CHAPITRE XIV. W
Constantinople. il envoyait M. Caillé à Ihrahim pour lui demander, au nom de l'équilibre européen, de n'entamer dans aucun cas I Vsie-Mineure. N'était-ce pas reconnaître (jue le salut de Constantinople et la pai\ universelle dépendaient d'un geste d'Ibrahim? N'était-ce pas autoriser l'Angleterre à demander qu'on mît le désert, s'il le fallait, entre le Taurus et cette arméequi, pour troubler l'Europe, n'avait qu'à faire un pas.1
Du reste, les ministres du 12 mai ne furent pas sans pressentir que, dès qu'il s'agirait de régler le sort de Méhémet-Ali, l'Angleterre se déclarerai! contre eux violemment et gagnerait à sa cause le reste de l'Europe. Aussi s'étudièrent-ils. dans leurs premières dépêches, à envelopper île réticences leur opinion sur les arrangements territoriaux à prendre en Syrie1, ne cessant de répéter que c'était m lie Saint-Pétersbourg el Constantinople qu'était le noeud gordien et qu'on eût a regardervers le Nord.
Mai-,, par une fatale inconséquence, tandis que d'une main ils voilaient de leur mieux la question égyptienne, de l'autre ilsjetaienl imprudemment lesbases d'un concert
européen, où il elail impossible que cette question ne fut
pas soulevée, puis résolue contre eux. C'est ainsi que le 17 juillet i i 839 i, répondant à l'initiative prise par l' Autriche,
le maréchal Soull taisait la déclaration suivante:
« Tous les Cabinets veulenl l'intégrité el l'indépendance
de la monarchie ottomane sous la dynastie régnante;
» tous sont disposes a faire usage de leurs moyens d'action
ci d'influence pour assurer le maintien de cel élément
■ essentiel de l'éqmlilu e européen, et ils n'hésiteraient pas \"ir, <1;jhs le rccui il précité, la dépêche du maréchal Soull en date du
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« à se déclarer contre une combinaison quelconque qui
■ j porterait atteinte, l a pareil accord cle Bentiments et
■ de résolutionsdevanl suffire, lorsque personne nepourra « plu- en douter, non-seulement pour prévenir toute ton -
■ tatrve contraire è ce grand intérêt, mais même pour
■ dissiper des inquiétudes qui constituent un danger véri- " table, par suite de l'agitation qu'elles jettent dans l>'s
esprits, le gouvernement du roi pense que les Cabinets
■ feraient quelque chose d'important pour raffermissement de la paix en constatant dans des documents écrits qu il- se communiqueraient réciproquement, et qui ne tarderaient pas à avoir une publicité plu- ou moins
i complète, l'exposé des intentions que je viens de rappeler, i
Dans cettodéclaration célèbre, pas une ligne qui ne fût une bévue. \ la vérité, le mot Syrie n'y était pas prononcé : nais qu importe, puisqu'on j regardait « l'intégrité et .. I indépendance de la monarchie ottomane « comme » un a élémenl essentiel de l'équilibre européen » '. Cela ne revenait il pas I lier étroitement la question russe et la question égyptienne ' i i dès lors, provoquer un concert
euro| n. n était -ce pas se soumettre <i avance aux déci-
- s d'un concile politique où, sur la question égyptienne,
i.i 1 1 .11 1. •• risquait >i être seule de son avis n était ce p.«s'expoaei i entendre l'Angleterre, i Autriche, la Prusse, i.i Russie, déclarer que la domination de Méhémet en Syrie était n//. eombinaiton propre à porter atteint» -i l'équilibre europt
il n était paajusqu I la réserve gardée par ie> ministres du 19 mai qui, combinée avec leurs actes, ne lui une huit '-n -il- ne s'expliquaient pas rolativemenl i la