CHAPITRE IV
ajournement. Il désirait seulement queles auxiliaires réunis à Pau ne franchissent pas les Pyrénées jusqu'à ce que la situation de l'Espagne se fût dessinée plus nettement. Sur ces entrefaites, on appritqu'arrivé le 12aoûl - 1836 à Pampelune pour prendre le commandement de Ni légion étrangère, le général Lebeau avait publié un ordre du jour dans lequel, après s'être dit « honoré par le roi des Français du commandement des légions étrangère et lïan- « çaise au service de l'Espagne, » il ajoutait : « Je précède <c de nombreux auxiliaires que :1a France, dans son alliance avec l'Espagne, envoie de plus à son service. Le mois « ne s'écoulera pas avant leur arrivée. » Le général Lebeau était, celles, autorisé par les circonstances à tenir ce langage, surtout au moment d'entrer en campagne, et presque sous le l'eu de l'ennemi. Il fut désavoué néanmoins, et cela par quelques ligues insérées au Moniteur, contrairement au vœu du président du Conseil. Vint alors la question de savoir ce qu'on ferait des auxiliaires réunis a Pau. Suivant MM. Thiers, Passy, Duperré, Maison, Sauzet, Pelet de la Lozère, il fallait conserver le corps, en attendant qu'on pût voir clair dans les événements. Suivant le roi, au contraire, il le fallait dissoudre. Là était le nœud de la difficulté.
M. Thiers sentit bien qu'il chancelait; mais, voulant essayer d'une lutte dernière, il rassembla ses collègues, lusque-là, il avait marché d'accord avec eux; et, maigre des avertissements, malgré des indices déplus d'un genre, il s était plu a croire jusqu'au bout que I appui de M. de Montalivel ne lui manquerait pas. n fut donc aussi surpris qu irrité lorsqu'il entendit M. de Montalivel se prononcer hautement pour le système du roi. Cédant à sa colère.
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• Qui donc, Monsieur, s'écria-t-îl d'une voix ■Itérée, rous a appris cette leçon ' Vous ne la saviei pas si bien il \ .1 huii jours M de Montalivet répondit avec hauteur, ri le président du Conseil répliqua l li bien, allons trouver !•■ roi, il s'expliquera lui-même. Devant li- roi. M rhiers continua la lutte, el il t ni la satisfaction de se voir énergiquemenl appuyé par !<• maréchal Maison i ■• maréchal n'était i>;t- d'avis d'une intervention en
-, mais il pensait <|ii'\ puisqu'on s'était enç par m i traité, il rallait raire honneur s la signature de la i rance il parla en ce sens avec une fermeté et une nran chise militaire dont !>• un se sentit ému sans en être ébranlé Des re moment, le Cabinet du .'•' février fut
.||NXI,||>
m rhiers, en quittant les affaires, avait de graves re- - i s'adresser. La scandaleuse occupation de Cri . ..\ m- -i long temps soufferte, les avances de M de Metternich légèrement acceptées, l'Angleterre mécontentée pai
la dépêche du is mare, la Suisse poursuivie odieuse ni.
.m n. un .•! pour !.• compte des plus cruels ennemis de lu
i ■ -m il ni mu française, i étaient la *ans contredit des (autea
raciales, des fautes dignes d'un Mrtme éternel l.i partie
honorable du ministère de m rhiers est relie qui se rap
hrttea en mveui de l'I spagne n j déploya
uli mini de la ! « • 1 1 1 1 ■ ■ i . m n- encore un désintérêt
sèment élevé el courageux < e n étaîl pas, il esl vrai la
dr> ii vraie démoi ratie f]u il entendait soutenir au
delà des Pyrénées mais il ne serait pas juste de mire
-in -,. Hctère ••! de reprochei ■< sa conduite ce
qui ne fui nue le lorl de son opinion
il ii nnilotinail du reste i un pouvoii dont
CHAWTKE IV.
certaines influences, difficiles à dompter, lui avaient rendu la jouissance trés-amère. Il s'était engagé dans l'affaire de Suisse parce qu'on lui avait laisse croire qu'à ce prix «m lui accorderait l'intervention en Espagne, et il s'était vu ensuite trompe dans son espoir: il avait cru qu'on n'aurait rien de cache pour lui. et l'affaire de l'espion Conseil était venue lui prouver qu'à côté de la police ministérielle il \ avait une autre police : que de motifs de dégoût ! Attaqué par la presse, combattu par le roi. aiguillonné par I Angleterre, trompe par les autres Cabinets de l'Europe, il était naturel que la fatigue le prit. Aussi tourna-t-il les yeux vers l'Italie, où sa vive imagination rappelait ci un il voulait pendant quelques mois oublier les tourments de la politique. Mais, comme les négociations pour la formation du nouveau Cabinet traînaient en longueur, il s'en plaignit, il tremblait que, durant l'interrègne ministériel, il ne survînt en Espagne quelque malheur de nature à engagei -a responsabilité. Selon le roi, le devoir d'un ministre étail de rester aux affaires jusqu'à ce qu'on lui
eût trouvé un successeur; niais a cela M I h i<! - répondait avec raison que, si on lui laissait la responsabilité du Pouvoir, il devait m exercer les fonctions, et qu'il lui étail loisible, tan) qu'il n'Hait pas remplacé, de faire entrer, si bon lui semblait, une armée en Espagne
Le roi craignil un coup de tète de la part de M. Thiers, il pressa la négociation, ci en lit connaître enfin le résultat. Mais, n'ayant garde de se faire un ennemi d'un homme qui venail d'être ministre, il manda M. Thiers.
le reÇUl a \euill\ ;i\er un empl'essr nient all'ccl Ui'lIX . l'aC-
cabla de caresses, et, par quelques mois prudemmenl hasardés, lui laissa entrevoir la route qui ramène au Pou-
HISTOIRE Kl M\ Os.
roir M i Iiht- |nit congé du monarque, de la reine, el l>;iriii poux l'Italie, Laissant .1 ses successeurs une autorité -.m- indépendance el des honneurs qui devaient finir par n'être plus qu'une servitude pompeuse.