‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 151 sur 220 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

ennemies. En effet, à peine délivrée de la crainte des insurrections et de celle de la guerre, la bourgeoisie se mita avoir peur de la royauté. Alors .-e manifestèrent les vices du régime si follement appelé l'équilibre des pouvoirs. Un cri prolongé retentit contre le gouvernement personnel de Louis-Philippe ; la prérogative parlementaire trouva partout des publicistes, elle eut partout des vengeurs, elle transforma en tribuns des hommes qui s'étaient jusqu'alors montrés fanatiques dans le sens contraire: M. Molé el ses collègues furent dénoncés comme les secrétaires du roi, comme ses complaisants; el les lustres allumes pour le mariage du pliure royal n'étaient pas encore éteints, que déjà l'on demandait compte au chef de la bourgeoisie, devenu le restaurateur du palais de Versailles, de sa tendance à recommencer la monarchie absolue <»n a vu combien ce mouvement fut général el emporté. Tour humilier le roi, pour le punir de ses préférences, pour enchaîner son action , pour le réduire enliu au rôle de monarque au ate, des hommes qui

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à-coup el se tendirent la main, s'honorant de combattre miiis des drapeaux fraternellement confondus, si bien que, de la rue, l'émeute monta dans le parlement. La coalition, il est vrai, se composait de beaucoup de vanités froissées, d'ambitions mécontentes, d intérêts pai tii uliers en souffrance, de petites passions, en un mot; mais elle n aurait pas à ce point remué le pays électoral, elle n'a lira il pas vaincu surtout, si le mol d'ordre adopté par elle n'eui répondu, dans la bourgeoisie, à un sentiment gené rai ei profond Or, quel était ce mol d'ordre? Haine au gouvernement personnel! Pour résister à une attaque qui

partait du sein même de la classe dominante, M Moléel ses collègues n'avaienl eu qu'un moyen, la corruption il- l'employèrent avec une sorte de frénésie, el elle ne pu! leur suffire, ils tombèrent donc, laissant l'autorité compromise, les sources de l'élection empoisonnées, la Chain bre en ébullition, la royauté découverte, la bourgeoisie enivrée 1 la fois el embarrassée <!<• son triomphe : consé quences naturelles el inévitables de l'antagonisme du principe monarchique el du principe électif! < ;ir. s'unir contre de communs périls, el ensuite s'entre-déchirer. telle est la condition de deui Pouvoirs rivaux mis en présence

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