un. avoua 'i'"' son nom véritable était (kmseil ; il
nul lea trois passeports, el llnil pi nfeaser qu'il
était depuis quelque temps, au service de la police fran
i iiu'iiitt: IV.
çaise: Le 12, il fut livre a la police de Berne, avec ses deux
compagnons df voyage. Berthola et Migliari ; et. le 16. on ordonna une information qui eut pour résultat un rapport que nous citerons ici textuellement, comme un témoignage immortel de la moralité des gouvernements monarchiques !...
» Conseil déclare q^e, depuis les premiers jours de juin dernier, il est entré au service de la police de Paris. Immédiatement après la tentative d assassinat d'Aliliaud. il tut mandé dans un bureau du ministère de l'intérieur. faubourg Saint-Germain. Un secrétaire nommé Jacobin lui dit qu'il devait partir pour la Suisse. OÙ l'on taisait arrêter les réfugiés politiques, pour les transporter en Angleterre a travers la France. Il lui «lit que l'on écrirait à l'ambassade française à Berne, en le désignant comme complice des attentats de Fiescni et d Vlibaud, afin de le faire arrêter cl transporter hors du territoire : que par ce moyen il entrerail en relation avec les Allemands, les Français et autres qui seraient expulsés; qu'il devait chercher à gagner leur amitié et leur confiance, afin de savoir s ils préméditaient quelqu'attenlat contre la famille royale de France; qu'au besoin il devail faire en sorte d'être arrêté et conduit en Angleterre pour continuer sa mission, et qu'on attendait qu'il lit exactement son rapport sur tout ce qu'il pourrait apprendre. On lui indiqua l'adresse de M. le sous-secrétaire du ministère de l'intérieur. Là-dessus, il lui fut donne un paSSepOl'l SOUS le nom de Chéli Napoléon, rt une soini le 450 lianes i connue agent de
la police il tirait un salaire Bxe de 300 liane par mois; en cas de déplacement, 150 francs de plus : on lui donna
78 MIMllIRl. M hl\ »vv
«•il même temps pour direction, qu'aussitôt arrivé à Berne, il se rendrait à la police, où il déclinerait son véritable Dom, Vugusle Conseil, en ajoutant que, par un enchaînement de circonstances malheureuses, il s'était trouvé impliqué » î.i i »~- le procès de Kieschi H d'Alibaud; qu'à la suite du dernier, il avait dû quitter Paris pour éviter l;i pu — « » i » : qu'il venait en Suisse chercher un asile : qu'il sollicitait par celte raison un permis de séjour ; qu'au sur l»ln> . ses moyens d'existence étaient assurés par s;i famille de manière .1 ne !<■ faire tomlter h personne
l e (juillet. Conseil retint une place dans la diligence de Paria •> Bei m . pour !>■ lendem lin il partit ef-
fet livi menl . 1 •■ - . il était a Be an ;on . !<■ '.'. à Neufi hàtel : le n>. il arriva i Berni urna jusqu'au 1S août.
H v,- logea 'I .il I .1 l'abbaye des Gentils- Homme»
suite .1 1.1 Croix-Fédérale; il s'inscrivît dans le rontrôle des élra • le nom de Na|»oléon < héli.
1 n ii rivée. 1«' 1 1». ( onscil se rendit . .<
midi, mu la plate-forme; 1 était un dimanche, on faisait de la musique, il j .w.u\ Foule, l à, il lia conversation ivei
1 iliens Boschi et Primavesi , qu'il entendit parler h
il leur fil aussitôt pn lei il était impliqué
1 ies hi 'i il Mihaud, 1 <■ qui. d après
|i liions 1 \i ii.i loi 1 ri ■ pi i-r. de la pari >l un
homme qu il- voyaient pour la première fois 1 onformé
ment aux instrui lions qui lui avaient été données .1 Pa
ii. e de la ville
■ 1 1- l'.'iiiii- de *< jour lui fui > 'fusé, el < onseil reçut nul .• de quitlei H
• 11 n 1 n rontinui pai moins k habiter, jusqu 1 juillet relie rapilale, -mis prétexte qu'il > attendail des
CHAPITRL IV.
fonds demandés à ses parents. Pendant son séjour à Berne. il fréquentait souvent la taverne des Juifs, située dans la rue d'Aarberg, observait, à ee qu'il dit. les réfugiés, selon l'ordre qu'il en avait reçu, avait de fréquentes entrevues avec le comte romain Berthola et le vénitien Maxata, qu'il voulait, d'après la déclaration de ces deux derniers, engager à entrer dans la Société des Familles, nouvellement organisée à Paris, et calquée sur celle îles Droits de l'Homme, société à laquelle il cherchait à procurer à Berne, des affiliés, dont la majeure partie se sérail composée d'étudiants. I est ainsi qu'il fiânchissai! la lamite qui sépare la carrière de l'espion de celle de l'agent pro leur, habitude assez ordinaire aux individus une f gagés dans les liens de la dépravation.
« Pendant ce temps, Conseil avoue avoir adressé, à diverses reprises, des rapports à un sieur Jacobin, de Paris: il prétend en avoir reçu deux réponses, qui lui furent sées, poste restante, par cel individu. Ces deux réj seraient les deux lettres mutilées, sans a : anssi-
gnatures (l'adresse parail avoir été déchirée), qui sonl jointes aux pièces, el qui son! conçues dans ces I irmes
\" i. - acceptez toutes les propositions que vous fe- « ront vos compatriotes. Donnez votre adresse 1
rez, pour que l'on puisse continuer la correspondance. Paris, m; juillet 1836. »
\" •>. « 16 juillet 1836.
Si l'on veul vous forcer à quitter Berne, infoi i vous auprès de vos .unis d'un refuge dans un « voisin où von, ne puissiez être inquiété el OÙ VOU ■ ■ < des ami s. Si l'on vous expulse de la Suis e.
tez-vous à la Providence. »
Inquiété par la |»olice. ( onseil quitte Berne le 23juil ut. passe la nuit a [Seufchâtel. prend le lendemain la poste de Pontarlier et arrive à Besançon le 24. il écrit sur-lechamp .1 Paris pour demander de nouvelles instructions, qui ii«' lui parviennent pas tout de suite. Aussitôt qu'elles sont arrivées, il se transporte a la préfecture, où il reçoit un passeport sous le nom de Pierre Corelli, en échange de celui qui lui a été délivré sous le nom de Napoléon « héli, .i 150 francs en argenl pour ses dépenses d'auberge el de voyage . avec ordre de se rendre à Berne, par Morteau, liàtel el li- Locle, el d'aller chercher de nouvelles instructions à l'ambassade française Comme il objectait avoir reçu, a Paris, l ordre de ne pas mettre les pieds .i l'ambassade, on lui répondit qu'il était arrivé contre oi dre H lit remarquer qu'un passeporl i«>ut rëcenl pourrait rairc naître <!>•> soupçons sur sa qualité de réfugié, mais ■ m n eut aucun égard .i cette observation
-. rem il aussitôt en i • >u t .-. el arriva de nouveau a dans la Journée du »• août; descendu devant la ■ l tarberg, il - informa où était l'auberge du Sau là, il » inscrivit sur le registre des étrangers sous le nom de i orelli
i onseil avait ex< « i « - la défiance des réfugiés Migliari, lii Prima vesi, qui résolurent de visiter secrètement die el do n emparer de ses papiers, i Birivée de l icil .i\.ni rail manquei ce projet, on arrêta pour lelcndc m. un " aoûl un déjeuner auquel devait assistei Conseil.
i réfugiés avaient poui but dans cette réi m de si la
iproqucmenl du reprtw hc il espioni bans i.i soirée ii aoûl . Conseil se rendit forl lard .i i ambassade fraiu aise Voi< 1 1 a qu il raconte ■« re sujel :
i BAPITRE IV. 91
u Arrive chez M. de Montebello, je dis à un domestique de m'annoneer. Celui-ci fit d'abord des difficultés; il voulait connaître mon nom. savoir ce qui m'amenait, etc. ; mais comme j'insistais, on m'introduisit directement dans une salle du rez-de-chaussée où se trouvait une société de messieurs et de dames. Leduc vint aussitôt vers moi et me conduisit dans un petit cabinet, où j'aperçus un bureau ainsi que des papiers. Là. je lui donnai des détails sur la position dans laquelle je me trouvais, et le duc me répondit à peu près en ces termes : « Savez-vous que « cette position est très-mauvaise? Que faire? La police « est à votre recherchedepuisquejevousaisignaIe.il « faut que vous quittiez Berne, je vous délivrerai un h passeport sous un autre nom, et vous tâcherez de vous » échapper. » Là-dessus le duc s'assit, m'engagea également à prendre un siège, et fil chercher son secrétaire, l e dernier n'ayant pu être découvert, le duc me dit de revenir le trouver le lendemain îles les cinq heures du matin. Comme je lui fis observer qu'une visite à une heure aussi indue pourrait me taire découvrir, il changea d'avis et m'ordonna de me rendu' le lendemain, à neuf heures du soir, à la chancellerie de l'ambassade, où l'on me remettrai! un nouveau passeport el de I argent pour le voyage. En me congédiant, le duc m'adres-a ces paroles: « Je donnerai à mou premier sivreiaue les ordres nécessaires, el il arrangera l'affaire avec vous. » Sur quoi je repris le chemin du Saui agi .
« Le dimanche 7 août, dès >i\ heures du matin, lîerthola, Uigliari, Bosch i. l'rimavesi el Conseil, se rendirent au déjeuner convenu « On exigea de Conseil la cle de sa malle, qu il jetaaus
mw ■ m\ un
mMH sut ii table Berthola s'en saisit, ainsi <iinv du passeport, et il lut arrêté qu'on retournerait an Satuooge pour isitei les effets de ( onseil.
i 'est alors, disent -ils, qu'eu) lieu la visite de la malle. S H laut en croire l'un d'eux, «>n alla jusqu'à rouiller Conseil, mu lequel on trouva ' i B h*. en argent. Berthola m ■- . • i — ■ t de tous les pa| iers suspects, au nombre de >li\. •■- mêmes qui proa lard rurenl remis entre les mains du
préfet df Niil.tu
Dans cet instant, Conseil renouvela ses aveux, et, pour donner une preuve de sa bonne volonté et de l'intention "h il Hait de n| arei -.1 toute, il confia 1 ses ca mandes qu il devail se transporter le soir même, à neuf tien m-, bu secrétariat de I ambassade française puni \ 1 . evoii un nouveau passeport, de l'argent el des iiu tions qu'il promit de leur communiquer.
\ 1 heure Fixée, 1 onseil suivi de Berthola et de Mi i 1 < 1 i, qui 1 accompagnèrent jusque -ni la plat e de '■ Ihédrale, se rend il a la 1 hancellerie de l'ambassadeur.
j \ trouvai, dit 1 onseil, M, de Belleval ; il é« ii rvi moi quelques paroles et me «lit entre autres 1 lu • ni bien! comment arrangeons nous l'affaire ? elh est la n.it 111 . ■ I mettre dans rembarras. » Puis il prit on ftarmulatre de passeport en M. un . i<- remplit en ma
ure au i a- et me 'lit d'j {oindre lu mienne ce que je li» sur le-champ il avait daté le 1 port, qui portail le nom de François Hermann, du 18 no
•■ ivi.. 11 me rcmll encore I A de PYaneeen
n- .1 .'i i-n me donnant l ordre de quillei 1 ■'., rendre dani d autres » illi 1 dm
• 11 ilr de pa poui 1 • pour j -in vrillei