CHANTRE III
l'histoire, les arts, la littérature, tout ce-qui élève, en le charmant, l'esprit des hommes; le journalisme, en un mol, allait devenir le porte-voix de la spéculation. Nul doute que. sous cet aspect, la combinaison nouvelle ne fût condamnable. D'un autre côté, elle appelait à la vie publique un grand nombre de citoyens qu'en avait éloignés trop long-temps le haut prix des journaux; et cet avantage, il y avait évidemment injustice à le méconnaître. Mais lés intérêts sont toujours absolus et exclusifs dans leurs colères : M. Emile de Girardin, qui avait commencé l'attaque, fut attaqué à son tour, et avec un blâmable excès d'àpreté, par quelques-unes des feuilles dont une concurrence inattendue menaçait la prospérité ou l'existence. Et, chose étrange! ce fut le Bon Sens, journal démocratique, «pion vil figurera la tète de ce mouvement. Il est vrai qu'alors la direction du Bon Sens était flottante et divisée, circonstance qui permit à un des rédacteurs du feuilleton, M. Capo de Feuillide, de faire agréer ses attaques contre la presse à bon marché et contre M. de Girardin. Les articles publiés étaient écrits avec beaucoup de verve, beaucoup d'esprit, mais sur un ton qui manquait île mesure el de gravite. M. I.inile de (.irardin. qui avait un journal pour se défendre, se défendit par un innées en diffamation, se réfugiant de la suite sous la protection dune loi qui n'admet point l'accusateur à prouver que l'accusation est juste. De là une irréparable catastrophe.
Armand Garrel, en effet, n'avait pas cru devoir rester spectateur impassible d'une querelle commencée par un journal de m m pari i : et le io juillet 1836, il publiait il.ui-> le \aiimtiil quelques lignes dans lesquelles il soutenait
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que M de FeuilUde avait bien le droil de trouver mauvaise 1 1 nii.-pi ise de M. de Girardin, blâmanl d'ailleurs i a dernier d'avoir eu recours aux l«>i- de septembre.
M i mile de Girardin répondit par un article qui semblail jeter des doutes sur la loyauté du rédacteui en chef ■ lu \:itioti<il. et annonçait en termes généraux des attaques ultérieures
\ l égard de l'bomme qui prétendait entrer en lice avec lui. ( .h rel était placé asseï haut pour ne se pas émouvoir Hais h -!• laissa emporter par l'ardeur 'l'' son sang.
\v.nii (l aller plus loin, j>' dirai quelle était ;i l< >rs s;i situa lion d'esprit 1 n trouble invincible 1 agitait. » ar, tout m lr saluant chef de parti, l'opinion ne lui fournissait aucun point d'appui sérieux, et il le sentait amèrement. i m.' il était dans -.i nature de redoutei les emportements populaires, el que la possibilité d'une vaste réforme sociale lui apparaissait ;« peine dans If lointain, peut-être se serait-il appuyé volontiers sur la bourgeoisie, s il i avait jugée digne <l<' la république el accessible au goût des grandes < hoses Mais la voyant soumise en général -i des pass s grossières, amoureuse il un repos sans
grandeur, passionnée poui le médiocre 1 1 servile par eu pidité, il s'était détourné d'elle avec un mélange de i ii .1 indignation il portail <i ailleurs, ■> i elui qu elle avsil rhoisi pour guide , une haine pus, pic personnelle, une haine dont chaque accident nouveau de la politique va n. ut envenimei el creuseï dans lui la blessure
D'un autre roté, il se trouvait mal I i .n-.- dans son propre parti II l'effrayait d'avoii ■> ronduire rertains
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