CHAPITRE Y
était maître. L'infanterie, alors même qu'elle n'eût pas été entraînée, ne pouvait rien contre un semblable appareil de forces. lit la ville obéissait. Il est vrai que l'insurrection ainsi conçue n'eût été qu'un soulèvement de soldats. Mais quand on essaie d'un complot militaire, il ne tant pas l'exécuter à demi. Puisqu'on mettait en mouvement des hommes d'épée, l'essentiel était de conquérir le pouvoir. et on eût toujours été à temps de rassurer le peuple sur l'usage qu'on en voulait faire.
In autre axis prévalut, et c'était le pire. Il lut arrêté qu'on irait d'abord au quartier d'Austerlitz, occupé par le 4e d'artillerie, et que. si l'on y était favorablement accueilli, on pousserait droit au i(ie de ligne, c'est-à-dire è la caserne Finkmatt, située à l'extrémité d'une ligne de remparts le long de laquelle se trouvaient l'hôtet-de-ville, la préfecture, la division militaire, la subdivision, postes dont on devait s'emparer chemin taisant. Ainsi, l'on faisait tOUt dépendre d'une démarche hasardée avec des Corée-, insuffisantes auprès d'un régiment dont on n'était pas sûr. et l'on renonçait à ce qu'il y aurait eu de décisif dans l'aspect des mes >e remplissant de cavaliers et des places hérissées de canons !
Mais Louis Bonaparte avait confié son secrel à des citoyens aimes du peuple, il comptait sur leur appui, il aurait voulu donner au mouvement une couleur démocratique, et il lui répugnait de prendre au début même de l'entreprise, une attitude de nature à porter ombrage à la liberté. Inspiration plus honorable que réfléchie! car le mouvement devait commencer de grand malin, à une heure où il n 5 avait pas heu de compter sur l'affluence du peuple et son concours.
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l e i > » r i — * - 1 1 s'étant séparé, la nuit Fui employée à rassembler dans une maison voisine du quartier d'Austerliti le reste des conjurés, a rédiger des proclamations, a régler les détails du plan convenu, à distribuer les rôles.
• ependant, le 30 octobre, a cinq heures du malin, un signal redoutable a retenti. Au quartier d'Austerliti, le colonel Vaudrej rail sonner l'assemblée l e temps esl triste Les toits se couvrent de neige. Réveillés par leéclats de la trompette, les -"Mais >,• lèvent précipitamment, saisissent leurs armes, et, surpris, ils descendent dans la i oui < elle occasion tant cherchée par i ouis li<>na parte, elle est enGn venue, elle le sollicite, le presse. I m. tmii entier alors à >a mère absente, il lui écrit deux lettres, la première de triomphe, la seconde <l adieu éternel il les remet l une et l'autre à son aide-de-camp, d'une main tremblante et l'œil lui m nie: puis, ramenant vers son luit toutes ses pensées, il \a. suivi de ses compagnons, oîi il croil que le destin I appelle
Les soldats du i attendaient, formés sur deux lignes se faisait! race, el les n garda fixés sur le colonel Vaudrej . seul au rentre de la coui roui a coup le prince parait en uniforme d'officiel d'artillerie il s'avance d'un pas rapide vers le colonel, <i celui-ci le présentant aux troupes
Koldats, n'écrie i il, i grande révolution co née
• n ce n ni i e neveu de I l m|*ereuresl devant voua.
H vient -'• mettre à votre lèlc n arrive sur le sol Iran
- poui rendre i la i rani e sa gloire el sa liberté, il
gil de n. i'- "n de m il poui une grande i auae,
la cause du peuple. Soldats du I* régiment d'artillerie, le neveu de I i mpereur peut il compter sui vous \ ces mots un indescriptible transport s'empare de» sol
diits. Vive l'Empereur! crie chacun d'eux; et ils agitent leurs armes, et une clameur immense, prolongée, monte vers le ciel. Profondément ému. Louis Bonaparte fait signe qu'il veut parler : « C'est dans votre régiment que « l'Empereur Napoléon, mon oncle, a l'ait ses premières « armes: avec vous il s'esl illustré au siège de Toulon ; et « c'est votre brave régiment qui, au retour de l'île d'Elbe, a lui ouvrit les portes de Grenoble. Soldats, de nouvelles i' destinées vous sont réservées. » Et, prenant l'aigle que portait un officier : « Voici le symbole de la gloire t'ran- <• çaise, qui doit devenir aussi désormais l'emblème de « la liberté. » Les acclamations redoublèrent, mêlées an liruit des instruments guerriers; cl le régimenl se mit en marche.
Mais une partie de la ville elail encore endormie. \ucun aliment ne s'offrail à l'enthousiasme, dans les rues. toutes remplies de silence et solitaires. Seulenieiil.de> portes s'ouvraient, de loin en loin, montrant sur le seuil des maisons quelques habitants au visage étonné ; et si. parmi les rares passants qu'on rencontrait, il \ en avail qui, enflammés par la vue de l'aigle, se joignaient impetueusemenl au cortège, d'autres le suivaient d'un mouvement machinal, ou s'arrêtaienl interdits, pour le voir passer.
\u quartier-général, le poste présenta les armes en criant Vice l'Empereur, h la colonne s'étanl arrêtée, Louis Bonaparte monta chez le général Voirol. Quelquesuns onl pense (pic le général Voirol tenait au chef des conjurés par des sympathies très-vives quoique secrètes, ei que, s'il ne consenti) pas à s'associer activement au
Complot, il se laissii du moins VOlOnl iers réduire à l'im-
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puissai !>■ le combattre. Hais cette hj pothèse, démentie par i ensemble des la ils. i est aussi par les témoignages i<-* plus dignes de foi. U est sur mn-. sommé par le pi inoe d'entrer <ians le mouvement, !<• général s'j refusa en termes énergiques el qu'il lui retenu prisonnier dans son propre hôtel par des canonniers sous les ordres du commandant Parquin.
Pendant ce temps, tout semblait concourir au succès de I entreprise, ^vec un cri, avec un uoii'. le lieutenant Lait] enlevait !<■ bataillon de pontonniers; les officiers Dupennoel, Gros, Pétri, deSchaller, Couard, Poggi, Lombard, s'étaienl heureusement acquittés des missions iliverses conliées .1 leui audace; le télégraphe appartenait
a 1 insui ne t nui . i tandés par \i de Persignj . des ca-
Donuiers venaient d'arrêter le préfet; les proclamations s'imprimaient rapidement; le 3" d'artillerie montait a « tievaJ . la ville se réveillai! au sein <l une rumeur devenue formidable, h la colonne qui suivait 1 "ius Bonaparte touchait à la caserne Finkmatt, Hais les choses ne tardé uni pas a changer de fai e
la caserne Finkmatt est située entre le faubourg «le Pierre el le rempart, sur une ligne qui leui '--i parallèle 1 iée an faubourg pai une ruelle extrêmement étroite qui aboutit a 1 entrée principale du quartier, elle n cal séparée
• lu rempart que pat une coui allons; pu s'ouvre i l'une
il.- ms extrémités au moyen >i une grille en 1er, Or, h avait été convenu qu'on pi endrail le chemin du rempart, seul itinéraire qui permit un déploiement de forcée Un
poMiil 'i 'i. eau d'ins n. 1.1 nh.iiii- m. us. |..u mu'
h inexplicable, la t*vtu de colonne B'égare, elle pé nélre daiu la ruelle, laissant dans le Faubourg de Pierre