CHAPITRE XII
daient avec un désespoir hébété ce genre de mort qu'apporte la l'ai m.
Dans les salons diplomatiques, cependant, on s'entretenait beaucoup de la robe de sa majesté, de ses colliers. de sa. couronne neuve, évaluée deux millions huit cent mille francs, des illuminations féeriques du palais de M. de Strogonoff, de l'habit du prince Esterhazy, surtout, habit phénoménal, dont chaque bouton était un diamant el chaque coulure un fdet de perles fines. On parlait aussi de ce qu'avaient coûté les débauches nocturnes d'un jeune lord, lequel, après avoir [iris part aux divertissements populaires, s'étail fait ramasser ivre dans une voiture qui avait écrasé un passant .
Pour ce qui esl de la presse anglaise, si l'on en excepte les feuilles du dimanche, spécialement destinéesau peuple, sou loyalisme éclata par des extravagances dont n'approchèrent jamais les superstitions du fétichisme. Pour que la postérité ne perdit rien de la journée mémorable qui avait vu mettre une couronne sur la tète d'une enfant, les journaux anglais se publièrent en volumes. Le Sun fui imprimé en lettres d'or, et il contenait un médaillon colossal de la jeune reine.
lie leur cule. les journaux de la Cour, à Paris, insistèrenl sur des pompes qu'ils jugeaient probablement de nature à éblouir les esprits, avec une admiration servile et une affectation de stupeur, ils racontèrent combien de
yeômen marchaient autour de la voiture de cérémonie, el quelle lui. eu ilelail. l'entrée du COrtége dans l'abbaye de
Westminster, et combien de dames traînait après elle
portant la queue de sa robe, sa maji sic \ieloria. el quels
litres paraient les divers personnages à qui était échu
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l'honneur inappréciable de porter les éperons, on l'épèe de merci, ou le calice, ou la patène : comme s'il suffisait île (nui cela pour ranimer dans un pays tel que la notre le i ulic <le> vieilles idoles ?
i ■ gouvernement ne pouvait m fain . à cet égard, illusion sur sou impuissance; mais il n'en mettait que plus il emportement à s'asservir aux intérêts dynastiques. Pour avoir, dans un récit de l'insurrection de Strasbourg, relevé des erreurs historiques, repoussé des calomnies, rendu nommage a la partie glorieuse de I i m| m', parié de Louis Bonaparte avec affection, le lieutenant l.aiu fut traduit devant la Cour des pairs. Que devenait alors la jui \ Michel de Bourges défendit l accusé il un ton rude, fougueusement, mais bien en vain Le hardi jeune homme
paya sa l hure ili\ mille francs et cinq ans de prison.
i ii.ni peu Louis Bonaparte avait quitté I tmérique, il était revenu embrasseï pour la dernière fois >.i mère bmé> rante, il habitait trenenberg i ouis-Philippe a émut d'un l' l voisinage*, >i la Suisse sévit sommée de chasser de son sein le neveu île l'Empereur, un proscrit Uors se reproduisirent le-» fatales si ènes île i 836 i .i Suisse, Midi gnee, demanda m elle Formait un i lai indépendant, ou s il était m. h i|u eue ne lut qu'une provini e françaic Grand-Conseil île rurgovie déclara que le prince Ixmk Bonaparte était citoyen lurgovien. Des ci ia île douleur et
i|i- i|i'srs|,iui srleMienl ilil fond île- ValléeS OÙ I nuis
Philippe, l'ii.v. rit lui aussi, avait autrefois reçu i \>
Me Kl quant à la Diète parlag itre l'horreui d'uni
soumission deshonorante ol la crainte d'attiré) mu la suissi .1 parahles calamités, elle hésitait, elle
ii.ni.
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Mais, pendant ce temps, on se préparait a l'accabler. On agita un corps de 20 à 2ô mille hommes sur les frontières de France: deux bataillons français entrèrent à Gex : l'artillerie de Lyon reçut ordre de se tenir prête au départ ; le général Aymar publia un ordre du jour avec menaces.
D'un autre côté, pour amollir l'élan des populations qu'on touchait ainsi de la pointe de l'épée. que d'insinuations habiles ! (pie de démarches sourdes el détournées, mais pressantes! De la Suisse, des cantons de Vaud et de Genève surtout, étaient sorties un certain nombre de familles qui occupaient alors à Paris la position qu'y avaient occupée au XVIIIe siècle Necker cl son entourage; familles de banque pour la plupart et bien connues : les Delessert, lesOdier, lesOpermann Maudrot, les Keutsch. Or, l'accueil que plusieurs de ces Galle- Helvétiens recevaient aux Tuileries et les facilites qu'ils j trouvaient avaient naturellement noué entre eux et le gouvernement français mille liensde gratitude ou d'intérêt. Aussi. envoyèrent-ils, en i 838, a leurs amis ou parents de Suisse des écrits, missives ou nouvelles, concluant à une soumission prompte. L'avocal Maudrot, de Lausanne, com battit les idées de résistance dont le Nouvelliste vaudou s'était l'ail l'organe, dans une série de lettres qui furent répandues à profusion. Chaque jour, à toute heure, an ivaient de Paris des conseils, des avertissements, îles prières, des confidences : M. Mule avait fail telle déclaration, M Benjamin Delessert tenu tel discours.. . Mais quoi ! Louis-Philippe lui même conseillait aux Suisses, en véritable a un. de céder lorsqu il en était temps encore El à cesobsessions se joignaient celles du com rce lyonnais
HiMiiim: de ih\ o-.
d'origine genevoise, La suisse pourtant .-t\ ait fléchi déjà une fois, el elle sentait que son indépendance était au prix ili' son coures,
\ quel dénoùmenl devaient aboutir de semblables complications? A un dénoùmenl désastreux, peut-être, si, pour le prévenir, l ouis Bonapai le ne se fut décidé à «|ii i t — ter volontairement Vrenenberg. Le •-'<• septembre, il partait pour Londres; le - i août, la duchesse d'Orléans ;i\;iii mis au jour un enfant du sexe masculin : ce lurent deux grands sujets de joie pour la Cour 'les ruileries. Les dynasties se croient si aisément immortelles!
\u reste, la prospérité de la maison d'Orléans avait muni depuis 1830 une progression croissante. Mais on h en pouvait pas dire autant de la France : et . tandis que i.i < oui "H se réjouissait de la naissance du comte de Paris, la nation était à la veille de voir s'accomplir un événement qui la devait remplir de tristesse.
On se rappelle quel avait été sur il urope l'effet de i occupation d'Ancone, et avec quel enthousiasme l Italie mail salué dans le drapeau tricolore une promesse ■! .ii franchissement, un gage de liberté Mais, soumis à une
politique e imie des peuples, les i raoçais d' Vncône fu
renl bientôt forcés de le laire lea auxiliaires du dospo lisme pontifical, qu ils - étaient crus destinés a contenir, Lea espérances des patriotes italiens B'étcignirent; la ii
licrlé disparut, mé de leurs rêves . •> leur enthousiasme
succéda une morne stupeur roulefois, la présence do lu niforme français i tncone n'avait pas entièrement rossé d'être chère à l'Italie Car enfin, i était là, pour I kutri c tir. mu' gène, un affront n puis, des événements
nouveaux ne pouvaient il- pas, d'un instant i l'autre,