CHAPITRE l
jamais l'indépendance d'un Étal n'avait été plus ouvertement méconnue, foulée aux pieds. En Europe, la note fit scandale. Interpellé dans le parlement par MM. Bowling et Hume, lord l'almerston déclara que le gouvernement anglais n'avait pris aucune part ellicace à cette affaire. Vb efjicacious steps upon ihesubject. En France, toutes les âmes nobles s'émurenl et s'indignèrent. « I.a « Diète, écrivit le Bon Sens, feuille démocratique, la Diète « aurait pu rappeler à l'ambassadeur de Louis-Philippe « que son maître, frappé parles tempêtes révolutioni naires, avait été heureux autrefoisde trouver un refuge n et du pain dans ces tranquilles vallées, que les partis « vaincus ou triomphants devraient respecter comme un h sanctuaire protégé par la conscience du genre humain.'
.Mais comment donner une idée du frémissement de la Sui>M'.' A Reiden. dix mille confédérés des cantons de Berne, Lucerne, Schwitz, Soleure, Bàle-Campagne et \rgovie, se réunirent pour protester. Dans une assemblée nombreuse ci ardente qui se tint à Munzingen, le major Clias ayant parle de solliciter le renvoi du duc de Montebello. sa voix lui couverte par une immense clameur d'approbation ei d'enthousiasme. V Flawil , canton de Saint- Gall, un orateur populaire, M. Hume, axait déjà fait entendre des accents dignes d'être répétés par tous le-. é< hos de la Suisse. \ Viedikon, près Zurich, vingl mille hommes s'étanl donné rendez-vous sur le vaste emplacement du in fédéral, el du haut d'une tribune décorée par les drapeaux pris dans les guerres <\r Bourgogne, M. Zehnder s'étanl écrie : « Ëtes-vous décidés tous à repousser, au '< prix de votresang, une agression injuste?» — (lui. oui. répondirent avec force les xin^i mille voix : el uni'
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>se un votée à la Diète, gardienne de l'indépendance .•t dea ili"ii- de la patrie.
M. h- l.i Unir ne devait pas répondre è l'élan populaire, dominée qu'elle était par une prudence x.ms élévation. i m- commission avait été nommée qui semblait hésiter entre l'honneur et la peur. Ce un alors que M rhiers iin\n .m duc de Montebello une lettre dans laquelle il ail que, -i les conclusions adoptées n'étaient point h-. mil'-, la ^ui-m serait immédiatement bloquée. I proclamer comme un droit l'abus de la force, c'était i souti âges i i cependant la peur eut pour elle la majorité Lefrojel de conclusion présente ii i.i Diète par la commission portail qu'une police .'■ -, rail établie; que l'obligation d'expulser lec
pai i!i> rails constatés, auraient compromis i "i i- internationaux delà Suisse, serait im| aux cantons ; que le Directoire veillerait .1 l'exécution et sd ri userai nus 1 unions l< - invitations convenables; qu'en 1 ■ lui ri un canton, <<• serait lui qui aV ./ ,i\i r un 1 onscil do représentants fédéraux : et que mtnii h obtempérait pas, la Diète pourvoirait 1 ' nus 11.11- lin canton en défaut si bien qu'en vio lai ion .:.! , il, 1.1 souveraineté cantonale était
complètement sarrillée à un pouvoir central, placé lui
.- I iiui de la diplomatie
.un- .1 1.1 Diète, le 0 août 1838 . le projet lui rive
ui 1 ai M Mii.'ii député de Sainl-4ïall,c'esl-a
dire du plus di mocra tique de imis les 1 aillons . m. us il lui
appuyé pai l'avoyei rscharner particulièrement reapon
1I1 1 honneui de la Suisse •> cause de la haute ma
il ire dont il • lait revenu M de 1 hambriei alla plus
loin. Député de Seuchàtel, et inspiré par la -Prusse, il osa demander que le Direi toire fût investi du droit de désigner directement les suspects et d'intimer l'ordre de l'expulsion. En vain fit-on ressortir ce qu'il y aurait de honteux pour la Diète, pliant sous la menace, a bouleverser le pacte, à renoncer au droit d'asile, à se faire l'instrument des baines de l'étranger. Treize états et demi adoptèrent le projet: Zurich, tri. Dnterwald, définitivement: et. sous réserve de ratification : Zug, Soleure, Schaffbuse , Valais , Neuchàtei , disons. Fribourg, Lucerne, Berne, Bàle-Villeet Schwitz. Avaient vote ad instruendum : Appenzell, Thurgovie, Bâle-Campagne et Vaud; et, quant au\ canton-, de Genève, de Claris. d'Argovie, ils gardaient le protocole ouvert, de même que Saint-Gall, qui voulait, par une déclaration expresse, réserver le droit de souveraineté de son canton.
A cette nouvelle, toute la Suisse s'agita •. cl dans les grands conseils, appelés a ratifier la de :-i >n de la Diète, les débats se ranimèrent avec une vivacité croissante. Toutefois seize cantons se prononcèrent pour le conclumm. Mais parmi ceux qui le rejetèrent figuraient Saint- Gall, Thurgovie. Vaud et Genève, quatre des pins considérables, ei tous cantons frontières. Vaud el Genève loi manl la partie principale de la Suisse française, leur résistance an\ prétentions injustes du gouvernement français en fui plus remarquée, plus applaudie. Et aussitôt s'éleva une question grave . poui la majorité dissidente, le conclusum était-il obligatoire? En créant une police centrale, eu dépouillant la souveraineté cantonale du droit d'asile, en soumettant aux décisionsdu Directoire et des représentants fédéraux la Diète, autorité suprêi le la confédération,
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n'avait-on pas porté sur le pacte une main impie? ne l avait-on pas renversé de tond en comble? et, pour changer les termes d'un si auguste contrat, ne fallait-il pas l'unanimité des cantons? Voilà ce que M Gaullieur Soutint avec beaucoup de force el de véhémence dans le ^ ellulc raudoii, organe Gdèle des patriotes Suisses,
ii'lli- était la situation des choses el <lf- esprits, lorsqu'une machination odieuse fol lout-à-coup découverte.
i • • 19 juillet 1836. M. de Montebello s'était adressé au in m-, toire pour réclamer I expulsion d'un nommé Conseil, dans lequel I ambassadeur liane. us dénonçait un romplice de i ieschi. in-, le mi août, k dis heures du soir, le préfol de Nidau reçu) avis que, parmi plusieurs étrangers c|iu élaienl logés .1 1 hôtel de-ville, se trouvait un espion. l a-dessus le préfel de Nul. m exigea l'exhibition des passe ports. On lui en remil deux sous les noms de Berthola <'i lligliari, italiens, el un troisième sous le nom de Hermann, ii. m. .us. natif de Strasbourg, commis-voyageur, circulant en Suisse pour affaires de 1 ommen e 1 e dernier passeport été délivré pas l'ambassade française, le 15 novembre I83A, el étail signé /< chargt d'a/fairi t'rana Ci I ■•■■' Le même fonctionnaire reçut aussi divers papiers appartenant .m prétendu Hermann, parmi lesquels l* un passeport s,. us le nom .1 Auguste t 1 1 « - 1 • < ..us. ii. daté .1 \n..iin'. h- iî avril 1834; -'' un autre 1 ..~-. |...ii -..us le nom de 1 nrelli, délivré à Besançon pai t.- préfet du Itoubs, le l août 1836, valable pour vx on. arrêté .'i mit du il devant le préfel de Nidau, le prétendu