‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 187 sur 220 · CHAPITRE XrV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XrV

capable enfin de défendre l'empire s'il eùLsulïi pour cela de frapper dans l'ombre. Un homme incapable , un ministre décrié, voilà donc sur quelles têtes reposait le lendemain de la Turquie vaincue !

C'était peu • il se trouva (pie llalil et khosrew étaient les ennemis d'Akhmet-Fevzi-Pacha , aux ordres de qui obéissait la tint te ottomane. Favori de Mahmoud — dans un État despotique . c'était son mérite — Akhmet perdait tout en perdant son maitre. Khosrew au laite de l'empire l'épouvanta. Il se crut mort s'il restait fidèle ; et, sollicite par la peur, par la haine, par une vulgaire espérance, par l'éblouissante prospérité de Méhémet-Ali, il lit sortir la llolle ottomane des Dardanelles, une trahison dans le cœur. Mais ikiii loin de là, l'amiral Lalande se tenait en observation à la tète d'une petite escadre, trop faible pour un combal . el cependant assez forte pour être respectée puisqu'avec elle était le nom de la France. La rencontre prévue axant eu lieu, il fallut tromper l'amiral français. Vkhmel détacha donc vers lui. sur un bateau à vapeur, Osman, contre-amiral dans la flotte turque et complice du projet de défection. Osman prétendit que Mahmoud était morl empoisonné par llalil el Khosrew : que c'était pour livrer aux Russes les imites du sérail que n.ilil et Khosrew axaient saisi le pouvoir; qu'en de telles extrémités, le capitan-pacha croyait de son devoir d'aller au-devanl de la pais : el que c était pour entrer en négociation avec Méhémel \ii qu'il venait de mettre la Hutte en mouvement. Peut -être l'amiral Lalande aurait-il dû

s'i ei de défiance ï peut-cire aurait-il lait sagement

d'envoyer prendre des informations auprès de l'ambassadeur français & Constant inople. et d arrêter la Hotte olto-

lie USTOOU M NX 1>V

mane. en attendanl une réponse. Miiis >,•> instructions lui enjoignaient d'empêcher la guerre, non la paix ; et s'il n'admit p;is aisément l'hypothèse d'une trahison, sa li »> ;i ii 1 1 • l'absout • v K 1 1 11 H- 1 passa

i e lui un jour sans égal pour Héhémet- \U que celui où, shii- 1rs yeux d'une innombrable multitude attirée par la splendeur el la singularité du spectacle, la (lotte turque \ mi -,• , onlbndre. dans le porl d'Alexandrie, avec la Hotte égyptienne. Que manquait-il désormais ;i la fortune du vice-roi ' Coup sur coup , son fils avail remporté une vicloire mémorable, son ennemi était mort désespéré, et maintenant huit vaisseaux, douze frégates .'t deux bricks venaient . mêlés i ses propres h;in ires, lui ou> rir les routes de la mer '. Sa joie fut imposante comme son destin Ra dieux mais » it l ni»- . il étouffa dans un paternel embrasas» ment la honte d'Akhmet, courbé jusqu'à terre; puis, se tournant vers les officiers turcs, ils les loucha par des paroles de concorde el leur lit espérer <|u a l'abri de son ascendant rei ivrall la grande unité do I empire

I en est fait, l'étoile du vice-roi l'emporte; la rurquie, pai la défection de la flotte . \ ifn i de perdre s;i dernière ressource : il faut céder, el le Divans'} résigne Méhémel Wi .1 posé les conditions de 1 •« paix on lessubil . on lui accorde l hérédité de 1 i gypte, I hérédité de la Syrie; et, poui lui porter le gage tant désiré de la réconciliation des ils niis. Hadji Salb i ITendiel rellk i ITendisonl désignés

\imsi. i ii arrangement direct que la politique du i^ • »i i - > .iihiii.iii h. h ii .us ri.ni de vouloir et qu'il avait jusqu'à lors évité, la Providence, pai une faveur spéciale, semblait le lin imposer, dans ion intérêt el malgré lui

lis doux personnages dénigné» allaient ùoni partit

JHAI'ITRE XIV.

lorsque l'intemonce d'Autriche, M. de Sturmer, reçut une dépèche dans laquelle M. de Melternieh lui enjoignait, au nom , disait-il . et d'après les Mies des cinq Puissances, d'agir de façon à mettre sur l'arrangement direct le veto de l'Europe. Chose déplorable et vraiment incompréhensible ! ce fut l'ambassadeur français qui contribua le plus à (''carier la solution qui terminait la guerre au profit de Méhémet-Ali . le protégé de la France; ce fut l'amiral Roussin qui, d'accord avec M. de Sturmer, rédigea le 27 juillet (1839), une note qui fut ensuite présentée par l'intemonce à la signature de lord Ponsonbj . de M. de Bouteniell'. de M. de Kœningsmark, ambassadeurs d'Angleterre, de Russie el de Prusse. La voici, celle note trop fameuse

« Les cinq ambassadeurs soussignés, conformémenl aux « instructions reçues de leurs Cours respectives, se félicin lent d'avoir à annoncer aux ministres de la Sublime i< Porte «pie l'accord des cinq puissances louchant la ques- « tion orientale est certain, et ils prient la Sublime Porte. » en attendant les fruits de leurs dispositions hienveil-

« lanles . de ne décider absolument rien sur la susdite <• question d'une manière définitive, sans leur concours, u Comment exprimer le ravissemenl de lord Ponsonb} .' C'était la revanche de Nézib qu'on lui offrait , el telle qu'il n'eût osé jamais la rêver m éclatante '■ il signa. M. de BoulenielV n'avait pas. a beaucoup pies, les mêmes motifs de satisfaction : car. -i la note du i' juillet cachait le futur

abaissement du pacha d'Egypte, elle aboutissait . d'autre

pari, a I annulai mu du traité d i akiar-Skélessi. Mais que

l'aire.1 lu refus auiail il nonce à lï.urope les ai riere-pen-

sées ambitieuses de la Russie. M. de'Metternich, d'ailleurs, n'avait pas craint de répondre de l'approbation de l'em-

US hi-t.iire or. ni\ »\*.

pareor Nicolas. M. de Boutenieff signa donc, et M. de Kœningsmark en lit autant. La Turquie était déclarée mineure, et l'Europe s'emparait • t<- la tutelle. si les Puissances avaient été unies par un senthneu de la justice et du droit, e'eûl été un t'ait auguste que leur intervention collective en (trient, it même, réduite aux proportions que lui donnaient l'égolsme des i i>nrs el leurs rivalités misérables, elle avait cela de grand qu'elle était uu involontaire hommage an principe ii<' la solidarité humaine. Hais il n'en '--t pas moins vrai qu'au i»imt de mm' de l'intérêt français, qui est celui de la civilisation et de la liberté, la note du 27 juillet tut un tort et un malheur.

I ii doit-On rejeter le Manie sur l'amiral RouSSJn I S

serait injuste h n'avait fait qu'obéir à l'esprit de ses instructions Seulement, là "ù un autre aurait hésité peut-être, lui,adversairedu pacha d'Egypte, il n'hésita pas

la note du •.'" juillet rut accueillie à Saint-Pétersbourg par île l'aigreur et presque de la colère. L'empereur de Russie trouva étrange et malséant que, -ans l'avoii cor suite ei as portant tort pour lui, M. de Metternîeh eut igé la signature de la Russie au bas d'un acte qui lei but implii itemcnl a soustraire la rurquisau protecto iai des Russes Peu accoutumé .1 taire ses mécontente iikiiIs. il s'en ouvrit . assure i mi . avec une véhémence autocratique aM de Plquelmont, ambassadeur d Autriche i Saint Pétersbourg. H de ton crtté, M de Neaaelroda rVrivait ■> v de Médem i empereur de Russie ne

désespère nudemenl du sahit de la Porte . p vu qua

Puissances de i i urope sachenl respecter son i

et que pur «me agitation intempestive elles ne l'é

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