‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 25 sur 220 · CHAPITRE III. 5H · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. 5H

Hère-pensées de despotisme, dont su modération prenait alarme. Au milieu des tentations de la crise prévue, sauraient-ils respecter la liberté individuelle:1 consentiraientilsà proclamer sur-le-champ le régime du droit commun? Voilà ce cju'il se demandait sous l'empire d'une magnanime inquiétude. Eux rependant, ils étaient là. l'encourageant à l'audace, le pressant, le poussant, lui niant de marcher et de vaincre, sans s'inquiéter des limites futures parce que. la victoire une fois remportée, l'essentiel est moins de. la faire absoudre par les vaincus que de la compléter et de l'asseoir. C'est ce qu'il tut impossible à Armand Carrel de nier jusqu'au bout, surtout en présence des excès d'un pouvoir qui ne gouvernait que par la colère. Les pensées de l'homme d'État et les ressentiments du citoyen qu'on opprime combattaient donc en lui les inspirations du chevalier, el ce combat avail fini par le

jeter dans une Iristesse héroïque.

il s'affligeait aussi du perpétuel refoulement de ses désirs. Il lui aurait fallu les tourments de la gloire, la vie

des camps, el il n'avait, pour employer son énergie, que le journalisme, genre de lutte dont les émotions, si vite effacées, ne rachetaient point à ses yeus les froids smnis el i>^ fatigues vulgaires.

Heureux encore s'il n'avail pas été en butte, parmi les siens, a îles défiances qui. austères seulement de la pari des uns. présentaient chez les autres un caractère mar que d'injustice, suivant ceux-là, il n'était m assez respectueux pour le peuple, m assez impatient de -mi triomphe i eux-ci allaient plus loin : ils lui reprochaient son élégance militaire el les formes patriciennes «le son dédain : ils ne pouvaient lui pardonner l'injure de sa supériorité el

lli-IiuRI. M l>l\ KS.

qu'il <Mii conquis jusqu'à l'estime de ses adversaires. » esl l.i en effet i v <i1"' pardonne le moins aisément au\ hommes d'élite la médiocrité envieuse qui, dans un p;î > - libre, gronde au fond de tiui» les partis. Mais la liberté vaut Imcii que, pour la servir, <>n affronte le plus grave de ses s, qui esl l'oslracis !

Pour achever ce tableau de l'agonie morale d'un grand i œur, ajoutons qu vi mand » arrel recevait depuis quelque temps des lettres anonymes qui lui prodiguaient tantôt la menace, tantôt l'insulte : elles l'appelaient spadastm, el

lui prédisaient c n>' châtiment il<- la dictature n

pai son courage, une fin prochai -i tragique. Quelquesunes de ces lettres présentaient de sinistres emblèmes un pistolet el une épée an croix, par exemple Dans >i< ■-

temps illeurs, Vrmand Carrel n'aurait eu que du mé

■ m tant de lâcheté, m. us. au point de décourage iiiiiii où il était tombé alors, il ne pul se défendra d'une *e< rète angoisse, cl il eul des pressentiments, l n jour il raconta en ces termes aux plus intimes de ses amis, un songe dont le souvenir i<- poursuivait « J ai vu ma mère •• pendant mon sommeil, i Ile était velue de noii el avait

les yeux pleins de larmes Je lui ai demandé avec el

i )ui pleurez-vous i si ce mon père Non

i -i ce mon ii ère Von I i de qui donc i»>i

ii / vous le deuil De vous, mon fils, « i e lende main de ce rêve prophétique, trmandl arrel écrivait dans

ii- Sational les lignes que nous avons menlio ta plus

haut, el qui provoquèrent , de la part de M Emile de Ci i. n. lin 1.1 réponse donl noua avons parlé

i e déliai élail il cngiiKé de telle sorte que, t il demeu rail (I mes termes une rencontre dût naturelle

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