CHAPITRE V
vicaire ici- bas. le sultan, et elle est à qui la féconde. Ainsi, pour l'Arabe du Tell, pas d'habitation stable ; mais des tentes qui protégeaient la moisson et des silos où allaient s'enfouir les grains.
Autre était l'existence des tribus répandues au sud des dernières chaînes de montagnes, dans le pays des Palmes, limité par le désert. Composées de pasteurs, ces tribus obéissaient à un régime de pérégrination annuel, régulier. prescrit par le climat et la nature des productions. Après avoir passé dans leurs landes l'hiver et le printemps, époques favorables aux pâturages, les ambulantes cités du Sahara s'avançaient vers le nord, à la (indu printemps, suivies de chameaux chargés d'étoffes de laine et de dat tes. et elles allaient échanger ces produits de l'Algérie du sud contre les céréales des cultivateurs du Tell.
De là. pour les Français, conquérants du littoral, une indication de la plus haute importance. Puisque, chaque année, un mouvement nécessaire et pacifique entraînait vers le nord l'Algérie méridionale, l'attirer et l'attendre valait mieux que l'aller chercher en la menaçant. Comment, d'ailleurs, pénétrer par les armes dans l'intérieur? Comment franchir, sans les inonder de sang, les montagnes, remparts naturels et redoutables, défendus par
des Kabyles en qui revivaient l'audace et l'agilité des anciens Numides?
Les Turcs, cependant, avaient pu étendre jusque sur les tribus du Sahara lejoug de leur aristocratie militaire : ils s étaient parvenus par une Bavante combinaison de la violence et de la ruse. Habiles à profiter de l ascendant que leur donnait sur une population musulmane le titre de cher suprême des croyants accordé à l'emperenr de
unoiu M DU uts.
i ooslaul pie, il- avaient su obtenir <liis indigènes une
obéissance fondée sur l'opinion, et telle qm' le latalisme la . omporte. D'un autre côté, trouvant <!<■* tiilms profondé- 111 Mit divisées entre elles, ils s'étaient imposés par le
! es I une sorte d'unité protectrice, avaient enflammé
lei haines i"> aies au li«'n de les éteindre, et s'étaient rendus de la sorte aussi nécessaires qu'odieux.
Hais des moyens de ce genre ne convenaient pas aux Français représentants <!<• L'idée chrétienne Le succès, poui <mi\. était au prix de la justice, et, grà( e au ciel, il* ne pouvaient déshonorer leur conquête sans i isquer de la perdre Les rurcs avaient divisé le* Irabes pour les op primei . la France se devait de les gouverner en les rappro iiiui mission noble, et d'autant plu* facile que le premiei besoin des Vrabes était celui d'un gouvernement luléUire, vigoureux et juste! il était donc permis d'espérer c|u .m lieu d'entreprendre contre le* indigènes une guerre d'extermination, la France essaierai! de les sou mettre .1 l empire moral de son génie; <|n elle songerait Dniseï 1 Afrique ^nh toutefois négligei les moyens de l'occu| litairement, et, qu'à la suite de ses soldats, après uue démonstration puissante et dé< isive, elle enverrait dans I Vlgcrie des associations de cultivateurs formées pai l 1 lai, dirigées pai lui, cl destinées .1 agran dir, pas la domination Française, mais la partie Iran