‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 3 sur 220 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Pour tirer parti de cette ivresse sans nom. il ne restait qu'à rendre odieux à Fieschi les complices qu'on lui supposait. Or. Nina I.assave ayant déclaré tenir de Morey que c'était lui qui. dans la nuit du 27 au 28, avait chargé la machine, on eut soin de rappeler à l'assassin l'explosion qui l'avait mis à deux doigts de la mort. Plus de

voila Illumine, vottre aute sagesse sous tous le points et principalement pour nen mettre jamais apperciic à vottre âge que lé travaux législatif vous fus à charge.

« Que le gran nombre san plagnerait jusque à dire, c'est un fardeau plus pèsent que le Mont Ktena que moi je conais lie Lien. Pour moi je vous admire et que je vous ai liien éltudié dans mes entérogatoir.

« Car tout saison de la vie a ses eppine pour qui conque qu'il travaglcrait, si sérieusement, depuis long temps pour la patrie, car un homme en «enlisent .-es travaux particuliers n'en crain le reproche de personne.

« Mais celui qu'il est sincère à s> ni pa> néglige la famiglc et ses affaire pour prouver la douce sadisfactions qu'il nen néglige rien- pour lui être utile. Monsieur le président, l'homme devait sa gloire a sa patrie et non a lui-même. Le meilleurs arme de la vieillesse sont les lettres et la vertu, cultive dans le cours de sa vie.

■ Elle produisent à la On des fruit hien précieux non solement parce que elle-même sonl pas abondante, pas dans l'arrière saison, cel qu'il est déjà beaucoup Mais encore parce que le témoignage d'un conscience pure Et le souvenir de plusleur action vertueus sont des grand sadisfactinn pour

L "homme.

« Monsieur le l'rc-idenl t Quel sadisfaction de terminer une vie pure el tranquille parunvie-

xler.se lieiireu.-e et douce, tel fut eele de Platon qu'il inoiiiue a l.ixe de

quatre-vincl un ans ; tenant la plume a la main. Tel fut la fin de Isocrateque quatre-vinct ii ans composa son pnnathainaige, et qu'il vécut encore clnque ans !

€ Sou maître Gorgias de Lconse vec [uc cent T ans sans abandonner ses occupation ordinaire ;

€ a répondit a quelqu'un

t Je vous voudrais vivreenc Ion temps parce que je nais pas do

reproche à me faire,

« Eh bien Monsleui le Présldcnl

n ustoibi m ma us.

doute More] evail chargé quelques-ans des hjsils de manière a les faire éclater, parce que, craignant une trahisonde la pari de Bon complice, il l'avait pris pour victime ( es insinuations eurent le succès prévu : le 11 sep lembre i S35 I assassin compléta bob aveux.

Il en résultait en substance que Fieschi avait inventé la mai hine <lans un but purement stratégique : que l'idée de la faire sei » ir a luer !>• i"i était venue de More] . '|ur Pépin avail Fourni l'argent pour le loyer de la maison el • du bois de la machine. l>u reste, le dénonciateur niait la complicité de Victoi B lireau, si rortemenl compromis dès l'origine; et, pour ce qui est >!>• Bescher, <>u n'avait .1 lui reprochei que d'avoir prêté a Pieschi sur la de Morey, son livret et son passeport l < l était l'étal des choses lorsque, !<■ 30 janvier 1836, 1 omme nous l'avons dit, les débals b ouvrirent. More] s'j montra jusqu'au bout ce qu'on l'avait vu i.l 11 \ avait dans l altitude *l«- ce vieillard quelque ■ .1 de singulier. \u milieu de tant d'hommes diversement émus, seul il ne témoignait m h. mu', in inquiétude, m élonnemenl, ni colère, ni pitié toujours Lacilurne, toujours immobile, il n'appartenait a l assemblée que lorsqu on I interrogeait, il répondait alors niei < c >l' M h il iiaii accusé, mais cela Iroidement, en

• ) I' Mi. lupi ■ qui I

..HAi'iuir :.

peu de mots, sans ostentation, sans embarras, sans insistance. Hautement dénoncé par Fieschi, il ne sortit pas un instant de cette impassibilité extraordinaire. Son front resta déglace, el l'on ne surprit pas même sur ses lèvres le sourire du dédain.

Pépin, au contraire, passait tour-a-tour d'une agitation fébrile à un morne accablement. A la moindre question. il se troublait, promenait sur rassemblée des yeux suppliants et remplis de larmes, parlait de sa femme, de ses quatre enfants, et balbutiai) des paroles étranges, évidemment dictées par l'égarement de la peur. Je suis innocent, disait-il sans cesse. Il ajoutait qu'il était victime d'un complut infernal, qu'on avait juré de le perdre. Puis, il retombait sur son banc, épuisé, anéanti.

Pour ce qui est de Fieschi, comment décrire sou altitude el son rôle dans ces déplorables débats? La tète baule. le regard superbe, le sourire du triomphe sur les lèvres, il marquait ses victimes d'un geste théâtral el se haussai! en quelque seule sur son infamie, amusanl les juges par des bouffonneries ignobles, faisant l'orateur, affichant des prétentions d'érudit, visant à l'effet, attendant qu'on l'applaudit, ainsi qu'un bateleur sur les tréteaux. El parmi les juges, il s'en trouva >|ui l'applaudissaient. A chacune de sesatrocespasquinades, on se mettait à rire . sur les bancs de la pairie, de ce rire approbateur qui semble encourager. L'assassin venait-il àse lever? les lorgnons se braquaient de l oui es paris sur lui, roi unie en un spectacle. Faisait-il signe qu'il avail à parler.' aussitôt desvoix impatientes s élevaienl : i t ieschi a demandé i i.i parole . Monsieui le président ,1a parole esl à Fieschi. » On ne voulait pas perdre un mol de ce qui pouvait sortir

lï HSIOMI H DU ISS.

de l;i bouche de ce grand homme! El lui ne se possédait |ms .1 orgueil el de joie, sa main sanglante cherchai! des

mains i presser publiquement et elle en trouvait.

Il échangeait avec >a concubine, placée dans les tribunes, des signes d'intelligence el d'affection 11 posait, il trônait. Que dire encore? C'était lui qui dirigeait les débals, lui qui excitait ou gourmandail les icn i<»in>. lui qui exerçait les fonctions d'accusateur public, lui qui gouvernail l'audience. Etait-il rien qui ne lui lui permis ' Tantôt, pour donner une idée de la manière dont il rallail viser, il criait A II. Pasquieren le couchant en joue avec ses doigts Je suppose, Monsieur le président, >|in' unis soyez un canard . tantôt, raillant le malheureux Pépin, qui semblait engagé dans un commencement d'aveu ► il ne faut pu -«■ décourager, disait-il une Femme a. • couche à sept el à neuf mois. Voilà sept mois.. .Pépin nmence à accoucher. Quelle que fût son impudence,

Kieschi n'osait, tout en le dénonçant, insulter m j

m. h- voyant l.i timidité <lr Pépin, il prenait un plaisii réroi e a le loui nei en i idicule >•! .1 l n< câbler. Pour lui. il

plaisance, s'avouait !<• plus grand des

< rimmels, <•{ se déclarait trop heureux <i avoii 1 payei de -..h sang la vie des infortunés morts sous ses ■ 1 >up- Hais plus il insistait mm le sort qui lui était réservé, suri • ■> ha i.tml qui l'attendait, plus il devenait manifeste qu'inté

1 i.-ui ■• ni il 1 rayait 1 m grâi e D autant qu'il avait soin

de flatter outre mesure ceux de qui elle paraissait dé pendre Heureusement, il se passa, dans le cours du pr<

quelques scènes qu soient du scandale d un tel triom

phe Parmi lei lém s que Kieschi eut poui conlradio-

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