CHAPITRE III
rendre son suicide utile aux peuples par le meurtre d'un roi. qu'il avait quitté Perpignan. On raconte qu'à la veille de partir il reçut publiquement un soulllet. à la suite d'une querelle. Ses amis le savaient doué d'un courage extraordinaire, et pourtant ils le virent dévorer son outrage en silence. L'offenseur lui-même s'émut d'une résignation qui sans doute couvrait un mystère, et comme il provoquait Alibaud à prendre enfin souci de son honneur, « voulez-vous que je vous demande pardon, répondit ii Uibaud? J'y consens. Me battre.'..... Ali! j'ai autre - chose à faire. » l'eu de jours après, il arrivail à Paris. Là il vécut plusieurs mois livré à d'inexprimables tortures. poursuivi et obsédé par son dessein fatal, épiant cet ennemi de sa pensée qu'il s'étail promis d'immoler, et, en attendant, pauvre, humilié, en peine de l'existence de chaque jour, cl même traite d'espion par des citoyens honorables que trouva incrédules et qu'indigna la hardiesse de ses demi-confidences. Et telle était sa détresse que. pour se procurer l'instrument du crime, il fut réduit à offrir ses services a un armurier comme commis-voyageur. L'armurier lui confia des cannes-fusils, et \libaud les renvoya, quinze jours après, n'en gardant qu'une, qu'il prétendit avoir perdue, et donl il se reconnaissait débiteur. Pendant ce temps il avait obtenu un modique emploi : il le perdit parce que, dans un débat où la religion de sa parole étail invoquée, il n'avait pas voulu s'associer a un mensonge. Son dégoût des hommes et de la vie s'en acci m . (in sail le reste.
l.es ministres se hâtèrent de dérober aux regards de la multitude un homme qu il étail difficile d'avilir suffisammenl et avec profit, lies le 25 juin, la Chambre des pairs
avait été constituée en Cour de justice, et l'on procéëi .11.1 aux interrogatoires klibaud répoudil toi 'li questions qui lui furent adressées, avec beaucoup de politesse el d'énergie, il ;i\ ait déjà dit : » Lechel de l.i conspiration, c'est ma tète; les complices, ce sont - bras il ne prononça pas an mot <|ui ne se rapportât à cette déclaration. Par uin- réserve attentive, il
protégea contre Unit soupçon l«-s pers les même qui
n'avaient en avec lui que des relations éloignées. Qoanl à lui. il se montrait inaccessiblo au repentir, il \ eul un
ment, toutefois, où >;i fermeté l'abandonna. Vyanl été
amené a parler de >.i i^*it»itl«-. le malheureux se sentit lout-à- oup saisi d un grand trouble, les paroles expirèrent >m ses lèvres, son visag d'une manière étrange,
el il se mil à pleura Voici ce qu'on lit dans I instruction interrogatoire <lu i~ juin 1 3
\i Pasquieb . tyaol échoué dans mis tentatives ivez-voua fait
Vlibai d Ma famille est partie pour Perpignan, «mi elle rt aide ai luellemenl ■ Ici l'iulerrogaloire a été suspendu pendant quelques minutes par les larmes el les sanglots du prévenu,
\l l'\~..i h ii l .iillnh.ui que vous témoignez parai Lrail prov< nii <\ un bon sentiment om eal i u qui vous ■ elle émotion m \ iv< \i iim u i .1 nature
m I'asuuiks S'i i tussi la pensée du mal
vous faites à vos parents cl du ebagrin que doit leur
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