‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 23 sur 220 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

était profondément endormi, lue lampe brûlait à deux pas de lui. éclairant son visage, on régnait une grande sérénité Le confesseur «'veilla son pénitent, et ils échangèrent, sons l'œil de Dieu, quelques paroles suprêmes. Alibaud écoulait le prêtre avec respect: mais la terrible pensée qui était, pour ainsi dire, entrée dans son sang, il devait la garder jusqu à la tin. Avant qu'on l'appelât pour la toilette fatale, faillie Grivel lui demanda s'il ne désirai! pas goûter du vin de son pays, In verre fut apporté, dans lequel Alibaud trempa ses lèvres. Mais aussitôt sa ligure se décomposa, ses yeux se remplirent décolère et de terreur. L'abbé Grivel devine les appréhensions d'Aliliaud : il prend le verre avec vivacité, le vide et rassure ainsi le condamne. L'eau . «lue la prudence des gardiens avait mêlée au breuvage offert, avait fait craindre à Alibaud qu'on n'eni voulu, au moyen d'un narcotique, assoupir Son énergie pour calomnier son courage. A quatre

heures du matin, l'exécuteur étant arrivée la prison, on lit descendre Alibaud dans la petite pièce de l'avant-greffe

Son visage était pâle et lier. Lorsque l'exécuteur lui toucha le col, ayant éprouvé un rapide frisson, il se mit à sourire. On jeta sur lui le peignoir blanc el le voile noir des parricides, costume lugubre qu'on avait épargné a Ficschi. rous ensuite se mirent en marche.

L'échafaud, que l'on vante i omme imprimant la terreur par l'exemple, l'échafaud, qui, d'après la loi, doil être dressé devant le peuple assemblé, avail été comme caché sur la place Sainl Jacques, loin du centre de Paris, à une heure où toul n'est, dan- les rues, que solitude el obscu rite. Vatour du lieu de l exécution se pressaient, sur an triple rang, des milliers de soldats

HIMdlKi: M l'l\ *•>«

iM.nr .m pied de l inslrumeol du supplice et débarrassé du voile noir qui lui cachait la figure, Alibaud écouta -mus trouble la !<•• lure de son arrêt. Près <l«' recevoir le coup mortel, il cria d'une voix forte : le meurs pour la liberté! Puis il parcourut lentement du regard la rouie des soldats, témoins silencieux et immobiles

\ i un] heures, !<■ trot sonore des chevaux lit retentir le pavé qui mène au cimetière des suppliciés, et les cavaliers : le l'.u urenl . Déjà le corps était hors >lu panier, et nu allait le rendre .1 la terre, lorsque, Buivanl une formalité sinistre, le fossoyeur prit la tête par les cheveux, et la montra en disaul Vous le voyez, c'est bien Uibaud.

i .é presse était encore sous l impression de ce drame, lorsqu elle lui amenée loul-à-coupa s'occuper de sa propre constitution . i ur uns grande révolution allait - introduire dans le j"m ualisme.

Parmi les auteurs de cette révolution figura M Emile de (iirardin, un spéculateur.

Diminuer le prix des grands journaux quotidiens,

m- leui clientelle par l'appât du bon marché et

couvrit les perles résultant du bas prix de l'abonnement, pu i augmentation <lu tribut qu allaient payer i une pu blicilé, devenue plus considérable, toutes les industries

qui se font ■ ncei k prix d argent, lel était le plan île

M i mile de Girardin

Unsi l'on venait proposeï de changer <-n un traflr vulgaire ce qui est une magistrature, et presque un sacei uoee "H venait proposer de rendre plus large la part

(aile jusqu'alors, dans les j taux, I une roule d'avis

menteurs de recommandai i banales ou cyniques ol

iux dé|tens de la place que rét lameol la philoaophie,

Page 1