‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 57 sur 220 · I .MM · texte numérisé non relu

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1 c nord de 1 Vfrique une fois gagné, le midi venait de lui-même ■' nous grâce au mouvement d'échange qui

appelait, chaque ani dans la Bone des terres de laboui

les pasteurs des landes du Sahara

\iuni, la Hcdilcrraneu .1 rendre Crani aise mi wil l ■ -i 1 1 1< ■

à exploiter, les relations commerciales de l'Algériedu sud avec Maroc, avec Tunis, à féconder et à étendre, une issue à fournir au débordement de cette marée de pauvres qui menace d'une prochaine et mortelle inondation nos sociétés d'Europe, voilà ce qu'en 1S30 la fortune était \enue nous offrir. Il ne nous restait plus qu'à savoir tirer parti de notre force et à justifier l'investiture que nous tenions de la victoire.

Or, si nous apportions aux Vrabês, en même temps que le pouvoir et l'unité, nos lumières, nos arts, une notion plus liante de l'humanité, des mœurs plus douces, un sentiment délicat des choses, peut-être à leur tour nous pouvaient-ils induire a modifier quelques-unes de nos idées, surtout celles qui se rapportent à cet individualisme ombrageux d'où nall dans nos \illes et nos villages, une guerre sourde, mais implacable et permanente.

Toujours est-il que c'était trop peu d'avoir étouffé, dans llger conquis, un foyer de piraterie, et de camper sur la côte africaine, pour assurer le parcours de la Méditerranée: il était digne de la France de vouloir et d'oseï davantage. Elle avait a découvrir le lien qui doit unir la civilisation de l'Orient a celle de l'Occident.

Et envisagée sous cet aspect, quelles magnifiques proportions ne prenait pas notre conquête ! quelle perspec tive n'ouvrait-elle pas devant nous' Les idées qui germent depuis le commencement du siècle dans l'esprit des penseurs généreux et que salue de loin l'instinct du peuple, allaient trouver un vaste champ d'application ; l'Afrique devenait le terrain précieux ou pouvaient être -ans danger misa l'épreuve ces essais de rénovation sociale que font paraître si menaçants les habitudes, les préjugés, les

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complications politiques et industrielles >lc notre vieille Europe; la France armée prenait l'initiative de la paix future qu'établira on jour entre les nommes le dogme de la fraternité : et nos conquêtes, même guerrières, n étaient plu* que celles de l'esprit bumain,

Malheureusement, la révolution de juillet avait porté .ih\ affaires tir- nommes sans génie. L'Afrique ne leur apparaissant que comme un champ de bataille a parcourir, ii> ne se préoccupèrent que du soin d'en borner l'étendue avec une prudence avare i ■ première faute du Dément français fut dans l'insuffisance des reaaoarcesdi ptoyées pour l'occupation, alors qu'il fallait frapper par un imposant apparoil l'imagination d'un peuple qui ne respecte que la for» e

H est vrai que ce Fui au maréchal Clause] qu'il confia, dès le principe, le gouvernement de I Afrique ; et . bous le rapport militaire, on ne pouvait mieux choisir Le mare chai < lauzel avait reçu cette forte éducation que l'Empire donnait au soldat. Il avait la conception hardie, le cou] (l en! prompt ; rien de médiocre ne lui plaisait >• était un homme de grandes guerres

routefois, il ne devait pas entièrement compter, poui vaincre en Afrique, sur lea combinaisons de la tactique européenne . cai les trabes >>ni une manière de combattre qui leur est propre. Hontes sur des i bevaux agiles, pleins

de feu, il» lea mi ni avec une dextérité merveilleuse

iu \ ^inii encadrés sur des selles i pommeau et i palette

in-s élevés . et, grâce a la largeur, an rapprochement

de* élriers aui lesquels ils l'appuient et l'affermiaaenl an

lulevaal, il* peuvent, a cheval, faire un aussi libre

le leurs fusils que ■ >i» étaient 1 pied i eura armée

■:hapitke vi.

consistent dans des fusils beaucoup plus longs que les nôtres, des pistolets, et une espèce de coutelas, nommé yatagan. A en juger par les apparences, rien de plus incommode que leur costume, composé d'un burnous et, sous le burnous, d'un vêtement qui, serre au corps par une ceinture, se continue de manière à envelopper la télé. où il est maintenu par plusieurs tours de corde en poil de chameau formant turban. l'A néanmoins, les Arabes portent ce costume avec beaucoup d'aisance. Intrépides à l'attaque, prompts a la retraite . ils sont dune bravoure impétueuse, mais n'attachent à la fuite aucune idée de déshonneur, assez semblables en cela aux anciens Parthes. On les voit charger confusément, se disperser, disparaître. revenir tout-à-coup pour disparaître encore, harceler les colonnes en mâche, couper la tête aux blessés gisant sur le ch< min : ce sont leurs batailles et leurs triomphes.

Le maréi lui Clauzel n'eut pas plutôt mis le pied sur la terre d'Afrique, qu'il déclara la France héritière légitime du de} dont elle avait su châtier l'insolence. Puis, il conçutle projet de poi ter le drapeau français jusqu'auxlimites atteintes par les Turcs. Son système étail de jeter garni- Bon dans certaines \ i l Us importantes, de les lier l'une à l'autre par des camps retranchés, et d'opposer aux beys e 'mis qu'il nous sérail impossible de supplanter directement, des beys indigènes relevant de nous.

I. a dernière partie île ce système était, on le voit, em pruntée aux Turcs, el elle présentai! des inconvénients graves. La gloire étail petite, en effet, qui consistai! à chercher dans la propagation du trouble et île l'anarchie des yens de gouvernement, l.t De devait on pas prévoir qu'aux yeux des Irabes, toute investiture par des

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chrétiens, c'est-à-dire par des infidèles , sciait un objet d'horreur ou de mépris: <\w les lir\< de création française passeraient pour des traîtres, pour des a| ostats •. que la nécessité de les soutenir nous entraînerai! à des i ditions fatales, el qu'obligés, à leur tour, de s'imposer violemment, ils engageraient peut-être l'honneur de la i rance dans la responsabilité des actes les plus iniques et les plus honteux Mais quel parti prendre? Renoncera faire sentir la main de la France mu chaque point du territoire, c'était compromettre la conquête, Se montrer partout a la fois... . il aurait fallu pour cela un déploiement de troupes considérable ; et l'effectil était loin-aV* répondre aux idées du gouverneur Vaste plan, raible

arn là lui le mal l i les événements ne le prouvèrent

que trop,

i e passage du maréchal < lauxel en Afrique, depuis le mois de septembre 1830 jusqu'au mois de février 1831. avait été signalé par deux raits <|ui caractérisaient parfaitement son système Rou-Mezrag, l"'\ de la provincede ri 1er y, ayant prêché contre les chrétiens tainle.

le gouverneur avait pris i là Médeahel remplacé Rou

\i./i.i. | ii un Maure algérien nommé Mustapha Ben Omar Peu de temps après, appelé par Hassan, be) ■! Oran

que menaçait une an maroca il avait occupé In

ville d'Oran et livré le heylirk à Khalr-Eddin, prince de luiu- Oi d'une part, Mustapha Ben Omar ne tarda pan à voii se formel autour de lui une ligue formidable si de l'autre, les runisiena se créèrent d'implacables enne

mis pai leui 'i nation aussi avide que >lle si bien

|ue lorsqu'au commencement de 1831, le général Bw ■ . lui donné pour sut censeur au maré< hal < lauxel

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