‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 137 sur 220 · CHAPITRE \ll · texte numérisé non relu

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(|ue l'œil se serait fatigué à parcourir, ce n'étaient qu'échafaudages chargés d'hommes et de femmes, que gradins mouvants, des galeries animées; et. partout, des drapeaux, des tentures somptueuses, des couronnes, des banderolles, des guirlandes de fleurs, des sièges de velours, des étoiles, des préparatifs d'illumination, de gigantesques V. R. L'aristocratie del'Europe était à Londres dans la personne île ses plus célèbres représentants : le prince de Ligne, le comte de Strogonoff, les marquis de Brignolleet de Miraflorès, le baron Van derCapellen. Il n'\ avait pas jusqu'au prince de Schwartzemberg qui ne fùl accouru en Angleterre, au risque d'y réveiller le scandale, à peine assoupi, des aventures dont on l'avail fait le héros. \ dix Heures du malin, au bruit des cloches de Sainte- Marguerite, alternant avec celles de l'abbaye de Westminster, il se lit dans une des plus glandes villes du monde un mouvement de foule prodigieux, indescriptible, on eiaii pas cotte multitude de Paris, si impressionnable, si communicative, si chargée de fluide électrique, spirituelle en son enthousiasme, frondeuse jusque dans ses en trainements, el qui. jetée sur la place publique, n'est qu'un homme passionné ayanl de l'esprit; les Anglais que le passage de leur reine attirail par m\ riades. formaient une masse compacte el serrée, mais dans laquelle chaque individu conservail sa physionomie, sa personnalité. Pas d'échanges intellectuels, pas de fusion entre les âmes L'enthousiasme de tous ces hommes s'entassanl l'un sur l'autre sans se confondre avail quelque chose de puissant

el île glacé; une gravité morne perça il dans les transports de leur joie: un commun respect pour la tradition monarchique lormail leur unique lieu, cl leur emolion venail

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.!«■ la hic. non du coeur lii où «les FraiH ;iis seraient allés voir passer mu- femme, les Anglais cooraienl voir passer un s\ mbole,

l n indéfinissable bourdonnemenl salua l'apparition cl le défilé des équipages. IN étaient tous magnifiques, un seul excepté: relui de l'ambassadeur îles fttats-Unis, peuple libre, liais ;i l'aspect d'une certaine voiture ans rebords d'argent, d'un fond bleu, ayant la forme d'une gondole, et montrant, ciselés avec art, des couronnes ducales qui surmontaient deslanternes, une ex| ln*i<>n de hourrahs frénétiques ébranla tout-à-coup les airs. Cette voiture, ht plus brillante de celles dont l'insolence des grands seigneurs du coi lége pouvait m vanter, renfermait un soldat de fortune, le maréchal Soult. Qu'applaudissaitiiii dans lui l taitn >• l'alliance du gouvernement des Tuileriea, ou l'envoyé d'un roi qui devait Aire cher aux \nglais, mi le souvenir d'un grand homme abattu ' Napoléon, en succombant t Waterloo, avait dégagé de toute crainte l .i< h m ki in in de l'Angleterre, et il lui avait imposé le devoir d'être juste, en mourant ■* Sainte Hélène

l accueil lait au maréchal Soult constitua la partie aé rieuse du couronnement de Vv toria. le reste de la céré munir n'ayan! été marqué que par un étalage >\<~ luxe insultant et des pratiques qui sans doute occuperont une large place dans les fastes de l'imbécilité humaine Teti le milieu du jour, in reine mil pied i terre .m\ portes de

l'abbaye de VYeslminstei , où l'attendaient les im s.

désignés d'avance, de son couronnement juges pliant anus le puide de leurs énormes perruques, rois d'armes rouverts d'une longue chemise de drap *l 01 lords tees porcin pi spirituels, pairs et paircases, membres des com

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mimes, et O'Connel en habit de cour! La reine s'était retire pour changer de costume. Elle parut bientôt vêtue d'une robe de velours écarlate fourrée d'hermine, et le front entouré d'un cercle d*or. En même temps s avançaient vers l'autel, placé à quelques pas du trône, les grands conslaliles d'Irlande, d'Ecosse, d'Angleterre, et le vicomte de Melbourne, aune de pied en cap. » Messieurs, dit l'ar- « chevêque de Canierbén . je vous présente Victoria . « reine incontestée de ce royaume. Vous tous qui êtes « venus ici pour lui offrir votre hommage, voulez-vous le « faire?» A cette formule, répétée quatre fois dans quatre directions différentes, les assistants répondirent : Vive la reine! Dieu garde la reine ! Cela lait. et. sur la demande du prélat, la reine donna gracieusement à l'autel une nappe d'or, puis un lingot d'or: car les princes ne sont acceptés par les prêtres qu'à la condition de se conformer à «elle maxime : «< Ne te présente pas les mains vides, dans l;i « maison du Seigneur! » Vinrent la prière, un sermon prêché par l'évoque de Londres, et enfin le serment, dont le formulaire contient cette interrogation significative : « Conservez-vous aux évêques et clergé d'Angleterre el « aux églises ici confiées à leurs soins les droits el privi- « leges qui leur appartiennent ou leur appartiendraient ' « Desdroits du pauvre, pas un nuit Le serment prêté, quatre chevaliers de la Jarretière étcndirenl sur la reine un drap d'or, et l'archevêque de Cantorbéry, après lui avoir oint l.-i tête et les mains, lui adressa gravement quelques paroles mystiques Ce fût alors que la reine déposa sui l'autel une paire d'éperons, et reçut en échange, des mains de l'archevêque, un beau -Mine que lord Melbourne poi lad en entrant el qu'il dut rachèterai] pris de cenl schel-

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lin^'s. Ensuite Mais à <|w>i bon poursuivre W récit do

ras bouffonneries monarchiques ? El pourtant, voilà pw i|in'is moyens on entretient dans I esprit des peuples le respect >lrs races privilégiées el l'adoration impie des couronnes ! Pendant le cérémonial de l'hommage, le comte de Surrey, en sa qualité de trésorier de la reine, avait jeté dans la nel des médailles frappées à l'occasion du couronnement, el aussitôt, se précipitant pour les ramasser, les plus illustres personnages s'en disputèrent la possession, ;iu sein d'une espèce «li- pugilat, honteuse el systématique émulation de Qattei ie

i e jour-là, M tîreen donna au peuple !<• spectacle d'une ascension en ballon. Le soir, les théâtres de Govenl-Garden el de Drury-Lane ouvrirent libéralement leurs portes àlacuriosilé populaire Hyde-Park était comme un immense village de toile: on Fut admis à j applaudir des charlatana 1 1 .1 a enivrer autoui de la Btalued' Achille, dédiée au duc de Wellington. 1 .1 nuit, I ondres se montra splendidement illuminé 1 l, lo lendemain, à la lueur du gazallumédcvanl |i v 1 ouliquoa de Gin . "ii voyait . comme .1 l'ordinaire, rodei pieds nus el rouverU d'effroyables haillons, des fan lûmes au visage livide, au regard éteint, damnés » I « - ce

1 ide dont, seule, l'opulente Angleterre a le pri\ ilége • !• -

1 e péluei la race ; le lendemain, dans les districts où la pauvn lé m trouve refoulée, parquée hideusement h mise hors la loi, dans les immondes ruelle» à l'entrée desquelles la police elle même s'arrête d épouvante old horreur, dans 1rs quartier* de II Aile Chaptl,de Saint-GiUn^ <l«' SAoredieth, de Saint "/" e, il j avait, comme ■< 1 ordinaire, des familles qui. enterrées vivantes nous des las de bois pourri, . roupimanl mm le fumier, tremblaient la fièvre ou alleu

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