CHAPITRE III. (il
ment s'ensuivre? Carre! avait une susceptibilité trop altière pour hésiter. Accompagné de M. Adolphe Thibaudeau. homme d'un rare talent et son ami, il se rendit en toute hâte chez M. Emile de Girardîn, décidé à obtenir, ou une explication publique, ou une réparation par les armes. Il entra tenant à la main le journal de son adversaire. Il faisait effort sur lui-même pour être calme, et il n'y eut rien que de très-poli, soit dans ses manières, soil dans son langage. .Mais à peine avait-il commence que M. Emile de Girardin exprima le désir d'appeler dans la discussion un de ses amis. M. Lautour-Mézeray, qu'il envoya aussitôt chercher. Jusqu'à l'arrivée de M. Lautour- Mézeray, il y eut un assez vif échange de paroles. Armand Carre! crut voir dans la résistance île M. de Girardin une intention de duel, et, comme il en faisait l'observation, « une rencontre avec un homme tel que vous. Monsieur, « lui dit M. de Girardin, me paraîtrait une bonne fortune. « — l ii duel ne me parait jamais une bonne fortune, à « moi, répondit Carrel. » Peu d'instants après, M. Lautour- Mézeraj étant arrivé, sa présence vint donner à la discus sion un tour plus conciliant, et il fut enfin convenu que quelques mots d'explication seraient publiés dans l'un et l'autre journal . M. Emile de Girardin parlant de rédiger la noie, séance tenante, « vous pouvez vous en lier à moi. " Monsieur, lui dit Vrmand Carrel avec dignité. » ta querelle paraissait presque éteinte : un incident la rallu ma. M. île Girardin demandait que la publication île la unie cul heu simultanément dans les deux journaux. Carrel voulait, au contraire, qu'elle eût lieu d'abord dans /-/ Presse) mais q rencontra, sur ce point, une opposition persistante. Vlors. étonné, blessé au vif, n'ayant plus rien
Il MUlkl
iter .m\ efforts de modération auxquels jusque-là il i lié si noblement, Carrai se leva et >i ■ t : ■ Je suis i offensé, je choisis le pistolet. • il sortait, lorsque, par uiif louable inspiration, M. i autour-Mézeraj courut après lui pour li' retenir et l<- calmer. Mais une inexorable fatalité pesait sur toute cette affaire. I e soir, la discussion se ranima entre MM. Ambert el rbibaudeau, .unis deCarrel, i autour-Méxera] et Paillard de \ illeneuve. représentants de M. >li' Girardin. <>n ne put B'entendre.
il est souvent donné aux natures supérieures d'avoir de ii h mus sûres qu'on ne saurait nier, quoique la raison soit impuissante i en pénétrer !<• mystère, Armand
I, dans les affaires d'honneur, s'était toujours élancé
vant du péril avec une insoo< iance extraordinaire, eu homme qui - abandonne k sa fortune el qui se plall i inlcrrogei Hèremenl la destinée Or, on observa que, sous ce rapport, an changement notable venait des'opéiii en lui C'était bien toujours le même sang in ml. la même sérénité; mais ses discours semblaient contenir, poui sis .mus. je ne s. us quelles consolations cachées,
ire avait quelque i hose >\ un adieu, >•! il était tout
enliei pu la pensée ■■ ceui qui lui étaient chers il mit k rendre un dépOl qu on lui .ivaii confié une précipitation
,n il h ,i\.ul |. un. us t.ul . il > occupa de mui
testament
i ini le rendredi 19 juillet 1836, de grand natta, qu Armand Carrai el m de Girardin se retrouvèranl en