de plusd'un milliard routerais, l<- ministère in' proposait pas ' oxé< ution immédiate il une masse aussi considérable de travaux ; il se bornait à demandai l'auto

1 1>. ii n m de travailler, h cela simultané ni . .i la ronfer

lion des lignes qui devaient unii Marseille i Vvignon,et Paris .i i.i frontière Belge, ■> Rouen, i Bordeaux, .i Oi

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