‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 195 sur 220 · CONCLUSION HISTORIQUE · texte numérisé non relu

CONCLUSION HISTORIQUE

plus d'une l'ois, rempli de. tumulte et de scandale le palais des délibérations. Pour qu'on put agrandir la sphère des faveurs à distribuer et donner pâture aux âmes vénales, la direction des travaux publics, enlevée à l'État, est devenue un instrument d'agiotage pour les banquiers, un moyen d'achalandage électoral pour les ministres. Le Pouvoir a été mis au pillage. Et ce qui est bien autrement désastreux que des provinces envahies par l'ennemi, que des villes perdues, que des défaites essuyées, que des milliers de citoyens noyés dans leur sang, il y a eu altération du caractère national. Gouverner, c'est se dévouer. Qu'attendre d'un système qui fait précisément del'intérêl privé la source des pouvoirs .' si nous s\ ions à définir le génie politique, nous le définirions : un grand dévouaient armé d'une grande forcée! mis au service d'un grandlm!

la Convention ne renfermait peut-être pas plusd'hon j

.le talenl que nos assemblées contemporaines : mais c'était une assemblée désintéressée, dévouée : ce fui son génie. A la seule générosité de ses passions elle dut. malgré ses fautes et ses excès, île dépasser les calculs de Richelieu. Elle porta impunément son drapeau dans la région des [empotes: pi. en lin de Compte, elle 'est morte debout.

Quant à l'ordre social, voulu et maintenu par la bour geoisie, il a été marqué par un complel abandon du pauvre « Chacun pour soi, chacun chez soi », onl dît les chefs: hideuse el lâche maxime qui contienl toutes les oppressions jusqu'à ce qu'elle enfante tous les désordres ! L'erreur de la bourgeoisie a été de croire que, là où il n'A a pas égalité dans les moyens du développement, la liberté suffit ao progrès el à la justice. Mais qu'importe le droil de s'enrichir accordé à lous, quand les instruments d<

iiiMuilit. ut. in\ i^.

travail bI le crédit n'appartiennent qu'à quelques-uns;1 Qu'importe le droit au bonheur, ~-;»ns la possibilité d'j atteindre .' Qu'importe une route spacieuse et unie devant l'infortuné qui ne se peu! mouvoir? l ;i véritable liberté consiste, non pas dans le droit, mais dans le pouvoir donné à chacun de développer ses facultés. La lil ei té n'esl donc qu'un leurre que l'hypocrisie du despotisme, partout < m la possession des instruments tii- travail constitue un monopole, partout où la dispensation du crédit vient des particuliers, qui ne prêtent qu'aux riches, au lieu devenir de 1 T.Uii, qui prêterait aux pauvres : partout où la concurrence livre le petit capitaliste en proie au capitaliste npuli'iii ; partout où les transactions industrielles ont lieu entre la richesse et la faim; partout où la vie il«' citoyens dépend, non de leur bonne conduileel de leur prévoyance, mais d'une maladie.qui survient, d'une commande qui cesse, 'I un procédé nouveau qu'on invente; partout où i l'iii.ini iin pauvre est forcément arrachée l'école où on i instruirait, pour être enseveli vivant dans l'atelier où on l'exténue ; partout où la liberté de la presse n existe qu'au profil de ceux 'i111 peuvent payer un cautionnement monstrueux . partout enOn où il j •< des enfants de sept ans qui travaillent douze heures par jour pour vivre, des lillea de seize ans qui pour vivre se prostituent, des vaga bonds qu'on ramasse endormis sur les marches d'un palais inhabité, des infanticides par misère, des journa liera que la découverte d une machine irih-.iir.nnrs sur la place publique, dea milliers de travailleurs qui se lèvent un jour, la pâleur sur le front, Is rage daaa le cotur, et qui marchent su i nnibal avec ce cri vitre en lravnilla.nl mu m. .m n ! n i ombaltanl

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Et, dans ceci, la faute n'est point aux hommes, elle est aux choses. La tyrannie féodale se composait de noms propres: on la voyait en face-, on la louchait du doigt. Rien de semblable dans cette tyrannie qui n'est que la liberté mal comprise. Mystérieuse, impersonnelle, invisible, insaisissable presque, elle enveloppe le pauvre, elle l'étreint, elle l'étouffé, et ne lui permet pas même de se rendre compte du mal sous lequel il se débat misérablement et succombe.

Aussi. la destruction d'un semblable despotisme estelle une affaire de science, non de révolte, ("est le principe qui est impie, c'est la situation qui est coupable. On in1 se venge pas d'un principe, on le remplace; on ne puni! pas une situation mauvaise, on la change. Des appels farouches à la colère des opprimes seraient donc aussi frivoles que funestes. D'autan! qu'en masse le peuple n'< si pas aujourd'hui assez éclairé pour avoir une idée nette de ce qu'il doit vouloir et de ce qui est possible. Mais le devoir de chercher remède à tant de maux n'en est que plus impérieux. Et, pour la bourgeoisie, l'intérêt est près saut. Elle aussi elle est minée par la concurrence, qui \a détruisant peu à peu les existences modestes el engloutissant les fortunes moyennes dans l'opulence des gins capitalistes. De quelle seciinie peui jouir l,i bourgeoisie entre le danger des emportements populaires el le joug oligarchique lentement forgé' pour elle.1 Preuve frappante el nouvelle de l'inévitable solidarité des intérêts1 la bour geoisie, si elle n'y prend garde, marche à sa ruine pai

le chemin sur lequel sonll're le | euple. Malheureusement ,

elle ne parait pas s'en être doutée jusqu'ici. « Le travail

est un frein ». «lisait un jour M GutZOt, et, plus tard, du

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haut de son fauteuil de président, ll.Sauzet affirmai) que l.i Chambre n'avait pas charge de fournir du travail am ou\ riers.

i Doore, >i l;i nationalité n'avait pas Réebi! Haïs, dan la politique étrangère comme dans la politique intérieure, la bourgeoisie n'a eu ni prudence vraie ni coop-dVcH. Voulant la paîi d'une ardeur violente, elle a eu l'etoorderie de ne B'en poinl cacher. Ette a nus a s'homilier une affectation folle. Uissi, les occasions de goem Be sontelles multipliées i l'excès Que de provocations! que de mépris! i n temps fui où, sur chaquepoint du globe, notre pays fanai I dan- le moindre des citoyens saluer sa grandeur en quelque lieu que des enfants delà France eussent été conduits par les affaires ou poussés par le hasard, la

slé de notre c mune mère - \ trouvait pour les

proléger, <-t la patrie voyageait avec <'u\. • ombien désastreux, combien rapide le changement '. Voici quela i ram •■ ne i*«-»* i plus sortir de chei elle sans être exposée i Poutrage. Bustamente la bravait hier, el Rosas l'insultera de main. Oè sont nos amis Quelles positions nous restent en Kurope ? La Pologne est en exil, non- avons frustré l Italie el opprimé la Suisse : la Russie nous menace, la Hollande nous hait, la liclgique non- jalouse, l'Allemagne noua évite, le Portugal nous ignore, l'Espagne nous échappe, l'Angleterre nous domine, et la conjuration des Puissances nous a fermé l Orient, i h quoi ' reliait il donc une intelligence si haute poui comprendre que l honneui

national poi \<- intérêt . que le courage >■> i i-'- le daa

pi iili onlei i.i guerre par vertu el justice dispense d'acheter la paix et l'assura \ que la vateui de Il Mf chandisc gagne ù l inviolabilité du pavillon ' Ouvrai lins

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toire de Cartilage, de Venise, de Cènes, de L'Angleterre, de toutes les nations fameuses par le commerce, et vous verrez si c'est aux inspirations de la peur qu'elles ont dû les prodiges de leur opulence! Ce n'est pas qu'on doive éveiller parmi nous l'esprit de conquête. La France ne veul pas les peuples pour sujets. Il est dans son génie. secondé par des pouvoirs qui l'adoptent, de sauver le monde, non de l'asservir. Où les Anglais s'imposent, nous senions la pensée. Clorieuseinent inhabile à se fixer, la France est comme le .Nil : ce qu'elle submerge elle le féconde, et elle passe. liaison de plus pour qu'elle veille sur sa force, puisque les peuples en marche vers la liberté souffriraient de notre affaiblissement, et que la civilisation serait entamée par aos revers.

De son véritable génie résulte aussi, pour la France, le devoir (!<• se répandre. Par s, m tempérament plus encore que par sa situation géographique, la Franceesl une Puissance des mers. A sa nature communicative, à ses passions cosmopolites, il faut des issues. Enchaînée ; ports, refoulée dans ses villes, repliée sur elle, forcée de retenir dans son sein sa chaleur exubérante et l'inextinguible foyer de son dévoùment, elle deviendrail terrible à ses voisins et à elle-même. Ce qu'on lui enlèverait en aventures héroïques, on le lui rendrait en soulèvements Pour la sauver des agitations intérieures, sa prospérité navale est nécessaire. El ce n'est pas une des moindres preuves de l'incapacité politique de la bourgeoisie, qu'un tel aperçu lui ait échappé.

Mais que dire de i';i\ euglemenl qui a fait rechercher I alliaie e anglaise alors qu on s attachait à maintenir en France un ordre social fondé sur le principe de la con

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currence inimitée? C'était vouloir1 deux choses absolument inconciliables. La concurrence poussant à une production indéfinie, sa logique conduit à rétablissement d'un vaste système maritime et commercial, à la posses sion de l'Océan. I.' Angleterre pouvait-elle consentir au par lagedela mer? Elle eûl été perdue. L'alliance anglaise nuiis condamne donc a n'être qu'une nation continentale; et, pour peu que nous j consentions, la concurrence va nous étouffer

Voilà de quelles causes générales est sortie la situation présente, lune aux uns, incertaine pour les autres, elle est pleine à la Ibis d'illusions el de périls. \ qui n'a pas mi l'approfondir, elle peul paraître rassurante . el cepen J.ini la mort j germe sous le déshonneur. Ce silence est fatal, ce repos est sinistre. Notre calme est celui de I é puisement. Mais, ainsi qu'il Brrive dans les empires qui penchent, nous en sommes venus a prendre pour des gages de durée, pour des promesses de bonheur, l'énervé

ni des ftmesel l'abaissement des caractères, Dixansde

I aii nous uni pins im^cs que n'eftl lait un demi-siècle de guerres . el nous ne nous en apercevons seulement pas '

Dieu ii"us garde, pourtant, «le désespérer <!■• notre im\s' m esl des sociétés raides en quelque sorte, inflexi blés, ei que volontiers i on comparerait à ces lourds cava liera <ln moyen Age bardés de fer difllcilemenl on les atteignait nu travers do leur épaisse armure, mais une fois pai terre, Ils ne pouvaient plus se relever, tutre esl la 1 1 .1 in i-, su, îété douée, dans sa i • • > « p, d'une souplesse mei veilleuse el <im semble éternellement jeune \ quelles Fati .■in s s.His exemple bI sans nom n ■ I elle pas résisté ' i»e I THIl a l S I A. elle a eu des rolères et enduré des soûl

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