CHAPITRE V
l'incapacité de ses ennemis le sauva de celte humiliation: Us décidèrent que leur prisonnier serait immédiatement transporté en Amérique sur un bâtiment de l'État.
Louis Bonaparte, en effet, ne passa que deux heures à Paris. 11 y fut reeu avec les égards convenables par M. <.atn ici Kelesserl, préfet de police : il y entendit des paroles qui adoucirent un peu l'amertume de son cœur; et, dans sa loyauté trop confiante, il écrivit au roi une lettre où il intercédait pour ses amis captifs, ajoutant, pour ce qui le concernait lui-même, quelques impressions de gratitude; il n'avait pas prévu que, familiarises avec le mensonge, les courtisans dénatureraienf celte démarche d'une manière odieuse et la transformeraient en une solennelle promesse faite par lui de rester en Amérique pendant dix ans !
Celui le 21 novembre (1836) que le neveu de Napo-
li s'éloigna decette terre sacrée de France où l'avait
poussé toul ce qui peut éveiller les puissances de lame: orgueil du nom. pensées de gloire, ressentiment légitime, amour de la patrie mêlé à l'ardeur des désirs ambitieux. Vaincu, il laissait derrière lui le dénigrement et [le sarcasme. Mais le> républicains, qui l'auraient poursuivi et abattu peut-être au sein de sa victoire, protégèrent noblement sa défaite ei demandèrent respect pour son malheur. Or, pendant qu'une dynastie née des révolutions et des combats tombai! ainsi frappée dans la personne de son plus jeune représentant, le vieux Charles \ touchait au tombeau et allait emporter avec lui les débris de cette monarchie capél ienne vainement consacrée par la su< cession des âges.
accueilli dans le château de Prague, après un séjour
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douloureux sui le boI anglais, « harles \ s'était décidé. vers ht lin. a quitter la Bohême. Goritz l'attirail par la si lubrité de ses eaux, la douceur de son climat, el aussi par le voisinage >ln chaud soleil de l'Italie : la famille si- mil en roule, v travers !>•* vicissitudes il«' l'exil, atteindraiton le luit désiré? On raconte qu'en jetant un regard d'adieu sur la Moldau, sur le pont qui la traverse, sur Prague hiques. le roi rugitil fui i>ri> de mélancolie et dit: ■ Nous quittons ce château sans bien savoir
où - allons a peu près comme les patriarches, qui
• ignoraient où ils planteraient leurs tintes * n gagna h. l'iit/. el il commença il a j goûter quelque repos, li^qu il apprit que, dans la maison qu'il occupait, le roi de Prusse était attendu. Il fallut pousser plus loin, et, comme le choléra s'avançait, on dul s'arrêtei àBudweiss, dans une petite el misérable auberge i <• <lu< ilr Bordeaux j tomba malade, el de ses souffrances, qui furent cruelles, il lui resta long temps une grande pâleur car celui qui naquit dans le palais ili - rois de l rance avait failli mooi ir au fond d'une obscure hôtellerie de Bohême . dans le . .-t l abandon Du château de Kirchberg. où il avait . lu ii hé refuge en quittant Budweiss. ( harles \ fut ■ hassé par la i igueur du i limât, que rendaient plus sensibles les approt hesde i hiver; et, dans les derniers (ours du mois d'octobre I83B, tous les membres delà famille m trou vaient réunis ■« Coritx, en Rtyi ie
H-. \ étaient .1 peine, que la température se glaça tout r. un vent il une violence extrême, le Bore, l'était levé ' tendit sur toutes les montagnes environ
m. mti- le vieux roi n'eut bientôt autoui de lui que les plus sinistres images tle la désolation et de la douleui Sa
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santé, pourtant, n'avaitjainais paru meilleure, et il faisait à pieds de longues promenades. Mais ce qui était atteint chez lui. c'était le cœur. L'idée de la mortrevenait souvent.dans ses entretiens. « 11 ne s'écoulera pas long-temps, disait-il. » d'ici au jour où l'on fera les funérailles du pauvre vieille lard. » Et l'on remarqua qu'il s'abandonnait chaque jour davantage au regret de la patrie perdue.
Dans la matinée du A novembre (l836),jourde la Saint- Charles, il avail ('prouve durant la messe un saisissement de froid : il ne put assister au diner, suivant ce qu'a raconté un des compagnons de son exil, M. de Montbel : et lorsque, le soir, il entra dans le salon, où se trouvaient, avec quelques courtisans de leur infortune, les membres de sa famille, son aspect leur lui un sujet d'épouvante, ses traits étaient contractés d'une manière étrange, sa voix avait une lugubre sonorité : en quelques heures il avait vieilli de plusieurs années, et l'on ne pouvait déjà plus douter que la mort ne fût avec lui. ha us la nu il. la crise se déclara. Les docteurs Bougon el Marcolini furenl appelés,
cl le cardinal de l.alil vinl d ht l'extrème-onction au
roi mourant. I.a messe lui ensuite célébrée près de son lit. \ceahle par le choiera. Charles \ priait encore. I.'evèque
d'Hermopolis étanl venu le consoler el l'encourager dans ees heures il angoisse, il se montra calme, résigné au départ, el s'entretint -ans trouble des choses de l'éternité. Quelques instants après, on lui amena, pour qu'il les bénit, le duc de Bordeaux et sa sœur. Alors, étendant sur leurs têtes ses mains tremblantes : « que Dieu vous protège, mes enfants, dit-il ! marchez dans 1rs voies de la
" justice Ne m'oubliez pas.... Priez quelquefois pour
moi i Dans la nuit du .'> novembre, il tomba dans un
1)4 IIISTOIFIF PF M\ (\-
anéantissement profond, il n'appartenait plus an monde extérieur que parmi léger mouvement des lèvres. On eommença de réciter autour de lui les prières des agonisants. Enfin, le 6 novembre 1836 .à une heure et quart ■lu malin, sur un si::!u'.lii docteur Bougon, chacun se mil ix ,* des gémissements étouffés se tirent entendre, et le Dauphin s'avança pour Fermer les yeux de «mi père. Le il. les portes du Graflenberg s'ouvraient pour les funérailles, l <• char, entouré de serviteurs tenant des torchée, «tut précédé par le prince-archevêque de Gorita i «•< ducs M tngoulême et de Bordeaux suivaient, vêtus de manteaux noirs, l'un sous l<- litre de comtede Marnes, l'autre vnb celai «le comte de Chambord; et, parmi beaucoup d'étrangers, quelques Français. Des pauvres m. h. baient en avant aveedea flambeaux l ecorps lut poi té ivent des i ranciscains, situé sur une hauteur à pou de distance de la ville Ce fui le, dans un sépulcre vul( i i.i lueur d'une lampe près de - éteindre, que les Bmisdu monarque déchu furenl admis a contempler pour la dernière i"is -a figure, blanche el grave sous le suaire i a corps avait été d'abord déposé dans une bière provfa il en fui retiré pour être couché dans un cercueil de plomb. qui recul I inscription suivante
nu 1 . miS-PUISSANI i i na - i \, i i i i m l'iiiN i , nua i ■> \ ni \ m i mi i \ i.i.ii i Dl DU i 101 m i i. \ n. i 11 ii su UUU
nom \ ..mi. h/ 1 1 t. \,.\ i ai ii i s:1,i. un ci I s i tea les maisons régnantes de l'Europe prirent le