CHAPITRE XIV
« branlent point en voulant la raffermir. »I1 disait aussi à l'ambassadeur de France : « Un peu plus, un peu moins « de Syrie donnée au pacha nous touche peu ; notre seule « condition, c'est que la Porte soit libre dans le consentent ment qu'elle donnera. » Enfin, il mandait à M. de Boutenieff : « Nous ne devons et nous ne pouvons pas nous « ériger en arbitres de ce qui touche à ce point aux inte- « rets de la Porte : c'est à elle de décider. L'empereur « vous accorde toute latitude pour ouvrir les voies, de « concert avec vos collègues, à un arrangement pacifique « entre la Porte et l'Egypte, sauf la libre adhésion du « sultan. » Il était impossible de désavouer plus clairement la note du 27 juillet '.
1 I>u recueil diplomatique publié par lord Palmerston, M. Léon Faucher a tiré un "véritable acte d'accusation contre la diplomatie des Puissances
étrangères. Le travail de M. Léon Faucher, très-remarquable d'ailleurs, nous a paru quelquefois aller trop loin dans l'accusation.
L'auteur, par exemple, regarde et dénonce comme une comédie la désapprobation dont la Russie frappa la cote du '.'7 juillet. Une lecture attentive
des dépêches nous a donné une opinion contraire, lue partie de la note du 27 juillet étant dirigée manifesti menl contre l'ambition du Cabinet de Saint-Pétersbourg, il est tout simple qu'il s'en soit offensé.
M. Léon Faucher reproche aussi, et très-amèrement, à lord l'ahiierslon la perlldie de si politique. Il n'\ cul perlhlie, de la part de lord Palmers-
ton, que dans les menées qui, c me on le verra plus bas, fomentèrent
l'insurrection de Syrie, et que dans le secret (iardé sut le traité qui devait
rompre déflniUvemenl L'alliance anglo-française. Mais il esl certain qu'à
l'origine des négociai -, la conduite de lord Palmerston fui très-nal Ile
el -"il 1 1 lie le di but, il parle de la nécessité d'enlevi i la
Syrie au pacba i dèf li n le mai, il proclame la restitution de I
au sultan comme flémenl essentiel de l'équilibre européen. S'il \ eut
quelque pari di i mi de franchise, ce fut dan- le Cii.mei des Tulli i li
ne lit officiellement connaître son opinion sur la question égyptienne que
\eis la lin de septembre.
F.n somme, M. Léon Fauche us enible avon un peu tro]
nui ni. m\ iv-
M . de Metternich ne s'était |>a> attendu a un pareil désa veu. Sa vanité avait caressé l'espoir d'une conférence prochaine où, .1 l'ombre de smi expérience, aurait été résolu le problème, tourment de la diplomatie. L'attitude de la Russie lui fui un sujel <1 humiliation el de trouble. 11 tomba malade. Était-ce un jeu que sa maladif.' v s'éclipsail-il momentanémenl de la scène que pour éluder l'embarras il une décision qui pouvait mettre une seconde rois sa circonspection en défaut Les ministres français le crurent.
Pour eux, s'ils 11 approuvèrent pas sans réserve la note du -T juillet, ce rut noo parce qu'elle empêchait l'an 1 ment direct, mais parce qu'elle laissait trop» omplétement la rurquie en dehors des délibérations < ar, non moins vivement que II. de Metternich, M. Passj el ses collègues désiraient faire rentrer l'empire ottoman dans le droil publir européen établi en 1815.
il esl inutile <i ajoulei que . quant a lord Palmeraton . il triomphait. La note du S" juillet lui rendait sa proie. • lu il avait clé au moment de se voir enlever. Aussi ne ..h 1I.1 -i-il plus de mesure. Dès le 1 août 1 839 . il proposait au gouvernement ira mai- d'exiger impérieusement de Héhcmel \ii la restitution de la Hotte turque, et, s'il refusait, de caplurei la (lotte égyplienue proposition brutale que les ministres français repoussèrent, celte fois, avec beaui oup de force, de raison cl de dignité '
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CHANTRE XIV. 4t9
Blessé au vif, lord Palmerston ne se découragea point. !l insista sur l'adoption de certaines mesures coërcitives destinées à briser, au besoin, la résistance du vice-roi, et dont il détaillait complaisamment le programme : on aurait intercepté entre la Syrie et l'Egypte les communications par mer: on aurait bloqué les ports de ces deux provinces-, les bâtiments qui naviguaient sous pavillon égyptien auraient été saisis: Candie aurait été enlevée au vice-roi et restituée au sultan:'
Et, au lieu d'arborerà son tour, d'arborer enfin l'étendard de la politique qui lui était propre, le gouvernement français bésitait; il se réfugiait dans une molle inertie, il s'amusait à discuter la valeur des mesures coërcitives proposées. Que dis-je? Par une dissimulation puérile el qui ne pouvait tromper personne, il allait jusqu'à déclarer « que la France ne prenait aucun intérêt au pacha: que 6 l'arrangement qui lui nierait la Syrie sérail le meilleur, « s'il existait de suffisants moyens de contrainte. »
Lord Palmerston n'avait garde de laisser tomber d'aussi téméraires paroles. Il poussa violemment à la conclusion, sacbanl bien que le Cabinet des Tuileries ne le suivrai) pas: el. bientôt, déchirant tous les voiles, il écrivit i: M Bulwer à Paris, à lord George Hamilton à Berlin, à lord Beauvale à Vienne, à lord Clanricarde à Saint-Pétersbourg, que le moment était venu d'agir contre le pacha, qu'il fallait en prendre son parti et abandonner en chemin celle des Puissances qui réinsérait d'avancer.
La Russie ne comprit que trop bien ce langage. Elle vit la France el l'Angleterre a la veille d'une rupture, et à l'instant même sa politique orientale changea de tare en ce qui concernait Méhémet- Vli el le statu <juo. L'occasion
HISTIIlRt lit ta kKS.
de dissoudre L'alliance anglo-française était pour l'empereur de Russie un bonheur inespéré; a la saisir t'avanlail immense ■ M. de Brunnow fui envoyé à Londres, nu il aima !<• i 5 septembre i -
Les propositions de II. >!<• Rrunnow portaient que, se rendant aux \ ues '!>■ l'Angleterre, la Russie - engagerait à les soi onder, mais que, dans le cas où Ibrahim marcherai! en avant, ce sérail à la Russie de protéger le sultan menai é, tandis que les Hottes alliées agiraient -m les i otea d'Egypte el de Syrie. C'était dirai lord Palmeraton:
Livrez-nous Conslanlinople , <'i nous vous livrons Quelque monstrueux que fui le marché, lord Palmerston j acquiesça Hais les ministres français, prévenus, protestèrent énergiquemenl contre une aussi scandaleuse consécration du traité d'Unkiar-Skélessi. ■ Jamais, écrivirent-ils, jamais de notre aveu une
, . adri di guerre i Lrangàro ue paraîtra devant < onsn lanlinople Bans que la outre s'j montre aussitôt ' >• De leui > ûlé, les collègues de lord Palmerston, moins emportés que lui, refusèrent de se laisse! entraîner, LeCabi net britannique demanda, <mi conséquence, et pai voie d amendement, que, si la marche d Ibrahim amenait les vaisseaux russes dans !<• Bosphore, quelques vaisseaux alliés pussent entrer dans les Dardanelles. M. de Brunnow ., i , pu i amendement adre/eren tum el reprit la route »!<• s.iini Pélersboura, poui j i hercher une réponse « lt-i 1 1 1 1 1 1 \ «■
< e lui alors seulement que les ministres du 1 1 mai se
résolurent i dire laui derniei mot. t ■• 13 septembre
. . ils nommèrent m de Pontoia ankaasadeui I
Conatanlinoplo, en remplacement >!<• l'amiral Rouasia,
ii. |