CHAPITRE XII
courir dans Paris, mêlé à des accusations terribles, le nom de l'ancien préfet de police. M. Gisquet. On parlait d'actes condamnables commis dans l'exercice des fonctions publiques, on prononçait le mot de concussion, et certains détails dérobés au secret du foyer domestique étaient colportés par la haine, qui. en les répandant, les envenimait. Le Messager, journal du soir, éclata enfin. Dans un article où se trouvaient à demi soulevés des voiles mystérieux, \l Gisquet était désigné comme prévaricateur. Lui, blesse dans ce que l'homme a de pins cher, il résolut de porter devant les tribunaux son honneur déchiré, et de là un procès plein île tristes divulgations. On 5 lut publiquement une lettre dans laquelle M. Gisquet avait raconté lui-même L'histoire de ses passions intimes et les tourments cachés de son cœur. Des témoins nombreux furent entendus, et de leurs dépositions il résulta, non pas que H. Gisquet avail été un magistrat prévaricateur et concussionnaire, mais qu'il avail tiré parti de ses fonctions pour enrichir par des concessions non sérieuses, étrangères à l'intérêt public et nuisibles à des tiers, ses proches, ses ami-., ses employés, une femme qu'il aimait et la mère de cette femme. Un ami de salon, M" Parquin, soutenait le plaignant. M'Mauguin l'accabla. Puis se leva l'avocat-général, M. Plougoulm, austère, inexorable. El il entreprit de prouver, dans son réquisitoire, que M. Gisquet avail manqué à ses devoirs en consultant, pour la distribution de ses faveurs, ses affections personnelles, non le bien de la cité, Il lui imputail d'avoir ouvert les bureaux de la préfecture de police a l'avidité du gain, d'avoir transformé les employésde l'Étal en agents d'affaires, lui opposant l exemple le M Rieublanc, que n'avail pas gagné cette contagion.
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Il frappa d'un blâme foudroyant l'empire subi par suite de liaisons illégitimes, el ce qu'offrait de hideux le Bpectacle d'une mère allant toucher le prix dn déshonneur de sa Bile, il reconnaissait, au reste, dans m Gisquel des qualités précieuses : le courage, l'énergie, un Mai talent d'administrateur; mais il le jugeait dépourvu do sens moral, <•( Unissait par conclure à l'acquittement du Messager en ce qui concernait les attaques dirigées contre le fonctionnaire public, à la condamnation en ce qui louchait les attaques relatives à l'homme privé, la loi contre la diffamation mettant, sm ce dernier point, la vérité même en interdit. Le nu\ s fiant prononcé en sens inverse des > onclusions de l'avoi at-général, le •/- tsagt r ne tut déclaré coupable que sur le rail de diffamation envers un fonctionnaire public, et la cour d'assises appliqua à M. Brindeau, gérant du journal, \o minimum de la peine cent francs d'amende.
\iiini. une foule de causes diverses concouraient k augmenter l ébranlement des esprits actes de corruption orale hardiment dénoncés, royauté prise à partie, réveil du fanatisme religieux, condamnation morale pro noncée pai un fonctionnaire du jour contre un foni Lion nairc de la veille
Voilé sous quels auspices s'ouvrit la session de 1839 De retoui s Paris, mm rhiers el Guizol avaient trouvé la i nalilion debout el pr< te i a confiant e leur revint. Dana le Journal général^ 'l"iii il avait rail une véritable ma
i ii le guerre, H. Duvergîei de Hauranne ne cessait
il'ourouragei les timides, de harcelei 1rs indifférents
\ ii v. ii de mm de Rémusat, Piscalory, i lionne, lau
berl, Dut ii ii' i. vU on eût ajouté volontiers nui la ii-t''
CHAI'ITKE \1I.
de la coalition celui de M. Dupin aine. Mais -lui, tremblant de perdre la présidence de ia Chambre, il se renfermai! dans une réserve obstinée. M. Duvergier de Hauranne. dans le Journal général, le somma hautemenl de se prononcer, le menaça, le poursuivit : tout l'ut inutile. M. Dupin attendait.
Enfin le moment vint <>ù les deux armées en présence allaient se mesurer : le 1' décembre I S.'ÎS eut lieu la lecture du discours de la Couronne, espèce de harangue insignifiante ei vague comme a l'ordinaire, mais qui servait à dessiner le champ de bataille. La coalition eul d'abord le dessous, M. Dupin l'ayanl emporté, grâce à l'appui Mu ministère, sur M Passy, candidat des coalisés pouT la présidence de la Chambre; mais bientôt la chance tourna. Parmi les membres de la commission nommée pour la rédaction du projet d'adresse trois seulement, MM. Debelleyme, de la Pinsonnière et de Jussieu, tenaient pour le ministère ; les autres appartenaient tous à la coalition : c'étaient MM. Thiers, Guizot, Duvergier de Hauranne, Etienne, Mathieu de la Redorte, Passy.
Pour mieux assurer leur triomphe, les six élus de la coalition convinrent de décider entre eux, dans un ion
ci lia bu le par lieu lier, toutes les questions qui devaienl être
traités dans le projet d'adresse, sauf a les soumettre en suite, pour la forme, aux trois membres composant la m moi] ir, ( est ce qui tut fait . M. Duvergier de Hauranne. on peut le dire, tenait la plume : M. Thiers et M. Guizot dictaient
Or, depuis l'adresse des 221, jamais rédaction parlementaire h axait été aussi agressive que celle dont les deux principaux ministres du i t octobre fournirent alors
ItlMIHRt lit Mi >v-
la pensée et les kermès. <>n \ exprimait l'espoir que, mhiiin gouvernement jaloux de la dignité nationale, la france oonservetail Bon rang dans L'estime du mande; on \ n grattait que l'évacuation d'Anoone se lui effectuée >.mles garanties qu'aurait dû stipuler une politique saga al prévoyante ; on \ rappelait avec amertume les malheurs - de la Pologne et les malheurs présents de l'Espagne; !'■ dissentiment Burvenu entra la France <-t la .Mu--.,. \ était Bévèremenl appréV ié, si la conversion des rentes mise au nombre des mesures commandées par Hopinion : enfin il > était dit : t ne administration reran, habile, n'appuyant sur les sentiments généreux, faisant ipecter au dehors la dignité du trône et le couvrant ledans de sa responsabilité, est le gage du concours . que nous avons tant à cœur de vous prêter : ami tissemenl qui semblait cacher une menace!
mm Debelleyme, de la Pinsonnière et «le Juasiea se
réunirent pour combattre un projet où il- ne voyaient
qu'uu appel aui passions révolutionnaires; mais ils se
heurtaient a une majorité impérieuse, résolue, opiniâtre.
qui voulait, qui croyait vaincre, et ne respirait que le
riunii.ii > 1 1 1 1 > t a m Dupin, qui. en qualité de préaident
de la < hambre, faisait de droit partie de la romnuaaion,
il garda une stricte neutralité tant que les chances ras
ii i n ii nu ri t. n nés ; mai-., les débats tri un nés. il tira de H
poche un papier, confident de ■>> m i culte pour la déi iaion
du - ■•<>■-. et il lit au\ membres de la commission, qui le
irdaienl avec un mélange de — i.i |'« •— «• et ■! ironie, la
déclaration suivante i<- ne veus pas que l'on puiswe
user que je cherche ■ m'enveloppei dan* une moto
i n ■ i • i — l'.u 'ii il iiniii "|uii -m