CHAPITRE IV
rée alors, exaspérée, palpitante, l'Espagne fut tout-à-eoup saisie d'un mouvement terrible. A Malaga, une junte esl formée sur les cadavres encore chauds du comte de Donadio et île M. San Just, impitoyablement égorgés. Cadix. Xérès, l'île de Léon, Séville, Cordoue, Saragosse, Badajoz, Valence. Carthagène, Lorca, Uicante, Murcie, se soulèvenl d'un commun élan. D'un boul à l'autre de la Péninsule, un même cri s'élève : c'esl la constitution de 1*12 qu'on proclame, cette constitution démocratique votée jadis sous le feu des envahisseurs de la pairie-, el sui un rocher, dernier refuge de la liberté espagnole.
Au milieu de celle immense tempête, seule La ville de Madrid restait immobile, silencieuse Mise en étal i siège, elle paraissait trembler sous la main du général Quesada, qu'environnail l'appareil d'une dictature homicide. Soudain, à quelque distance de la ville, presqu'aux portes de la Cranja, palais qu babite la renie, le régiment des milices provinciales se met en marche en chantant l'hymne de Riégo. C'était le i :> août 1836, à huit heures du soir, l.cs suidais du 1" régiment d'infanterie de la garde agrandissent, en s> joignant, cette sédition militaire. Quelques instants après, des sergents pénétraient dans l'appartement de Christine, et, à leur voix, sous leur regard, la régente signail un écril portanl ; « La reine au- (i torise le généralSanRoman à laisser jurer la constitution « jusqu'à la réunion des Cortès. » il n'en fallait pas tant pour que Madrid fil explosion. C'est en vain que le minis 1ère se prépare à uue résistance furieuse, c'esl en vain que Quesada parco irl les rue- le sabre à la m. un. d un air menaçant el indomptable: la révolte possède la ville: de la Porte du Soleil, ordinaire foyer de- troubles, un mu-
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gissemenl sinistre s élève; d'heure en heure augmente le bouillonnement de la foule... il Faut <|iit' le Pouvoir tombe. m i ila Ira va est, en effet, nommé président «lu Conseil des ministres, et le général Seoane capitaine-général de i.i Nouvelle-Castille. Ce fut dans la maison même de ce dernier que se cacha M Isturiz. rherché par les ven-
es i"'i ulaires Moins heureux, le général Quesada étail sorti de Madrid el s'était dirigévers le village il 1 1 • » ■laleza On le reconnut a une cicatrice de son visage, el ^.i foi te ayant été annoncée ■> Madrid, le général Seoane lit aussitôt partii des cavaliers pour le protéger. Ils arrivèrent trop lard. Devancés par des frénétiques, ils ne trouvèrent plus qu'un corps inanimé, proie foneste di ni quelques-uns s'emparèrent etdonl ils coururent à Madrid 1 1 ni les lambeaux.
relies étaient les nouvelles apportées aux ruileries i> roi s'en fit des armes contre M. rhiers. Pouvait onportei secours i un gouvernement né d'une semblable révolte ' Convenait-il de mettre l'épée delà France monarchique ■u serviredes caporaux vainqueurs de Christine? M rhiers
aurait pu répondre au roi que l insurrecti le la Granja
prouvait <l une manière péremptoire c bien il étail urgent d'exlirpei la guerre civile en Kapagne ; que c'était
pai la guerre civile qu'était allun , entretenue la colère
.1rs partis; que c'était dans la prolongation de cea 'lis
les funestes que ks ennemis de Christine puisaient
l'audace d'accuseï ses intentions el de portei la main aui
ironne : en un mot, qu'abandoniiei l'Kspagnr i elle même, c'était lui creuseï un tombeau entre l'anarchie ri i.i guerre, m rhiers aima mieux convenir que les
iloiii l t «pagncvcnail il être le théâtre demandaient