CHAPITRE \IV
son influence sur les montagnards du Liban pouvait rendre dangereux. La gloire des périls ne manqua donc pas à Ibrahim. Lui, de son coté, il Taisait ses dispositions, se préparait à changer en casernes les caravansérails d'Alep, complétait les moyens de défense de la forteresse d'Acre, et fermait les défilés du Taurus, portes de la Syrie.
Sur ces entrefaites, Méhémet-Ali rentra au Caire, et son retour vint précipiter les événements. Il ne rapportait pas de son voyage l'or convoité. Mais jamais il n'avait sérieusement compté pour abattre son ennemi sur le produit des mines du Sennaar. A peine arrivé, il s'occupa d'envoyer à son fils des renforts de troupes. Et le sultan s'enveloppait si bien dans sa dissimulation, le mustechar Nouri-Effendi protestait avec une obstination si naïve des intentions pacifiques de la Porte, qu'au milieu des images et du bruit delà guerre, l'amiral Roussin n'avait rien perdu de sa sécurité. Il écrivit à M. Cochelet, consul-général de France à Alexandrie, que la paix ne serait pas rompue, que la France le voulait ainsi, el que sa volonté l'emportait. Mais tel n'était pas le sens des dépêches qu'à son tour M. de S tOrmsr adressait à M. de Laurin. consul-général d'Autriche auprès du vice-roi. « Quand d'aussi graves personna- « gesnesonl pas d'accord, s'écria ironiquement Méhémetii Ali. le doute est permis. » Et les renforts partirent.
Ainsi, l'on louchait au dénoùmenl . Mais lequel des deux rivaux allait se donner les torts de l agression? question grave, dé< isive peut-être, puisque l'Europe avait déclaré que eeiui-là serait le coupable qui aurai! été l'agresseur I l agresseur, ce fui le sultan. Le 21 avril (1839), Lavantgarde barque passait I Euphrate. pus de l'.ir. ville située à vingt-cinq heures d'Alep, heures de caravane.
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\ cette nouvelle, Ibrahim tressaillit de joie, et ses courriers allèrent aussitôt porter aux troupes égyptiennes disséminées dans la province, l'ordre d'un mouvement général sur Mep. I ■ joie ue lui pas moindre chea Méhèmet-Ali, mais sa vieillesse prudente en garda le secret. Le minai. les consuls-généraux recevaient la note suivante :
■ Le vice-roi à déclaré à M. l<- consul-généra! qu'il u s'engage, dans le < jis où les troupes du sultan qui mit
franchi l'Eupbrate près de Birse retireraient de l'autre
■ côté ilu fleuve, à faire faire un mouvement rétrograde
.1 ^"ii année et à rappeler son fils Ibrahim à Damas;
que, dans le cas où Bette démonstration pacifique serait
i ton tour Mii\ic d'un mouvemeul rétrograde de l'ar-
• mée de Hafix-Pacha au-delà de HaJatia, Sun altesse
rappellera le généralissime en Egypte Son Mtossele
mi-.- roi -i ajouté, de son propre mouvement, que si les
grandes Puissances consentaient a lui garantir la paix
i s'intéresser à lui obtenir l'hérédité du pouvoirdans
-.1 ramille. il retirerait une partie de ses troupes de la
Syrie et sérail prêt à s'entendre sur un arrangement dé
imiiii propre à garantir sa sécurité et adapté aux \«-
soins du pays
Qui le croirai! Dans le temps même où le vice roi donnait un gage ,m^i incontestable de sa modération, lord Ponsonb] . qui lisait dans I Ame du sultan, qui élail le premier •> lui souiller de haineuses impatiences, qui .i\.ni i œil sur les préparatifs, qui allait jusqu'à propose) un généralissime de son choix, lord Ponsonb] ne rrai pas d'écrire à son gouvernement i Dès le principe aussi bien qu ■« la dernière heure, le pacha ■ toujours
■ ii- i igresseur, H i<- sultan i droit de somma les