CHAPITRE Ml
obéir! Mais l'égoïsme mercantile ne voit ni d'aussi loin ni aussi juste.
Il faut le dire, toutefois, ce qui semblait donner raison au commerce belge, ("était l'attitude du gouvernement français. • Osez affirmer, criaient les marchands d'Anvers « à leurs adversaires, que. si nous tirons l'épée, le Cai Itinet des Tuileries nous protégera. C'est peu : osez ' affirmer qu'il ne se joindra pas contre nous à nos oppresseurs ! »
Ce fut le 1S février ( 1 S.'ÏO) (pie le ministre des a lia ires étrangères en Belgique, M. de Theux, proposa au vote des représentants l'acceptation du fatal traité, pendant qu'au dehors la foule s'entassait et grondait. La Ici dire n'était pas achevée que les colères se firent jour. « Hommes « misérables, s'écria M. Dumortier en s'adressant aux • ministres, ne voyez-vous pas que c'est par votre faute t( que la Belgique est conduite à sa honte cl à son nial- ' heur! Qui donc a pu vous porter à un tel acte de pu- « sillanimité ! Où sont ces forces qui se préparent à acca- « hier la patrie, à envahir la Belgique ! si notre intention » était de céder à de dégradantes conditions, pourquoi i avez-vous mis dans la bouche du roi ces mots d e per « sévérance et de courage, qui ont retenti dan-, nos ( cœurs? Persévérance! Nous n'en ave/ pas. Courage! ■• Vous n'en aurez jamais. »
le IS mais | 839 . et après de tumultueux débats.
la Chambre belge adopta, à la majorité de 58 voix contre 42, la loi fratricide qu'on lui présentait. M. Gendebien formula son vote en ces termes « Non, non. trois cenl ■ quatre-vingt mille fois non! pour autant de Belges « sacrifiés. » El. sortant de la salle, il courut écrire une
IIIMmIHI W Hl\ \\>.
leUre dans laquelle il déclarait renoncer k sa quahtéde représentant .
Avant la discussion, trois minisires, mm i cnest,d'lluar1 el de Mérode, avaient sacriGé leurs portefeuilles a l'honorable conviction que la Belgique se devait de aB,|)einl reculer devant la menace, si sa destinée était de céder è la force. Quant au Sénat, il ne tarda pas à ratifier la notent e pronon contre la nationalité belge.
Chose consolante et dont il faudra que la postérité se souvienne! plus que nos de propres malheurs la partie
du peuple français fut touchée «lu malheur de la i , if. li quelle àme généreuse ne se révolterait pas contre l'insolence de tels partages qui nous montrent les potentats s'adjugeanl la propriété des peuples el se distribuant des tètes d'hommes ainsi que des tôles de bétail !
lernier triomphe de La diplomatie monarchique ne Mmit que «le quelques jours la chute des ministres ften-
.1 vcnaienl d'en accepter, pour leur part, la triste responsabilité, l e 8 mars l 839 . !<• ministère M<>l<' avait donné -.i démission.
H <liu.ui depuis l'M-- '!>• deux ans du i ■■ avril i ii" .m
nui. h- 1839 s ixislence avait été marquée à Tinté-
i ieur, l'.u l amnistie; •> I extéi ieui , par l'évacuation <3 kn « ■■iii- « - 1 pai le traité des vingt quatre articles imposé à la
|uc, il avait ainsi i herché ;i calmer les partis eatre
i i in .■ .if mansuétude el i i urope •> fon e >l<- -«"ii
ospéraul vivre loin 'l'- lu gloire <•! des soucia
grandeur, Mail il n'avail pas compris que la
lutte entre la bourgeoisie ri li royauté n.nii.Hi terrible,
implacable, aussitôt que de communs dansent auraient
•i assaillii ces doux puissanoM rivales, et mi tuai