CHAPITRE \H
collègues, elle en obtint huit par l'élection de MM. Ganneron. Eusèbe Sâlvertie, Legentil, Garnot, Moreau. Galis, Cochin. (iarnon ; et le ministère quatre seulement, par l'élection de MM. Jacqueininot. Jacques I.efehvre, Bcudin et Laurent de Jussieu. Dans les départements, mêmes résultats en faveur de là coalition.
Aux attaques dont le ministère Mole était assailli de tant de côtés à la fois, le parti légitimiste joignait les siennes. M', de (ienoude. surtout, dans la Gazette de France, inquiétait le Pouvoir et le harcelait.
Admis dans le sacerdoce après avoir été marié. M', de Genoude tenait à la fois du prêtre et du laïque. Il avait. du prêtre, le maintien composé, le calme dans l'audace, lev passions sourdes, la ténacité; mais il'dédaignail les petites pratiques, ne se piquait nullement d'intolérance. el employai I sans scrupule les procédés mondains*. Mélange Bizarre qui Taisait de lui un caractère à part, et qui se retrouvait jusque dans son costume, moitié frac et moitié soutane! Ses manières étaient onctueuses e1 ses paroles remplies de miel ; mais dans l'expression caressante de son regard la fermeté perçait, et sa physionomie annonçait la résolution, quoique habituellement amollie par un sourire insinuant. Il apportait, du reste, beaucoup de soin
à se donner les dehors de la modérai ion . Sa polémique,
toujours subtile, était en général exempte de brutalité; el il excellait à embarrasser ses adversaires pai de longues citations, des rapprochements, des sophismes naïvement présentés, des attaques doucereuses el une dialectique d< théologien. La révolution du juillet avant mis à nu les fautes de la Restauration, souvenl dénoncées par M. cl' Cenoude. il en avait profité pour s'imposer aux légiti-
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mistes, (Iniii il traitait les préjugés sans ménagement, et qu il iralnait à sa suite d'une main vigoureuse. S'il se montrait quelquefois violent . c'était & l'égard de son propre parti : mais, à l'égard <ln parti démocratique, dont il aurait voulu absorber la popularité et vers lequel il se sentait entraîné par un penchant secret, rien n'égalait l'habileté deses prévenances et sa courtoisie, il taisait aux chefs républicains des avances continuelles, résistant à leurs refus, s'étudianl a désarmer leurs défiances, les engageant bon gré mal gré dans ses tentatives, et se disant plus jaloux de leur estime que de celle îles premiers souverains de I i urope. Jamais homme ne sut mieux mettre a profit toute chose 11 disposait d'un journal, et, pai calcul, il en faisait l'écho des louanges que lui adres
s.ueiil ses partisans Imiiiie en riilieule par ses ennemis.
il s en vantait, et déconcertait le sarcasme a force «le le braver. De sorte qu'il en était venu à transformer l'obstacle en moyen et faisait servir l'injure même à sa renommée. s"ii but, il le poursuivait d'un pas infatigable
.1 travers les | g, les invectives, les moqueries, les
• . h© s, les me. omptes. Quand on le croyait abattu, il se relevait toul a coup, sout ianl et fier i e lendemain <i une défaite incontestable, H se proclamait vainqueur, il se donnait poui allies des hommes qui repoussaient h. mie ment son alliance, el il leui eut volontiers prouvé a euxmêmes qu ilsélaienl des siens t était, en un mot, un des hommes les plus remarquables, les plus divers el les plus singuliers de sou temps
il avait bien compris, doué qu il était >l une vive intel ligence, qu entre le peuple et Henri \ il j avait tout un , voilei "ii plutôt a détruire, tusai, n hésitait il pas
CHAPITKh Ml.
a proclamer le principe de la souveraineté nationale, niais avec une restriction qui emportait le principe. Car à l'entendre, la souveraineté se serait composée, par essence, des droits de la nation et de ceux du roi, sans qu'il fût possible à l'une de ces deux puissances de nier la légitimité de l'autre. De sorte que M. de Genoude s'ingéniait à combiner, par un vain, par un monstrueux assemblage, -(■> tendances monarchiques et les emprunts que son habileté faisait à la démocratie. Il n'admettait, d'ailleurs, que l'élection à deux degrés, sùrmoyen de rétablir les grandes influences locales, influences de richesse et de sacristie. Or, de tout cela il résultait que M. de Genoude se trouvait repoussé, et par les républicains, auxquels son rôle d'hommedeparti était suspect, et par ceux des légitimistes qui étaient restes fidèles au culte de la monarchie absolue. Mais il n'en continuait pas inuins sa roule, fatiguant les
ministères nés de is:îo. de sa haine obstinée el de son intarissable polémique.
Le Cabinet du 15 avril eût difficilemenl résisté à tanl d'assauts : sa dernière heure approchait, el malheureusement elle coineidail a\e<- le silices sinistre (les négociations suivies, à Londres, au sujel de la nationalité belge
Nous avons dil les clauses du traité des vingt-quatre articles, son espril . son bul . I.n livrant à la Hollande Venloo. M.iesii leht. la rive droite de la Meuse, le grand-duché de Luxembourg, il relevait en partie la ban ière qu'en 1 81 ô le congrès de \ ienne avail construite contre nous el qu'en 1 830 les journées de septembre avaient abattue. Le gouvernement français n'auraitdoncjamaisdûsouscrireà un pareil traité, et, la faute commise, il > avail pour lui honneur el devoir à saisir toutes les occasions légitimes de la réparer-
HiMiiwr m m\ in<.
Quelle ètsil la sitaation? lu i^:vj la Belgique avait aci epté letraitédes vingt-quatre articles, mais en poussant uncri de désespoir, mais en prenant 1rs peuples a témoin de la violence laite a sa faiblesse. Il était d'ailleurs bien entendu qu'elle n'acceptait que sous trois conditions la première, » 1 1 1 ; i ce prix sa nationalité serait unanimement reconnue par les Puissances contractantes; la seconde, que le contrat li;iii les cinq grandes » ours : la troisième, qu'il était obligatoire pour les Hollandais comme pour les Belges.
Or, de ces trois conditions pas une n'avait été remplie.
Parmi les Puissances contractantes, il n'j avail que la France et l'Angleterre qui eussent franchement reconnu i-t sanctionné la révolution belge en envoyant des ministres ;i Bruxelles 1 'Autriche et la Prusse n^ avaient eu que des chargés d'affaires I a Russie ne s'] était fait représenter par personne.
i a sec llii'ii. le traité des vingt-quatre articles n'avait
jamais eu, même dans la pensée des Puissances signataires, le caractère d'un contrat inviolable, définitif et la preuve; < est que l'Autriche, la Russie, la Prusse, loin de tenir la main a l'exécul ion des ordres de la Conférence, avaient au contraire encouragé les résistances du roi Guillaume et refusé ouvertement leur adhésion au siège d'Anvers ; Fa pn uve encore, c'est qu'après le siège •! Anvers, Il i rance et l Angleterre s'étaient arrêtées n'osant pousser plus avant dans les voies de la contrainte et laissant II question pendante \u reste, ce qui ne permettnil
; .m. m dbute, • étaient les termes de II convention qui, en mai 1833, avaient constitué le provisoire l-es . limites pai liesi nnti ni lanti upi r sam
CH.U'IIKh \]l.
ii délai du traité définitif qui doit fixer les relations entre « la Belgique et les États de S. M. le roi des Pays-Bas. » On avouait done que le traité des vingt-quatre articles n'était pas définitif!
A son tour, le roi Guillaume le regardait si peu comme obligatoire pour lui. que son refus d"y obtempérer durait depuissepl ans.
Ainsi, la Belgique avait trois motifs péremptoires pour se croire déliée des suites d'une acceptation qui. encore une fois, n'était de sa paît qu'un douloureux hommage de la faiblesse à la forée.
El la cause de la Belgique était d'autant plus sa que les Luxembourgeois et les Limbourgeois se sentaient Belges: qu'ils voulaient rester Belges 5 qu'ils avaient des représentants dans les deux Chambres et jusque dans le Conseil de Léopold ; qu'ils s'étaient armés en 1830 pour la séparation des deux pays; qu'il s'agissait >\<- les mettre à la merci d'un monarque par eux combattu el outragé : qu'il s'agissait de courber des catholiques sous un joug protestant.
Donc, nécessitéd'affranchir les frontièresde France injnrieiisemeni-urvei liées. droit résultant del'inexécutiond'un
contrat essentiellement s\ nailagma tique, honneur. ju-lice. humanité, tout taisait une loi au Cabinet des Tuileries de
négocier l'annulation du traité des vingt-quatre articles. Il n'en lit rien, il se contenta de solliciter la rédui tion des charges financières imposées à la Belgique, ce qu'on lui accorda sans peine, la Conférence ne tenant qu'aux clauses territoriales du traité, attendu que c'était par la
qu'il blessait la I ram e '
11 est »rai qu'en 1833, la diplomatie belge avait eu le
BISTOIM M »H o-.
tort d'invoquer la validité de l'acte laineux dont la Belgique, en (839, ne voulait pas. Mais cetorl raisait— il disparaître les raisons d'intérêt national, de droit, d'équité, île haute morale, par lesquelles la diplomatie française devait se conduire? l es habitants du Luxembourg et du Limbourg en étaient-ils m >ins Belges ? et legouvernemenl français en devenait-il moins coupable de tremper dans le complot i|in disposait d'eux, sans eux, malgré eux et contre eux
Quoi qu'il «-il soit, le roi Guillaume B'étanl enfin décidé .1 l'acceptation du traité, la Belgique fui sommée de se soumettre. \ quelle douleur, à quelle indignation elle s'abandonna, il est facile de le deviner. Un moment on put croire qu elle chercherait dansd héroïques extrémités ■~< ■ 1 1 >alut nu du moins Bon honneur. Le ministre des ii
es vint demande! s la I hambre des représentants de
rendre exigibles les six premiers mois de la contribution foncière i n vue de la guerre possible ou, plutôt, proba ble, "n jeta le- yeux -m le général polonais Skrzynecki
Hais, ime la France, la Belgique avait à compter avec
îles passions toutes carthaginoises i es commerçants d envers, de Liège, de Bruxelles, ne manquèrent pas de représenter, dans des adresses lancées avec un déplorable courage, que la guei re .nu au poui conséquences d anéan tu le crédit, de parai] ser les opérations industrielles, d<
i.iue 1 1 les frontières de Prusse, fermei l'Escaut, met
he m ri. it île siège Ustende et la rote, séquestrer les [\.\ vires belges el leurs cargaison! « était li évidemment la petite prudence la grande prudence, Guillaume l'avail prali(|uèe, lorsque, durant sept années, il avait uns i.i .m ileti d'embraser l'Kuropc poui se lairr