‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 145 sur 220 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

M. Odilon Barrnt s'effraya presque de l'effervescence de ses nouveaux amis, et le rôle de modérateur lui plut. Il s"es3aya donc gravement à calmer la tempête, couvrant à demi de sa protection le ministère trop impétueusement assailli. Il demandait qu'on épargnât davantage les personnes, qu'on s'occupât des principes. Recommandation fort inutile ! Les esprits étaient eu ébullition. La haine débordait.

Jusqu'alors. M. de Lamartine s'était abstenu: maison n'ignorait pas de quel côté il voulait peser: son choix était déjà fait. Le parti ministériel ayant peu d'orateurs, axait eu soin d'entourer d'avance M de Lamartine : et lui. soit dédain pour ce que la coalition cachait d'intrigues, soil désir de se mesurer avec les princes de la parole, suit générosité, puisque le ministère chancelait, il avait promis -ou appui. Il monta don.- a la tribune, élevé et comme porté par L'enthousiasme du Centre, qui incitait eu lui son espoir. Toutefois il appuya les ministres par son patronage plutôt que par son approbation. Qu'une Opposition M-rieuse se levât, qu'elle prit b progrès social pour devise, qu elle eût de vrais principes, un programme sincère

il étaU" prêl a \ entrer. Mais que lui importait une ligue formée par de vulgaires ambitions? Il ne pensait pas d'ailleurs que la prérogative parlementaire, comme on l'avait tant répété, courût risque de périr. « Que peut contre - voua la royauté, - en iait-il ? l n coup d'État, c'est à

duc un crime, i i vous savez s'il reste plus de trois jours < impie

Les débats durèrent plusieurs jours. Et quel emporte-

ni dans L'attaque, que j opiniâtreté dans la défense !

Tantôt, c'était M. Guizol qui. prenant article par article le

HISIOIU M DU USS.

projet d'adresse, - attachait a prouver contre II. Liadières. que la rédaction n'en était ni inconstitutionnelle, ni révo lutionnaire, ni factieuse; tantôt, c'était M. rhiersqui enlaçait les ministres dans les innombrables liensde --a subtile éloquence. H. Mauguin traita la question belge avec une remarquable supériorité de \ ues. Au sujet de l'évacuation .1 Incône, la dépèche <lu i i mars l'ut victorieusement opposée .m président du » onseil, qui ne se justifia que par la lecture imprévue de certaines pièces diplomatiques dont H exagérait habilement la valeur et dont il refusait communication à ses adversaires

La lutte touchait a sa fin. Le projet d'adresse se trouvait modifié dans le sens du ministère par quelques amendent) nts . mais ils avaient été contestés avec tant de puis sance cl si péniblement obtenus, que la chute <iu Cabinet n était plus un doute pour personne, (testait, cependant, une dernière épreuve le paragraphe dirigé contre lea umpii lements de la < ouronne n'était pas encore voté I es membres qui composaient la majorité de la commission tinrent conseil, el M rhiers proposa l'atténuation du paragraphe il insistait sui les susceptibilités monarchiques

de la « hambre, bui h cessité >l j a> ai.i. sur le

dangei de c pr< îltrc pat trop de hardiesse le succès

devenu certain it tous d'applaudir, deux hommes n ccplés M Duvergiei deHauranneel M.Guizot, II. Guixot,

surtout, se révoltait a la seule id l'affaiblir l'attaque

t'i. -i ipité vers les extrêmes pai i excès du ressontimenl. ■ i arrivé i ce point d'exaltation qu'il ne savail plus se

i l ■ - 1 • - 1 . même pour réussir, il combattit l'opinion de

\t rhivrx mais mus l'emporter il se désolait, lorsque, peiiMtil tout a roup a M Odilon Barrol M B t,

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