CHAPITRE III. il
sur la route de l'échafaud : « J'avais, dit-il, à l'égard de « Philippe I", le droit dont usa Brutus contre César. iK's rumeurs violentes l'interrompirent. Il continua: « Le < régicide est le droit de l'homme qui ne peut obtenir « justice que par ses mains. » Alors un mouvement ayant éclaté sur les bancs de la pairie, le président retira la parole à l'accusé. Il la lui rendit après la réplique du procureur-général ; mais comme Alibaud en revenail toujours à l'expression de sa haine pour le roi. M. Pasquier, pour la seconde el dernière fois, lui imposa silence. Le régicide Louvel avail été jusqu'au boul écouté par ses juges.
Il n'y avait pas de doute possible sur la nature de l'arrêt qui allait être rendu : Alibaud fui condamné à avoii la tête tram liée.
Ce procès el cette condamnation Grent sur le peuple une impression profonde. Les uns tremblaient d'ajoutei .1 la force contagieuse du fanatisme, s'ils laissaient percei pour le coupable le moindre sentiment de compassion; ils craignaient que les esprits faibles ne prissent pour une apologie de l'attentat l'intérêt manifesté au coupable, et, -ou > l'empire de ci 'lie crainte, ils s'abstenaient. Quelquesuns, plus passionnés, maudissaient Uibaud a cause de ses vertus, après l'avoir maudil a cause de son crime: moins convaincu ci moins courageux, iis l'eussent poursuivi il une haine moins ardente. D'autres enfin jugeaient que la vérité esl inviolable dans tous les cas, ci que l'assassinai esl en -m asses odieux pour qu'on se dispense d'être injuste même a l'égard d'un assassin; ils s'apitoyaienl donc sur la jeunesse d' Alibaud, si déplorablement égarée, mii su sensibilité pervertie, sur .son courage; il- songeaienl à ce que le condamné avail souffert, et a cettu
j; HISTUllI H MI UB.
expiation si prochaine, si formidable!..... Les accusa-
ii min de vol el d'imposlure lancées contre loi étonnaienl
! libaud était-il un voleur pour
élancé au-devant d'une morl certaine, armé d'un
instrument dont il n'avait pas payé le prix, et léguant à
st - .mus les modiques Mettes de -;i misère l h «jiioi ! pour
Fieschi des flatteries pleines de scandale! pour tlibaud
tous les genres d'outrage ! V quoi bon, d'ailleurs, injurier
un homme au moment où l'échafaud le réclame, el quand
Dieu d sa vie? Vrmand Carrel rappela, dans le
ii, que, même chez les sauvages du lac Erié, on
roil pas le « 1 1« n t d'insulter celui qui >;i mourir; el
il opposa aux véhémentes afflrmati M Martin du
\cinl sur la basse |ue suppose la pensée • 1 1 ■ régicide,
rôles de U. rhiers, devenu depuis ministre : Des républicains 'i111 croyaienl voir un nouvea pouvaient s'armer du rer de Brut us sans être dos i-.>iiis. u \ .1 mu' grande lui blesse ;i les en justi-
I lier'. »
i . Mi-, u-- s'animanl el se généralisant, lesécrivains
du i hAteau appelèrent l'assassinat politique une •■
lion républicaine. Vrmand Carrel répondit ■■ il j ;i eu,
■ depuis cinquante ans, bien des mis, bien des princes
iiuini - i omptons, el nous verrons par quelles idées
ont été aiguisés les poignards ou chargées les armas
ii ides, (lustave m. roi de Suède, .1 été assassiné pai