‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 148 sur 220 · CHAPITRE MI · texte numérisé non relu

CHAPITRE MI

La France est susceptible, très-susceptible pour la dignité de sa \ie nationale et de son altitude dans le monde. Grâces lui en soient rendues ! La susceptibilité publique, populaire, ce sentiment soudain, électrique, un peu aveugle, mais puissant et dévoue', c'est l'honneur, c'est la grandeur des sociétés démocratiques; c'est par la que, malgré leurs inconséquences et leurs faiblesses, elles se -élèvent et retentissent avec éclat dès que celte noble libre est émue. Et que le gouvernement le sache bien; elle peut parai- Ire molle, inerte, et tout-i-eoup s'émouvoir, s'ébranler et tout agiter par son ébranlement. Vous aimez la paix ; vous voulez la paix. Prenez soin, grand soin de la dignité nationale : donnez-lui satisfaction et sécurité. Si elle doute, si elle s'inquiète, inquiétezvous aussi pour la paix. Se* biens sont grands et doux; mais un pa.vs libre ne les achètera pas longtemps au prix d'une souffrance morale et d'un malaise offensant.

C'est d'ailleurs une situation si commode, une si grande force pour le gouvernement que de se mettre eu sympathie avec la fierté nationale et de s'en l'aire un bouclier! Que d'embarras il peut s'épargner, que de questions il peut résoudre par ce seul moyen ! Ln toute occasion, à chaque instant, ces étrangers, à qui vous avez à faire, vous observent, vous tètent. Qu'ils vous sachenl tiers et fermes, ils mesureront, ils contiendront leurs paroles, leurs actes; ils y regarderont a deu\ fuis ;i \ .ml d'engager une question et de courir une chance contre vous. Mais s'ils vous trouvent, s'ils vous sentent un peu timides, irrésolus, enclins à éluder, a céder, croyez VOUS qu'ils vous feront des conditions meilleures, qu'ils vous traiteront avec plus de ménagement: Tout au contraire: ils insisteront, ils presseront, ils inquiéteront ; ils se soucieront peu de vous susciter des affaires, ils compteront peu avec vous l i la paix chargée d'embarras, de questions, d'ennuis, de dégoûts, deviendra de plus en plus incommode, difficile, et se trouvera enfin en péril, quoi que vous ayez rail i ■ la maintenir.

Grand el noble langage, mais bien dilTérenl de celui que M Guizot devait lenii plus tard comme ministre des affaires étrangères '.

*.%» MIM-OIRE DE l»l\ \N*.

rout-à-coop, el dasein de tant d» clameurs confuses, s'él iva une voix imposante : dans un discours aux élecs leVitry, H. Royer-Collard condamna rormellemenl la coalition. Immense sujel de joie pour la Gouret <le fureur pom ses ennemis! H, Royer-Collard, jusqu'alors respecté par la polémique, se \ii en butte à des traits empoisonnés, L'envie, disait-on, esl montée h son cœur, el la supériorité de M. Guizol, son ancien disciple, l cable.

\in-i. les opinions déroutées, les anciennes amitiés méconnue», les eimemw de la veille se réveillant aUiés, l>pouvoir convoité a outrance, les ministres .ï houl «ta moyens corrupteurs, la société troublée par le ch mille passions personnelles el fa( lices, des hommes qui avaient exagéré l'ordre exagérant jusqu'à l'esprit de faction, l'autorité avilie par l'action d'autrui el par ><n\ action propre, l'insulte devenue l'arme de chacun, l'administration an pillage, el la royauté planant inquiète .m dessus d'un tel chaos, voilà le spc< lai le que présentai! alors, abandonné à lui-même, le régime monarchique établi en i rance

\n-si . quel sujet de j<>n' amere <-i d'ironie poui les

républicains, témoins de lanl de c plications misérables '

Dans un pamphlet qu'il publia sous ce litre l'im </<• fiofi M de < "i menin s'écria La Fi ince veut le uvernemcnl du pays pai l> pays, la Cour veut !«' ivci ncmenl personnel du roi tu bout >l«' t i luvenl l'ordi •■ el la libei lé au b Ire se

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