I.HAPITKF. V
« question, que la fraude et le faux, qui dans tous les « pays du monde, sont qualiliés crimes el tombent dans « le domaine du mépris public, soient, lorsqu'ils émanent «' de la diplomatie, qui a la haute mission de rapprocher « et de réunir les peuples, des actes ordinaires et de tous
« les jours L'honneur de la confédération ne lui per-
« met pas de supporter en silence une pareille conduite <( Et tout eeci s'est passé en Suisse au nom de la France « et île son roi! et ces faits ont donne lieu à une infor- « mation judiciaire! L'honneur de la France et celui de « son roi sonl également compromis. Mais la France ei « son roi ne fabriquent pas de faux passeports; la France « et son roi ne commettent point de crimes, et ils n'ont >< chargé personne d'en commettre en leurnom: el qui- ■ conque ne craindrait pas d'en commettre en leurnom
« attrait cessé d'agir comme leur représentant Il faut
« qu'ils connaissent la vérité qu'il plaise à la haute
» Diète de charger le Vororl d'informer, par le canal du « chargé d'affaires suisse à Paris, ou par toute autre voie « sûre, le roi des Français, ainsi que son gouvernement. « du véritable étal de l'affaire, et de joindre a cette com- « munication copie certifiée des pièces. »
Quelques terribles que fussent par leursens cache de pareilles conclusions, M. Bruggiser. député d'Argovie, les combattit comme empreintes de mollesse M de Chamhrier. au contraire, les déclarait offensantes a l'excès el
pleines île perds \pres des dchals loi I animes. dl\ étais
seulement — la majorité voulue étail de douze se pronon
cereni pour le rapport Plusieurs cantons avaient demandé le référendum ' Mais les cantons de i riboui g el de Sainl
i dire un ajournement [ prendre les ordres des c mettants.
unoiH m m ^-.
i.;ill n'ayanl pas lardé à adhérer aux conclusions, le Directoire Fédéral dut songer a exécuter la décision « !*■ la Diète.
Qui le croirait ' Sur l'opprobre de cette affaire Conseil, m Molé fut trompé comme l'avait été M. rhiers. il pril des renseignements auprès de ceux qui étaient le mieux en étal d'éclairer sa religion, et il ne sut pas tout. l'Ius lard, un sourire expressil de M <\ ^pponj lui avant inspiré d'étranges soupçons, il parvint enfin à connaître la vérité; mais « I < • i ; t le mal était (ail : déjà se trouvai! consommée, a i égard de la Suisse, nue scandaleuse iniquité. Persuadé, en effet, qu'il n'j avait rien de vrai dans la mission d'espionnage attribuée a Conseil, et que le rapport adopté par la Diète n'était que le résultat d'une Irame ourdie pai les réfugiés pour perdre l'ambassadeur Français, m Molé n'avail pasbésité à [rappel la Suisse; et, le t" septembre 1836, H. de Montebello adressai! au Directoire fédéral une note qui interrompait toute relation diploma tique entre la Suisse el la i rance
i .1 note du l" septembre re< onnaissail il abord aveu il mu- imprudence rare <|nr. dans le débat soulevé, la France n'était pas engagée directement ' Venaient ensuite
de violentes attaques contre le régi intérieur de la
Suisse, qu ' présentai! i omme dominé pai des conspi
rateura insensés Dans l'allaire Conseil la note ne voyait qu un pue! apens i on< ei lé i outre l ambassade de l ranec Kllcse len ait ainsi La France croit Ce ment que la
• Suisse ne tardera pas à retrouver dana ses souvenirs, dans « aes intérêts bien compris, dans ses intérêts véritables,
• de* inspirations qui la préserveront des |>érili auxquels
• l expose une poignée do conspirateurs étrangers Si, pai
!"• nia in-i |ti
c Il U'I I III \ -
« malheur, il en devait être autrement, forte de la justice « de s;i cause, elle n'écoutera plus que sa dignité offenséi « et jugera seule alors des mesures qu'elle doit prendre « pour obtenir nue juste satisfaction. Enfin, elle saura, et « sans coniprometue la paix du monde, montrer qu'elle « ne laissera jamais un outrage impuni. »
«.'était placer la Suisse entre la honte d'une réparation et les désastres d'un blocus commercial.
De quelétonnemenl douloureux fut saisie la partie vive du peuple français, mi l'exprimerait difficilement. Et. quant a la Suisse, un cri «le malédiction s'éleva du fond «le ses plus tranquilles vallées Eh quoi ! on avait commence par adressera la Diète des injonctions manifestement contrairesau droit des gens, attentatoires auprincipe de la souveraineté des États ; puis, pour attiser ces mêmes complots qu'on reprochait au gouvernement fédéral d'avoir tolérés trop long-temps, on envoyait a Berne un \il espion, un agent provocateur Et lorsqu'après une information judiciaire minulieuse. la Suisse élevait (les plaintes, offrait des preuves, c'était par la violence qu'on lui répondait, et l'on ne rougissait pas d'exiger qu'elle demandât pardon des affronts qu on lui avait milices ! i a Suisse était trop faible pour soutenir le choc .le la puis sance française '. Raison de plus pour que la France reconnût Ses loris ( il . .[ céder riioiiueur était double, ipiau I
on avait contre soi la justice ci pour soi la force. A l'effet de ces discours, répandus parmi le peuple, s 'ajoutait l'agitation produite et entretenue par les discussions dont retentissaient les assemblées politiques. « Quelle est. s'écria t M. steller. dans le grand Conseil de Berne, quelle est 1.1 « Puissance qui nous insulte? Celle pour laquelle nous
Il" Il l'I l>,\ l\-.
.,\"ii> versé >l<^ torrents de sang qui rougiraient le Rhin .. depuis >;i Bourre jusqu'à la mer. ■ Les journaux tonnaient, iif leur côté. Dans le \owetlistet>audois: M. t.;uillieur prodiguait i< s encouragements a ceux des députes qui, tels que MM. Baumgartner el Bruggises, couvraient courageusement de leurs personnes l'honneur de leur ■ : il poursuivait sans relâche ceux qu'animaient des plibililés moins fieras mm deChambrier deNeuf-
chatel . Sel <l d'L'ri), Burckadl de Baie • On re-
■ marque, disait \e Fédéral, que parmi les membres de la haute administration française se trouvent actuelle- • ment trois ministresélevés en Suisse ou par des Suisses \i\l i.ui/mi. Lasparin, Duchàtel : un fonctionnaire issu d'une Famille suisse, M. Delessert; et le président «lu i nseil, M. Mole, qui, lors '!<• l'émigration, vint en --.• réclamer un asile ot l'obtint . sans parler de M Louis Philippe] , qui plus d'une fois s'est mon trée glorieuse de I hospitalité que le duc de < hartras avait trouvée en Suisse. l";ii semblait ainsi concouiii .1 précipiter la rupture, et même •< la rendre terrible. i ma faisaient remarquer que le blocus commercial, après tout, ne sérail pas moins funeste à la Kranoequa la Suis •■ iK prouvaienl pai >l irréfutables calculs qu il i •> ùl poui le commerce français d'une perle de plus de 10 millions; ils montraient les villes de l yon el de Mai scille profondément érouesel inquiètes Lee autres, pré voyant la juerre, rappelaienl .1 leurs concitoyens tout nu
l'.i^si ,1 héroïsme gue 1 le Bourguig fuyant sur la
roule ensanglantée de Lranaon, an bruil de la troupe il 1 iiii-i waiil el des rornels de 1 ucerne le chapeau du rival di 1 .1 \i oaaayéaui lochampde bataille par un paysan
CHAIM1HË \. III
des cantons victorieux : l'ossuaire de Morat, el cet étang glacé où dans la personne du Téméraire, la maison de Bourgogne elail venue s'engloutir.
En même temps on se préparai! à la résistance pai des actes. Une souscription nationale fut ouverte en laveur des citoyens sur qui pesait le manifeste du ducdeMontebello. Et, pour qu'il restât bien constaté qu'aux yeux delà Suisse la nation française n'était pas solidaire desfautesde son gouvernement, on lii circuler dans le canton de Vaud une adresse au peuple français courue en ces tenues :
« Français de juillet, vous allez nous faire la guerre, à « nous qui vous sommes unis par six siècles de fraternité, à nous qui avons accueilli avec enthousiasme votre glo- ■ rieuse révolution, qui avons donne asile à vos proscrits, qui avons mêlé notre sang au vôtre dans les batailles. El quel esl notre crime? D'avoir secoué le joug d'une faction qui mettait noire vieille indépendance républi- (i eaine aux pieds des monarques de l'Europe: d'avoir déchiré le voile qui couvrait des menées infâmes ! Crime « irrémissible, pour l'expiation duquel on nous appelle à « un combat sacrilège! Mais Dieu esl juste: il nous don- « nera le courage el la force, si l'on précipite vos soldats contre nous. Wec quelle douleur nous verserions leur « sang '. Mi '. que du moins ils se rappellent, si la fortune
leur livrail quelque poinl de notre territoire, que les
hommes contre lesquels on les pousse sonl leurs frères,
ei ipi ils doivent relever parleur humanité cette injuste
et ci uelle guerre. »
\l;iis. .m milieu de ce vaste mouvement, le gouverne ment de Berne ne montrait qu'indécision el frayeur. Le parti de la résistance n'y était guère représenté que par
I | ■„• USTOUU M DU MIS.
M Slockmai L'avoyer rscharner voulait qu on se soumit. .1 \i de i.im'I qu'on eùl recours a la médiation anglaise. Quelques voix s'élevèrent honteusement contre le préfet de Nidau, qui avait arrêté Conseil ; contre MM. Bille et i uii. nui. par ordre supérieur, avaient instruit contre I es pion l min. pour comble d'humiliation, If conseil il i lai du canton de Vaud n'hésita pas à faire un procès au Vouceilisle oaudois, sui la demande de l'ambassadeur français etpour plaireà un gouvei uemenl qui, non content de lenir i.i Suisse bloquée, suspendait le paiement des rentes dues .1 des Suisses par la l rance. Le Soutellistc vaudois avait parlé de transfuge de Famars, d'apostat </< l'Hôtei-dei ille m de Monlebello basa sa plainte Bur ce que le journal, par ces expressions, avait désigné Louis Philippe
i ' i omn n craignait que la condamnation <l ■ la feuille
h ail. it | i jii-i|h a l'emprisonnement de son rédacteur,
le parque! <l<- Lausa tii arrêter m Uaulljeurpr^refiit-
. entent, sous prétexte qu'il n'avait pas rourni un cautionne ni extraordinaire, exigé pour un cas pareil, l évé
nemenl prouva que le parquet de i ausanne a va il bien fait de bâter l accomplissement des vengeances qu il servait,
i .n m tiaullieur ne lui condai - qu'à une faible amende
Vu, était il 'in dans les considérants, empreints d'une
• i ••ii- injurieuse et inconvenante, que, bien que le
nu des français ne Ml pas nominativement désigné
dans l'article inc il d'j avait paa moyen de le
ni' -i onnallre dans les expressions de transfug< et il a ttai . vu, surtout, quant à la première, que, il après ■ l'Histoire de la Révolution française pai M rhiers, le dm 'i Orléans était leseul officier général <|m eut passé .i mu ii- camp ennemi avec Dumouriex. »