‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 193 sur 220 · CHAPITRE \l · texte numérisé non relu

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entr'autres. à M. Lherbette. qui ne craignit pas de's'écrier en plein parlement : « J'ai vu des chiffres, mais pas de « pièces à l'appui 1 > Le jour du vote, 20 février isin. étant arrive, seul M. Couturier prononça contre le projet de loi quelques paroles graves et Signes. Luis, froide, silencieuse, la Chambre alla au scrutin : 226 boules noires en sortirent. C'était une majorité de 26 voix qui rejetait la loi de famille. Les ministres du 12 mai se confessèrent vaincus et se retirèrent.

Dans leur passage aux affaires, ils avaient eu des inspirations louables. Et, par exemple, ils avaient déclare, au début, qu'il serait coupé court désormais au scandale d'une presse subventionnée. Il est juste aussi de rappeler que ce fut M. Teste qui le premier fit sérieusement effort contre le criant abus de la vénalité des offices. C'était toucher à un des privilèges d'argent sur lesquels repose le règne delà bourgeoisie. Elle poussa un cri furieux. El les intérêts qu'on venait d'alarmer étaient si forts, que, sauf trois ou quatre feuilles qui jouèrent noblement leur existence par respect pour la vérité, la presse; de l'Opposition garda un silence coupable. L'entreprise échoua donc; mais elle n'en mérite pas moins une mention dans l'histoire, car elle fut honnête et courageuse. Pour ce qui est du dehors, rien de plus déplorable que la politique des ministres du I 2 mai. La foi lune leur avait donné à gouverner une telle affaire, qu'ils \ pouvaient gagner une gloire immortelle. Notre influence en Egypte une fois roiisoiniee, i;i Miiiii errance était à nous et nous frappions ;ni\ portes de l'Asie Malheureusement, loin d'élever les ministres du 12 mai. la grandeur de la tâche les accabla lin Europe, ils auraient dû, par une alliance étroite et

IIIMUIKI n> DU US.

oomminatoire avec l'Angleterre, couvrir Constantiuoplu

• lu coté des Russes, et, en Orient, laisser passer le génie deMéhémel <'i la victoire, ils firent le contra ire. Liant deux questions qu'il était de notre intérèl de séparer, ilfirent dépendre riDdépendance «lu Bosphore de l'immobilité d'Ibrahim » ictorieux, et ils appelèrent imprudemment l Europe i régler !<• partage de l'Orient, lorsqu'il était manifeste qn elle le réglerait sans nous et contre nous, i n vain \ eut-il pour la France et pour le vice-roi accumulation de bonnes chances, savon- : la mort «lu sultan, la défaite de son armée, la défection de sa Hotte, les ministres du i J mai se mirent en révolte ouverte contre leur propre bonheur el les arrêts apparents de la destinée narrélèrenl Ibrahim prêt à franchir le faurus; il- reconnurent qu'on devait a peine tenir compte de la victoire de Nézib ; ils exigèrent de Kébémet-Ali la restitution de la flotte turque; il- apposèrent a l'arrangement direct <l«'ja conclu au profil du vice-roi, le veto de la France Qu'en résulta t-ii ' La I rance el l'Angleterre a étant pas *i u

cord sut la 'i'""-1 gyptienne, la Russie se joignit à

l Uigleterre pour non- humilier el non-, affaiblir. Animées de passions contre révolutionnaires, rendues à leurs vieui

• i m Dtimenls, t tuli iche el la Prusse -un irenl i i urope entière se trouva d'un côté, la France restait seule de l'autre! tu un heu de lanl de sujet- il aOliclion, i Afrique, ■ lu moins, nous envoya quelques nouvelle- consolantes De brillants faits d'armes j signalaient notre présence, el,

dans les pre i- jours du mois de févnei 1840, Mais

gran, défendu pai une poignée de Français contre des milliers d trabes, svail Jeté sui les tristesses de la pâli ie un reflet de gloire et il héroïsme

CONCLUSION BÏSTORIQLE.

Ici s'arrête la première partie de l'œuvre que uous avons entreprise, uotre intention étant d'écrire l'histoire* de tout ce règne.

Ce que nous en connaissons déjà suffit, du reste, poui I apprécier.

il n'a été, à proprement parler, que l<' règne <le \n bourgeoisie.

Et d'abord, qu'est-ce que la bourgeoisie? il importe d'autant plus de rappeler ici In définition que nous en avons donnée, qu'à entendre beaucoup d'esprits superGciels, la bourgeoisie ne formerait pas une classe distincte et se confondrai! nécessairement avec le peuple.

La bourgeoisie est l'ensemble des citoyens qui, possédant «les instruments de travail ou un capital, peuvent, sans s'asservir, développer leurs facultés, H ne dépendent d'autrui que dans une certaine mesure.

HIMOIHl l"F Hl\ t\>.

Le peuple est l'ensemble îles citoyens qui, ne possédanl pas li'- instruments de travail, ne trouvent pas <'n eui mêmes leurs moyens dedéveloppement, et dèpendenl d'autrui en ce qui touche aui premières nécessités de la vie

il- sont du peuple, par conséquent, quels que Boienl leur savoir, leur éducation, leurs relations sociales, imiceux qui ne sonl pas assurés de leur nourriture, de leur vêtement et de leur gtle.

i i posé, poursuivons.

Dans les monarchies mixtes, où la société n'es! p.i> le domaine <lu prince, il \ a ce s ice fondamental que les de voira du chef) peuvent être contrai iéa parceui du père de Camille • ar les vertus domestiques ne sonl pas néces sairemenl vertus ■ ! i ta) l t même, la science politique a des lois auxquelles résiste volontiers !«• sentiment paternel, -i respectable >l ailleurs dans la condition privée i s prudence de l'homme d'Étal asl dans l'intelligence des hardiesses qui réussissent. Elle n'esl poiul étroite, point

servile. (. ment une Ikmillea pourvoir serait-elle pour

le génie un Buiïlsanl emploi ' il Paul aux grandes facultés de grandes < hosea i vouloir,) onune il faut le stade entier agile, el aux yeux de I aigle le soleil Premiei cousu I, « lift sans enfants, Napoléon tout ha au dami-dieu du nu de Rome, un berceau arrêta >i contint son rd qui .is.ui coutume d'embramei la terre, l roté du ni. i> >uj<>iti -. le même, il j eut le fondateur dedj nantie, dont la travail fut puéril et vain il aa dsatua d«a i i,i>. il lu des nobles, que sais je Du haut B\aaon rôle original, unique), il selaiaaauhoù voloolairaiMnl dana la pli-bu daa nu-., laa soucia patemeui ayant dédoublé son génie

CONCLUSION HISTORIQUE. iti i

11 n'y a pas lieu de s'étonner qu'un prince d'un espril sans étendue ait plié sous des préoccupations semblables, d'autant qu'il y était encouragé par L'attitude de la bourgeoisie.

On (init assez généralement, en Europe, quec'est par Louis-Philippe que la révolution a été muselée, et que son habileté personnelle a l'ait la situation présente. Qu'on le lui Impute à blâme ou à louange, c'est une erreur. Le roi a montré des qualités d'un ordre secondaire. On citerail difficilement dans le passé un prime qui ;iil élé plus complètement dépoun u d'initiative, et qui, s'étant beaucoup môle ;ui\ affaires, les ail moins marquées de son empreinte.

C'esl le propos des hommes d'État supérieurs de donner du m tuvemenl aux choses, d'ennoblir chaque situa tion, au risque d'en faire soi tir pour eux-mêmes des obs tacleset des périls! Sans oublier de se régler sur l'heure, les grands hommes fécondent le présent; ils élèvent l'histoire. Rien de pareil n'a été accompli en France, de nos jours, (m a fait honneur à Louis-Philippe de ce qui n'étail qu'un résultai certain de la puissance des intérêts boui geois. mal réglés et mal compris.

Sa listai le de s, m loi. la bourgeoisie ne voulait poinl que des souffrances qui n'étaienl pas les siennes lui fussent révélées par le bruit du tambour d'alarme : de là le sys

léme de l 'ordre delini par le silence du malheur cl défendu a coups de canon,

Aveuglée par de mesquines préoccupations de bien être. la bourgeoisie ne voyail que des pertes d'argent dan- les

agitations possibles de l'Europe delà lesystè delà

paix implorée

HI-T<<IHt. DI Pl\ v>n.

Or, l'ordre ancien, une paix sans nerf, convenaient aussi à la royauté, qui avait besoin pour s'asseoir de i excès du calme au dedans el au dehors.

Cette > ordance explique le succès du règne. Elle

Uni lieu à Louis-Philippe d'habjleté. Prince à qui l'on avail mis une couronne bourgeoise sur la tête, la prépondérance de sa classe adoptive le dispensa de créer un sys lème. n< >n goût pour le médiocre plul .1 la liasse domi nanti-, el la force le prit a sa suite.

il esl à remarquer, toutefois, que, parallèlement a l a< rordque nous constatons ici, l'histoire des dix dernières années nous oflre le spectacle d'une lutte obstinée entre le gouvernement de la bourgeoisie par la < hambre élective, et le gouvernement personnel du roi

H semble qu'il 5 ait la quelque chose de contradictoire, mais la contradiction n'est qu'apparente

1 nt ii- la bourgeoisie et la royauté, l'accord, en France, .1 porté -m le Bystème a suivre, sur les intérêts à faire prévaloir : la lutte a porté sur 'le- questions île préémi nence et de prérogative

\in-i. le pi incipe monarchique el le pi un ipe parlemen

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