‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 191 sur 220 · CHANTRE XIV · texte numérisé non relu

CHANTRE XIV

« de la haine profonde . de la lutte acharrrée qui ont sé- « paré la France et l'Angleterre? Permettez moi de vous « le rappeler en deux mots. La démocratie française a « fait explosion dans notre Révolution, tantôt avec un « comité sanglant à sa tète, tantôt avec un grand homme, « Napoléon. Elle a étonné le monde, mais elle l'a effraye . « et, comme il arrive toutes les fois que la liherté effraie, « en donnant une puissance énorme aux ennemis de la « liberté. Qui a soutenu la lutte que la démocratie fran- « çaise avait provoquée':' Naturellement celle de toutes « les aristocraties qui était la plus paissante, la plus riche, « la plus habile. L'aristocratie aussi a trouvé un grand homme. l'itt : l'aristocratie anglaise, pour le compte du « monde effrayé, a lutté avec un grand homme à sa tête « contre la démocratie française et son grand homme. La <' lutte a été acharnée. Napoléon a dit souvent : « Il y a eu « une erreur dans ma vie. erreur commune à I \ngle- « terre et à moi : nous pouvions rire allie-- ti faire beau- « coup de bien au monde : je l'aurais pu si FOX eut été « aux affaires. » l.h bien, que signifiai! cela, sinon que « c'était l'aristocratie anglaise qui avait soutenu la lutte « contre Napoléon? Il y avait aussi derrière cette question « de principe un immense intérêt. La France alors n'avait « pas renoncé à être une Puissance maritime el i oloniale « du premier ordre; elle n'avait pas renoncé au rêve " brillant des possessions lointaines: elle ;ivait vouln « prendre la Louisiane, Sainl -Domingne,et même essayer ■ mu l'Egypte une tentative merveilleuse, moins solide « qu'éclatante, mais donl le bul avoué étail de menacer les anglais dans I lui le. Notre puissance alors, à quoi la

« faisions-nous servir ' \ coaliser toutes les marines de

« l'Europe sous notre drapeau. Eh bien, il \ avait la

« des raisons d'une lutte acharnée. Hais, heureusement,

» plus rien de cela n'existe, c'est la révolution modérée

« qui gouverne la France; c'est la révolution modérée qui gouverne l'Angleterre. i-.t la lutte d'intérêt est aussi

u impossible que celle de principe. La France s'est éclairée

•• sur la véritable voie de sa grandeur. Qui songe aujour-

• il'hui. parmi nous, à des possessions lointaines?. ..C'est

• quel'espril de la France a changé, c'est que tout le monde « sent que notre grandeur véritable est sur le contiuenl . »

M rhiers ne se trompait pas lorsqu'il ilisaii que la i rance ne pouvait conserver l'alliance anglaise qu'en restant couchée but ses i ivagi s. Hais de quel droit m i hier»

i lamnait-il >i>n pays a cette humble et honteuse atti-

Lude appuyée sur l'Océan, appuyéesur la Méditerranée, la i rance est une Dation maritime. Douée d'un génie cas

mopolite, la France a tic appelée par Dieu même à rempile des mers. H > va île l'accomplissement île son rôle historique : il > va peut-être de bod existence comme Puissance du premier ordre, car, selon l'expression d'un

grand hoi Il lat, les meilleures forteresses -ont les

vaisseaui Et puis, comment H. rhiers ne comprenait il sas, lui qui voulait le maintien delà concurrence dans notre pays, qu'à cette bourgeoisie produisant outre-mesure il i ■■ i t.i 1 1 des debout hés, îles comptoirs, il'"- consom ma leurs au visage inconnu, un marché mouvant ; et qu a moins d'une révolution sociale, profonde, incommenau cable, il m' Huns resterait bientôt plus qu a posséder

i Océi u a périr '

Hais la i lasse moyem lait en général trop peuéelai

cée pour sentir jus, pi ,i quel point le système qu on <'\pn

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