CHAPITRE XIII
L'insurrection fut décidée. Quantauxmoyens, ils étaient de tradition parmi les conjurés : grouper, sous prétexte de revue et à l'insu les unes «les autres, toutes les divisions dans le voisinage d'un magasin d'armes, et distribuer sur place les fusils et les cartouches, dont la répartition anticipée eût trahi le complot. Le magasin de Lepage passait pour un des mieux approvisionnés de Paris: il avait, en outre, l'avantage d'être situé dans un endroit central : il lut désigné comme point de réunion : on se procura dans les environs deux lieux de dépôt, et les dernières journées furent employées : par Barbes, à visiter les chefs de tous grades dans lesdivers quartiers: par Martin Bernard, Guignol, Meillard. etc.. à étudier en détail les localités et à marquer les boutiques qui pouvaient servir de logis d'at- Lente. Pour éviter les erreurs de domicile el les encombrements susp& !-. on eut soin (l'adressera chaque membre ié hou au combat un billet de convocation contenant une désignation spéciale et précise. Quel plan allait-on suivre? Celui que Blanqui proposa consistait a envahir la prélecture de police et à s'y retrancher ainsi que dans une
citadelle. Tout a\ail ele prévu: tant de ponts à occuper:
tant de barricades a construire : tant d'épaisseur à donner m \ barricades pour les mettreà l'épreuve du canon ordinaire: tant d'hommes a placer Sur chacun des point-.
qu'indiquait la carte. Barbes objecta le danger d'un volontaire isolement dans cette cité sans population a ('mouvoir, la difficulté de construire entre le signal el l attaque des barricades tel les i pie les voulait le manuel de l'ingénieur militaire, la difficulté, plus grande encore, de plier a des manoeuvres prévues des conspirateurs en aunes, troupe essentiellement indisciplinée. Le plan proposé l'emporta.
MH.II.IRl M l>l\ IV-,
Quant à une proclamation i lancer parmi le peuple, Barbes .•t Martin Bernard répugnaient, par modestie, i\ raire bruit ilf leurs noms -. mais l'honneur de se compromettre hautement, irrévocablement, toucha leur courage, et ils donnèrent leurs signaturesderant le succès possible, pan e que c'était, selon toute apparence, les donner devant la mort.
L'heure est venue. Le i -2 mai, à trois heures el demie, les sectionnaires débouchent dans la rue Bo irg-L'Ahbé. Le <• r i ;iu\ armes retentit soudain et se prolonge en échos formibables. Frappée à coups redoublés, la porte du magasin d'armes résiste; mais quelques insurgés pénètrent dans le magasin par une Fenêtre qui donnait sur lu cour, et, bientôt, cédant aux efforts dirigés contre elle de l'intérieur el du dehors, la porte livre passage ;i un Ilot d'assaillants. <>n se distribue les fusils, les cartouches; • n t marche aux maisons de dépôt; et, tandis que Barbes, Ueillard, Nétré, monlenl dans l une, l'autre «m envahie par Martin Bernard h Guignol Les deux opérations au raient dû fctre d'une égale durée . mais la seconde ayant été retardée outre-mesure par « i « - -^ obstacles impossil prévoir, Bai bèsel Meillard ne retrouvèrent dans la rue, où Ulanqui cependant était resté, que trouble, découi ment, désertion, désordre rhose bien facile à comprendre
■ in. plutôt, inévitable en de pareils moments i e n'étaient donc que murmures, qu'imprécations Nous tommes
ihii il n \ .1 pas de plan ' Où sonl les chefs ' Que le
■ omilé s e ii Ire! Barbes se présente aux élu-» violents,