‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 144 sur 220 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

signal de l'assaut. Le général attendit jusqu'au dernier moment, mais il signa. Le fort était remis aux Français, la garnison de Vera-Cruz réduite de 4,000 hommes à l .000. et une indemnité garantie aux Français qui avaient été forcés de quitter la ville.

Celait là un glorieux, un brillant fait d'armes, et le prince de Joinville y avail pris une part aussi active qu'honorable. Mais, loin d'en attribuer le mérite au ministère, les coalisés lui reprochèrent de n'avoir pas adopté plus tôt le système de la vigueur; et taisant le compte îles malheureux qu'étaient venus frapper sur l'escadre de blocus le Vomiloei la fièvre jaune, ils accusèrent hautement le Cabinet d'avoir retarde le triomphe pour en répandre sur la discussion de l'adresse l'influence et l'éclat.

Ce fut le 7 janvier 1839 que commença la lutte si impatiemment attendue, lit jamais il n'y en eut <Je plus animée. Deux hommes j figurèrent en première ligne . M. rhiers et M. Guizol ; l'un brillant et ingénieux, infatigable et hardi ; l'autre froidement hostile, provocateur, violent dans sa gravité, el ne laissant percer dans *a parole qu'une partie des colères que contenaient son regard, son geste, la fatigue de ses traits el sa lèvre haineuse. Qui les eût dit alliés, ces deux hommes? El jusque dans le fond de leurs discours, quelle diversité '. Car, ce que M. Guizot, à l'entendre, ne pouvait pardonner aux ministres, c étail il avoir déci ié la vieille politique, avili le commandement,

rempli toute chose d irchie, et, en penchant tour à

tour à gauche el adroite, rendu les anciennes amitiés dé liantes, les alliances in< erlaines Selon M. rhiers. au contraire, la faute étail de n'avoir d l'amnistie que le

lendemain d un échec, den'avoir pas mi discerner I heure

HIMC1IRF DF |l|\ »N>

précise à laquelle la cause de l'ordre devenait moins naV , essaire à défendre que celle de la liberté, el d'avoir parti dépassé le but, a Pexemple de la Révolution, qui. ventant réformer le pays, j avait entassé des ruines ; deFEmpire qui, nous apportant la < ictoire, avait Uni par nous donner le despotisme et la défaite ; de la Restauration qui, venue pour réconcilier la monarchie avec l'esprit nouveau, était morte dans ne coup d'Étal Qu'avez-vouB t'ait du Pouvoir? criait aui ministres M Guizot. Qu'avez-vous lait de la liberté ? leur criait M. Thiers. Attaques contradictoires qui condamnaient a>-iv l'alliance '.

\i Noie, à la Chambre des pair-, avait tenu bon contre mm Cousin, VUlemain, deRroglie, dellontalembert . à la Chambredes députés, il sedéfendil mieux <it 'on ne croyait Il eut des répliques fort heureuses, soudaines. M Guizot ayant cité, en l'appliquant aux courtisans, If mot <\<- récite omnia serviliterpro dominatione, i1- i"iii tout servirei. n -ni pour devenir les maîtres ■• Quand Tari te disait cela, répondit M. Sfolé, il ne parlait pas des courtisans, il parlait il.- ambitieux. ■ De leur côté, les autres ministres, mm de Salvand} . de Montalivet, Barthe, Martin du Mord) iii.iit effort contre la coalition, non sans fermeté.

Mais 1. - roups se il.i n ut . If péril grossissait d'heure

en heure, el I""- ennemis du ministère semblaient se mul

lipliei i e fut d'abord la dialectique serrée, nourrie de

i \t Rillniill Puis vinrent les sorties de M Duver

Il ■ mne contre l'empli i ||"- moyens corrupteurs,

persiffl Votre dis» ours n'est qu'un mau

pamphtot M llolé . poussé à bout l t

I mi. ii, in ,|r poursuivre, plus implacabl plus

i t Mors se | Im- it un incident curieux, inatl lu

Page 1