‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 28 sur 220 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

présence d'amis silencieux, Armand Carrel eut un délire sublime. Ses bras, ('tendus hors du lit. cherchaient sans cesse la main de ceux qu'il savait là et qu'il aimait. Dans son monologue, mystérieux comme un rêve et colore comme une prophétie, on eût dit qu'il se bâtait d'exhaler tout ce que renfermait son âme puissante. Il parla de la France, de l'Espagne, dont ses vœux et ses regrets mêlaient étroitement les destins. 11 fit avec une netteté surprenante la description imaginaire des rues de Madrid. qu'il n'avait jamais vues. Il exprima quelques plaintes sur l'injustice de ses ennemis, et il évoqua le souvenir de plusieurs de ses amis dans un langage d'une éloquence passionnée. En parlant d'un officier nommé Maillé, morl en

Afrique, il s'écria : « Il a été tué d'un coup de pistolet

« non d'un coup d'épée c'était un brave. » les

parties de celle funèbre improvisation étaient diverses, sans liaison entre elles: mais chaque fragment, pris à pari, formait un sens complet el présentai! des aperçus d'une grandeur singulière. De temps en temps, le moulant s'interrompail pour redemander son bain. On dut cédera ce désir, qu'il n'y avail plus, hélas! de danger a satisfaire. Après avoir indiqué de quelle manière le bain ! rail être préparé, Carrel perdit lemouvement el la parole. Il j eut là un nu -ni d'une solennité terrible. Étaitce le sommeil? était-ce la mort? Tous étaient debout,

muets, remplis de respect, el connue enchaînes dans une

attente formidable. Toul à-coup on entend dans l'escalier le frôlement de la baignoire. \ussitôl Carrel, qui depuis un quart-d'heure ne donnai! plus signe de vie, se soulève, dans un indescriptible l ransporl .' ■ Voilà le bain ! Vllons! « allons! H Ses amis le prirent dans leurs bras ; mais â

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peine avait-il touche' i eau, qu'une suffocation !<• saisit, u murmura quelques paroles confuses : francs, smi, rtfca lilf/ut. poussa mi Faible cri, et rendit l'àme. Ceux qui ont assisté i une pareille scène n«' pourront jamais l'oublier.

ii mi dans -.1 dernière attitude: son pale \ exprimait la passion au repos la morl «lie/ lui paraissait pie ■ de pensées, et il avait la raideur guerrière «•! la mmobilité d'un capitaine endormi.

i les partis s'unirent pour bénir sa mémoire et pour . i . mu trnold ScheQér, rhibaudeau, Martin lui 1 1 1 • - 1 1 1 des adieux louchants auxquels l.i i rani «• entière . ■•! « hateaubriand, v

urent aperçus en larmes autour d< qui •• lendait et qui garde ee vaillant homme i ill David l .i i.ni n\ ivre en bronze, >-i sou • -i devenu le but d'un pèlerinage

iji >ui il Imi i ni a — « • 1 1 parti, qu'il 1 * « * i »

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