‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 2 sur 220 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

et l'on s'oublia jusqu'à faire luire à sa vue la promesse d'une grâce qu'on était décidé à ne pas lui accorder '. H. Lavocat contribua-t-il à l'entretenir dans le lâche espoir de racheter sa vie en trahissant ses complices? Nous croyons pouvoir affirmer le contraire. Mais ce qui est certain, — et l'on en verra plus bas la preuve, — c'est que Fieschi conserva jusqu'à la lin la conviction qu'au moment décisif sa tête serait refusée au bourreau. Ce qui esl encore certain, c'est que les représentants de la justice ne dédaignèrent pas de spéculer sur la vanité de ce malheureux. On l'entoura d'égards dont l'artifice égalait à peine le scandale. Pour qu'il pût envoyer de l'argent à sa maîtresse, faire largesse à ses gardiens, el ajoutercomme Pépin etMorey, quelques douceurs au régime de la prison, diverses sommes lui furent successivement données : elles finirent par s'élever à près de quatre mille francs, et il se plaisait à en disposer d'une manière fastueuse. Que de fois ne s'entendit-il pas appeler monsieur el mon cher! <>n s'informait de sa santé avec une sollicitude don! l'urbanii ■ l'enchantait, on lui laissait deviner en quelle estime on tenait son intelligence. Et lui. il acceptait ces nom mages comme une suite d'amende honorable faite tardi vemcnt par la société à sou génie long-temps méconnu . lui fond de sa prison, il poursuivait les plus hauts personnages de lettres écrites dans un jargon a part, el où aux plus bizarres adulations se trouvaient cousus des lambeaux d'érudition grotesque, l n jour, il traça un parallèle entre Pépin I épicier el Pépin-le-Bref; un autre jour, il composa

' On lit page 113 des Inli Vous devez tenir à votre famille

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un long travail dans lequel il se comparait ;'i Salvator l orsque Talle^ rend m'a entendu, disait-il, il s'esl « troublé, retrouvant dans mon organe celui de Napoléon, « qu'il a trahi. « Si bien qu'un scélérat, le plus vil peutêtre qui ail jamais existé, en était \<'im à tomber dans l'adoration de lui-même. '

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