‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 5 sur 220 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

emploi qu'auraient trouvé les facultés de Fiesehidans une société dirigée d'une manière plus intelligente. .Mais . comme il partait de ce point de vue pour reprocher au gouvernement d'avoir réduit Fiescbi au désespoir, un mouvement de désapprobation se manifesta sur les bancs de la pairie. Alors fidèle à son rôle. Fieschi eut l'effronterie de rappeler à l'ordre son propre avocat, ce qui était une flatterie indirecte adressée aux juges et le couronnement de tant de basse- se- !

M* Dupont, avocat de Morey, prit à son tour la parole. Après avoir marqué Fieschi au front comme avec un fei rouge, et l'ait ressortir, à côté de la jactance du délateur, le courage si calme et si vrai de son client, Me Dupont signala des contradictions sans nombre, soit dans les dépositions des témoins à charge, soit dans le* déclaration* du principal accuse''. Il s'étudia ensuite à prouver qui 1 ieschi avail un complice donl il cachait le nom et auquel se rapportaienl les inculpations dirigées contri rey : que celui-ci n'avail été choisi que pour tenir la place- du complice inconnu protégé par Fieschi : que fieschi, en un mot, el "N i tu l assave, s'étaient i ntendus pour perdre Morey. Ce système, développé avec nu admirable talent d'induction, avail produit sur l'auditoire une impression profonde; elle l'ut au comble quand, d'une vois saisissante el avec un geste violent, M* Duponl s'é " Croyez-vous que la tâche de l'avocat soit achevée quand v il a défendu sou client? Oui, si son client esl acquitté: i mais, si on le condamne, il esl pour l'avocal un " devoir à remplir Pour moi, si Morey esl condamné, je c ne passerai |u* un seul jour de ma \ ie sans rechercher « le complice véritable de Fieschi. l.i vous, Messieurs,

iii»iiiiri. in m\ «v

■ s avoir fait tomber la tète de More] . ne craindriezis pas que mes recherches ne fussent suivies de sue- - il qu'un jour je ne vinsse jeter à voire audience

« un nom de coupable quand More) serait

i mort i .1 ^.•ii-.iiiiiii n,' lui pas moindre lorsque, dans sa |>lai-

doir n faveur de Pépin, M* M. nie prononça ces vives

l'.u ■ -i. - Fieschi peul être satisfait de sa gloire. Comment donc! maison l 'admire, mais on lecaresse, mais on vous ;i parlé « li- l'intérêt qu'il a reconquis! Oh, apemment, vous voulez que sa m. min' a réchafaud soit une marche ii iomphale ! J espère, moi, que la morale publique protestera contre cette prétention. Votre

■ crime, vous en subirez la peine; et si votre nom passe • a la postérité, il j passera exécrable!

On entendit encore pour Fieschi, M Parquin et Chais

■ li-i \nu'-. pour Pépin, M" Dupin jeune; pour Boireau, \i Paille) . pour Bes< hei . M' Paul i ahre. Puis, i ieschi se leva et débita une espèce de discours dans lequel il insistait avec emphase sur la grandeur de son crime, sur i im menaité de son repentir, sur la postérité qui l'attendait,

sur l< âge avec lequel on le verrait mourir., Et toute

fois n oubliant pas de qui sa grâce dépendait, m avait soin d'affirmer en terminant qu'il estimait Ixniis Philippe à

|i Napoléon i, lendemain, 15 février 1936), la Cour prononça un

i qui acquittait Bescher, condamnait i ieschi à lape

du parricide, Pépin et M j a la peine de mort, Boireau

,i \ ln|i ' and de détention '

i rr«u «m un iiniM emploi ipModal pool laquai

MM. Philippe Dupin el Marie s'étaient rendus, après l'arrêt, dans la prison de Pépin. Ils le trouvèrent dans sa camisole de force et au milieu de ses gardiens, aussi calme, aussi maître de lui que s'il eût été libre et environné de sa famille. Il les entretint de ses atfaires privées avec une netteté d'esprit et une précision de langage qui les étonna.

More^ avait été tel jusqu'alors, qu'il ne pouvait étonner personne en se montrant incapable d'être ému. On avait imaginé un moyen détourné pour lui faire tenir du poison, il répondit : « J'aime mieux être guillotine: je veux que « mon sang leur coule sur la tète. »

Quant à Fieschi, il conservait toujours l'espoir d'avoir la vie sauve. Et comment n'aurait-il pas espéré? Entouré de soins prévoyants, de complaisances empressées, il pouvait se croire des admirateurs. ( >n lui demandait son porirait. on recueillait précieusement ses facéties, on attendait de lui des mémoires, on s'arrachail ses autographes, devenus pour sa maîtresse l'objet d'un commerce lucratif. El il y en avait, même parmi ses juges, qui brûlaient d'avoir de son écriture, de posséder ses fautes d'orthographe. Il y a plus : recevoir la fille fle sou ancienne

concubine. Laurence Petit, passer avec elle des heures entières, prendre avec elle ses repas, voila ce qu'on lui

permettait !

ajoutons qu'il n'était pas de forme qu'il ne donnât à son repentir; jusque-là qu'il écrivit un j à l'arche-

Bolreau comparaissait ™ ce moment devanl la ('. rirs pairs. Dr surir

qu'on proûtail de la teneur que devait naturellement Inspirer ; jeune

homme le voisinage de l'échafaud pour lui arracher des révélations qui ne concernaient point le 1 1 Ime donl il s'agissait.

HISIOIRK PF |i|\ AVS.

M .il- Noria mu' lettre dans laquelle il sollicitait la jieraaisaèou ii'i'îiii ■iuIi'i' la messe, rappelant que la première messe avait été servie par le larron pénitent.

tassi, quelle ne dut paa être la surprise de Fieschi braque s"n confesseur lui \ int dire : il faut se prépare] àeBourir < est impossible, s'écria-t-il aussitôt, et la suite |irmi\.i combien ce cri était sin< ère i a will<' de l'exécution, il lirait i M* Patorni, son avocat, qu'on devait lui hire une pacotille et renvoyer en Amérique, m* Patornî ■ni de lui prouvei qn il Be berçait d'un taux espoir, il devint soui ieux, et, regardanl Mua i aasave, assit table « i n t"ut cas, Nina ira se jeter aux genoux de

Madame de rrévtse, qui ne rerasera point de parler au

roi ■ il prétendît, du reste, qu'on lui avait fait <lcs. promesses; et, comme son avocat lui avait prêté quelques livrée i le vais écrire, ihi il, ce qu'on m'a promis, et,

vi |e meurs, vous trouverei l'écril caché dans un de m>> • livres, quand on voua les rendra • Les livres titrent rendus, mais i écril ne - > trouvait point.

Cependant, l'heure dernière approche, I échafaud a été

• • pendant la nuit aui i> place de la barrière Saint M tout est prêt, les condan - -< >ni attendus,

i n-» lu prit ■ trel de remettre un cigare à M n

comme gage de réconciliation M j refuse le ci

pépin l ai i eple i ., pièce destinée aux préparatifs mortuaires s'ouvrit el i ■■ -■ lu était agité dana i .1 More) indiffèrent el auatère Pendant

• i m édail .1 la loili Ue funéraire 1 ieschi n'avait 1 essé

wn la porte dcî regarda inquiets; il n'écria \i M est 1 e que m i avo< .11 n< t leaf

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