‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 61 sur 220 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

territoires n'y étaient pas même pressenties : Abd-el-kader tira parti de tout cela en homme supérieur. En traitant avec lui. les Français avaient paru le meltre à leur niveau : il s'en prévalut auprès des siens, et prolita de la paix pour se procurer des armes, pour raffermir son influence, pour abattre ses rivaux et, entre autres, Mustapha Ben Ismael. pour jeter enfin dans la province d'Oran des bases sur lesquelles pût revivre et se constituer la nationalité arabe.

Or, l'autorité supérieure flottait à Alger entre un général en chef provisoire ei un intendant civil : celui-ci li t de ses connaissances administratives dont il taisait adroitement prévaloir l'empire; celui-là se déliant trop de ses lumières et n'usant qu'avec réserve d'un pouvoir qu'il savait intérimaire. M. Genti de Bussj et.iil un homme capable; il avait une intelligence vive cl le goùl de la domination : il s'imposa pendanl quelque temps au général Voirol, SOIl supérieur. Mais il linil par perdre son inlluenee. Imite de l'avoir suffisamment ménagée, irrita des susceptibilités légitimes, et fui rappelé. Le général Voirol ne larda pas lui-même à quitter l'Afrique, où il laissait de belles routes ouvertes par lui dans le massif d'Alger, el un nom cher aux habitants.

Le gouvernement avait-il résolu l'abandon d'Alger? Déjà ce doute germait dans beauconp d'esprits; on allait jusqu'à prétendre que c'était là un sacrifice secrètement exigé par les anglais : une commission envoyée en Afrique dans les premiers jouis de septembre 1 833, el qui se composait de MM. le lieutenant -général Bonnet, d'Haubersaêrt. De la Pinsonnière. Piscatory, Reynard el Laurence, vint donner aux appréhensions publiques un con-

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solanl démenti, «-n décidant, après examen fait sur les lieux, * 1 1 1 1- riimiiifiir et l'intérêt de lu France lui eomman-

- vi/r lu côte septentrionale de V ifrique. Parut l'ordonnance du JJ juillet 1834 elle confiait le commandement générale! l'administration i un gouverneur-général relevant de la direction du ministre de la guerre; elle subordonnait le vommandemenl des troupes a l'autorité du gouverneur-général \ elle don unit des chefs spéciaux aux divers services; elle appelait 1 1 i< gence d \l'- /' te» dans le nord <//•

l'Afrique on crut qu'une ère nouvelle allait rommencer pour la colonie. Mais la nomination «lu comte Drouel d'I r l 1 11111111' gouverneur-général ne répondit pas entièrement à l'attente publique : M. Drouel d'Erlon avait soixante-dix ans. et >>ii pouvait craindre que, pour tenir l< vernail, -a main ne lût plus assez fqrle.

De Fait . son passage en Afrique lui marqué par i os

cillalion de vues spécialement fâcheuse dans un pays qui demandait, |»our être soumis, une politique décidée i «•

• te d i rlon ayant commencé pai se déclarer opposé ■<

l.i politique du général Desmichels, ce dernier fut amené h résignei le commandement de la province d'Oran, et il eut pour successeur le général rrézel. le même qui, en septembre t K.13, s était rendu maître de Bougie après une ireuse attaque

i i conséquences du traité passe avec \i"l el Kadei se développaient avec rapidité, quand le général fréiel pm

poaaess lu commandement i nhardi pai le système de

pacification Irop confiant «lu général Desmii hels, \i"i el Kadei en était venu « s'énivrei de ses succès il parut sui le» I Isdu • hélif, fleuve qui coule entre la pi d'O

■ :hapitrk \i.

mu et celle d'Alger. Déjà le général Voirol lui avait détendu île passer outre, la défense fut renouvelée par le comte d'Erlon : l'émir s'arrêta. Mais bientôt appelé par les habitants de Médéah, cpii. à défaut de notre protection, invoquaient la sienne, il prend son parti, traverse résolument le fleuve, reçoit en passant la soumission de Miliana. met en fuite un chef de tribu qui s'était porté à sa reni outre, entre dans Médéah en triomphateur, et, après avoir pourvu au gouvernement de la ville, regagne sa résidence, applaudi, admiré par les populations musulmanes qu'ont éblouies les victoires de son audace.

On ne pouvait nous braver plus omerteincnl . et pour tant le comte d'Erlon s'abstint de toute démarche violente, retenu qu'il était par les instructions du ministre, et aussi par l'influence qu'avait su prendre sur son esprit un Juif, espèce de chargé d'affaires de l'émir. .\bd-el-Kader alors ne garda plus de mesure. H osa menacer, il essaya de déplacer îles tribus qui n'étaient coupables que de fidélité envers la France. C'en était trop, invoqué par les Douairs et les Smélas, le général Trézel engagea sa responsabilité généreusement et s'avança pour les couvrir. Nous touchions, non pas a une défaite, mais ;'i un malheur.

Le 26 juin 1835, le général Trézel était arrivé à une dizaine de lieues d'Oran, lorsque soudain apparut, avantageusement postée, l'armée de l'émir, six fois plus nombreuse que l'armée française. Quelque gai que lut le

combat, le général français n'hésita point Les Vrabes lurent attaques avec fougue: mais bientôt la division, as saillie de tous côtés, se trouve dans nu de ces moments de crise où une action d'éclat devient nécessaire pour le salut de tous En avant ' s'écrie le colonel Oudinol son

Itl-K'inr. DE Bl\ AN*

énergie et son exemple électrisenl le petit nombre de cavaliers dont il est entouré, il charge a leur tète plus de douze cents fantassins embusqués, les met en déroute 5 mais il reçoit la mort, el l'imagination do soldai est d'autant plus frappée de celte mort, que les balles arabes ne nous avaient encore enlevé aucun chef. <>n s'était ouvert un passage : fallait-il continuer ce sanglant itinérant'

A nue lieu <le la. prel a i eenmmeneer la lutte. \.l>d-el-

Kader était allé asseoit son camp; la victoire venait de coûter cbei aux Français, le colonel Oudinol avail été

tué; la Foule armée a iruesous le drapeau de l'émir

sait d'heure en heure la retraite lui résolue. Durant cette marche sinistre, que troublai) incessamment l'apparition d'une multitude de cavaliers farouches, tourhillonnanl autour de nous et a\ ides de nos dépouilles, la contenance des troupes françaises lut ad mua die de sang froid 1 1 d intrépidité Malheureusement, il fallut s'enga

ger dan- unr \ étroite qui s'allongeail entre les marais

qui bordent la Hacla et .les collines boisées. Or, c'était la . 1 < 1 \|..i el-Kadci attendait la colonne française a peine entrée dans ce 1 issage runeste, elle eut a supporter le

■ 1 le plusieurs milliers d trabes qui, d.- toutes les hau

leurs rirronvoisines. fondaient sut elleavei rage La ré sialance ne fut pas moins furieuse que l'atlaque hlnfln, les \id.s s'étanl élancés en mass,- vers le point ou ta Irnuvuient bagages et blessés, la lignées! rompue, la con rusion s'introduit dans les i.iu^s. quelques uns ,1.

suidais m jettent dans loa sis, d autres dans les uni

lis. ii. disperse*, ils lombenl sem* 1. yatagan Pendant ce

temps ramenée en 1 re par I intrépide général 1 1 • toi

1 avant . arde n*|ioii*»e l .-nue 1 dégage le 1 onvoi 1 1

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